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Par Coalition Solidaire - Publié le 2 mars 2021 - 08:59 - Mise à jour le 2 mars 2021 - 08:59
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Coalition Solidaire le podcast : retour à l’emploi et engagement

La crise du COVID-19 entraîne une prise de conscience collective et individuelle sur le sens et l’utilité de son activité professionnelle. Cette quête d’engagement peut-elle conduire vers une reconversion ?

Crédit photo : DR.
Crédit photo : DR.

 

 

  • Comment définir la notion d’engagement ? 

François Bouchon Chez France Bénévolat, nous parlons d’engagement bénévole associatif pour celui qui donne du temps librement à autrui, de façon désintéressée. Mais la notion d’engagement va au-delà du bénévolat. L’engagement peut être militant, politique, religieux. 

Fania Anoir À Unis-Cité, nous faisons le lien entre engagement et utilité sociale. S’engager, c’est avoir un impact positif autour de soi et sur la société. « Être utile aux autres, autant qu’à soi » est d’ailleurs le slogan d’Unis-Cité. 

Radoine Mebarki Depuis 2016, “Tous Repreneurs” œuvre sur le terrain pour permettre à chacun de relancer sa vie professionnelle sous de multiples formes et de façon durable. À notre façon, nous nous engageons pour aider des personnes à trouver l’emploi qui a du sens pour eux. Nous nous rendons compte que nous avons le pouvoir de créer des chaînes de solidarité, en incitant chaque personne que nous accompagnons à aider à son tour une autre personne. Nous pouvons ainsi créer une nouvelle génération d’engagés. 

 

  • Existe-t-il des freins à l’engagement, au bénévolat lorsque l’on est actif ? Autrement dit, le travail est-il un frein à l’engagement ? 

François Bouchon Non. En France, on recense 14 millions de bénévoles associatifs. Parmi eux, seuls 4 millions ont plus de 65 ans. Les autres sont des actifs, des jeunes. Le taux de participation des jeunes dans les associations augmente, contrairement à celui des seniors. Pour quelles raisons ? Une partie d’entre eux s’occupent de leurs enfants et de leurs parents dépendants, ils ont aussi envie de profiter de leur vie, des loisirs. Le monde associatif doit aussi se renouveler, être plus attractif. 

 

« Trop de personnes ont le sentiment que leur travail ne sert à rien. Ils veulent donc donner du sens à leur travail quotidien, s’épanouir. C’est un changement fondamental. »

 

  • Cette culture de l’engagement chez les jeunes se répercute-t-elle dans les choix professionnels ?

Fania Anoir Les jeunes qui s’inscrivent au service civique — qui n’est pas un dispositif d’insertion, mais d’engagement — ont davantage de facilités à rebondir, à trouver la formation ou l’emploi qui leur convient, à identifier ce qu’ils souhaitent faire comme études ou dans la vie. 

Radoine Mebarki  Le service civique est un terreau formidable pour que la jeune génération adopte un nouveau paradigme : ne pas hésiter à changer de métier quand on ne vibre plus dans son travail, se poser la question de ce qu’on veut faire dans la vie. 

Les actifs de 50 ans qui veulent se reconvertir rencontrent davantage de difficultés pour identifier ce qu’ils ont vraiment envie de faire, quel sens ils veulent donner à leur vie professionnelle. Je lance l’idée de créer un service civique pour les séniors !

 

  • Comment mieux valoriser l’engagement et le bénévolat dans le parcours professionnel ? 

François Bouchon Chez France Bénévolat, nous avons créé en 2007 le Passeport Bénévole® un livret personnel de reconnaissance de l’expérience bénévole et de valorisation des compétences acquises. Il est reconnu par de grands organismes publics : Pôle emploi, le ministère de l’Éducation nationale et l’AFPA. 

Cet engagement bénévole peut tout à fait être intégré au curriculum vitae ou à un parcours de valorisation des acquis de l’expérience. Les compétences liées à l’engagement bénévole sont transposables au sein de l’entreprise. Dans une démarche de retour à l’emploi, ces compétences peuvent également être valorisées.

 

  • Comment la question de l’engagement est-elle prise en compte au sein des entreprises ?

Radoine Mebarki Pour beaucoup de personnes qui veulent créer une entreprise ou changer de travail, la question du sens est centrale. Trop de personnes ont le sentiment que leur travail ne sert à rien. Ils veulent donc donner du sens à leur travail quotidien, s’épanouir. C’est un changement fondamental. 

Mais force est de constater qu’il y a tout un monde à construire dans les entreprises. Des gestes simples suffisent pourtant lorsqu’on se réclame d’une entreprise inclusive. Par exemple prendre en stage des personnes qui veulent découvrir un autre métier, se tester dans un autre domaine qui les attire, mais qui n’ont pas l’expérience ou les diplômes requis. 

Fania Anoir La question de l’engagement dans l’entreprise est centrale pour la suite. Quand un jeune a passé une année à s’engager avec le service civique, par exemple, il veut continuer à s’engager dans son emploi. 

 

Les intervenants

 

 Fania Anoir porte-parole d’Unis-Cité, service civique

Radoine Mebarki président fondateur de Tous repreneurs 

François Bouchon administrateur national de France Bénévolat

 

Interview réalisée par Patrick Lonchampt, journaliste.

 

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