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Par DJABA CONSEIL - Publié le 24 février 2026 - 11:53 - Mise à jour le 24 février 2026 - 12:23
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Quand le logement tient encore, mais plus pour longtemps

Certaines situations restent longtemps en dehors des radars, malgré des fragilités bien présentes. C’est le cas, par exemple, de personnes âgées vivant seules, pour lesquelles les demandes d’aide demeurent ponctuelles ou partielles, alors que la situation de vulnérabilité est plus étendue. À partir de situations rencontrées sur le terrain, cet article propose d’explorer des trajectoires où la précarité s’installe dans le temps, sans relever pour autant d’une urgence immédiate.

Djaba Conseil, améliorer les conditions de vie et prévenir les situations de rupture.
Djaba Conseil, améliorer les conditions de vie et prévenir les situations de rupture.

 

Les situations qui appellent une réponse immédiate s’inscrivent bien souvent dans des parcours construits sur la durée, marqués par des fragilités parfois peu visibles.

Tout commence  par un appel en fin de journée…Un locataire qui « tient encore », mais dont la situation ne tient plus vraiment. L’hébergement temporaire est évoqué, sans certitude. Les solutions se déplacent, se raccourcissent et se fragilisent. Ce type de situation revient régulièrement en période hivernale : ni urgence visible, ni stabilité réelle. Juste une accumulation de difficultés qui, mises bout à bout, conduisent à la rupture.

 

Ces observations sont le fruit d’interventions menées tout au long de l’année auprès de ménages dont les situations se fragilisent, et où s’installent des mécanismes de rupture que l’hiver vient souvent rendre plus visibles. Dans ces trajectoires, la bascule est rarement brutale. Elle se construit par glissements successifs : des difficultés financières qui s’installent, une dette locative qui apparaît, un surendettement qui fragilise l’équilibre du ménage, et renforce l’instabilité. À cela s’ajoutent souvent d’autres ruptures : perte d’emploi, isolement progressif, tensions familiales ou situations de violence qui, mises bout à bout, accentuent la fragilisation des parcours.

 

Cela souligne l’importance de l’intervention sociale, qui permet de prendre en compte des situations souvent peu perceptibles avant qu’elles ne s’expriment clairement. Dans celles observées, ces difficultés prennent notamment la forme de problèmes de santé laissés de côté, d’un isolement qui s’accentue après le passage à la retraite, de démarches devenues complexes à gérer, jusqu’à un décrochage dans la gestion du quotidien, matérialisé par des courriers non ouverts, laissés en accumulation sur une table basse, ou encore par un logement devenu inadapté aux ressources et à l’état de santé.Ces situations rappellent combien les demandes formulées ne traduisent pas toujours l’ensemble des besoins en jeu.

Lors des premières rencontres, ce qui est formulé reste souvent centré sur un logement, une dette, une échéance. Mais d’autres dimensions demeurent en retrait : la honte, la peur d’être jugé, la crainte de perdre ce qui tient encore. Dans ce contexte, l’écoute joue un rôle déterminant. Une écoute attentive, parfois flottante, permet de laisser émerger ce qui ne se dit pas immédiatement. Une approche qui prend en compte l’ensemble du système dans lequel évoluent les publics : logement, ressources, liens sociaux, trajectoires migratoires, histoire familiale sans se limiter à la problématique initialement apparente.

Deux leviers apparaissent alors centraux : d’une part, la remise en mouvement du locataire ; d’autre part, la mobilisation de ressources déjà présentes mais jusqu’alors peu activées, avant que la situation ne se dégrade davantage.

 

Djaba Conseil : comprendre les causes structurelles et les manifestations visibles pour mieux agir 

 

L’intervention en amont permet de créer les conditions pour qu’un travail en profondeur puisse s’engager dans la durée. Henda Kanté, fondatrice de Djaba Conseil, l'exprime ainsi : « Traiter le problème à la racine prend tout son sens tout au long de ce trajet. » 

C’est souvent lorsque le lien de confiance s’installe que certaines personnes parviennent à mettre des mots sur ce qui, jusque-là, restait enfoui ou dissimulé. Ces éléments deviennent alors des leviers pour éviter les ruptures et soutenir les parcours dans la durée.

L’accompagnement se construit progressivement avec la personne. La demande initiale constitue une porte d’entrée, sans pour autant refléter l’ensemble de la situation.

Elle peut par exemple s’exprimer sur une difficulté financière liée à l’apparition d’impayés locatifs importants. Nos actions ont des visages, comme en témoigne la situation d’une personne âgée que nous avons rencontrée lors de notre intervention, illustrant concrètement les enjeux du maintien à domicile et la sécurisation du parcours. Derrière cette sollicitation ciblée, identifiée dans le cadre de dispositifs territoriaux de prévention et de suivi des parcours résidentiels, se dessinait un changement de statut professionnel brutal, survenu sans préparation, qui a profondément déstabilisé les repères construits jusque-là.

Cette trajectoire s’inscrit dans un phénomène plus large de non-recours aux droits. La méconnaissance des dispositifs, mais aussi la crainte du regard porté sur la situation ou le refus d’être identifié comme dépendant de l’aide sociale, peuvent retarder la sollicitation d’un accompagnement, même lorsque les difficultés s’installent.

Dans les mois qui ont suivi, ce basculement a pris la forme d’un isolement croissant, de ruptures familiales et d’un repli sur le logement, renforcé par un sentiment de honte. Ce n’est qu’au fil des rencontres, au rythme de la personne, que ces éléments ont pu être mis en discussion, faisant apparaître un éloignement vis-à-vis des institutions, des renoncements successifs aux démarches ordinaires, un rapport fragilisé au logement et une difficulté à se projeter dans des solutions adaptées. 

 

Le tri et la remise en ordre des documents accumulés ont constitué un premier point d’appui. Ce geste simple a permis d’ouvrir un espace de parole autour d'échanges. Malgré la situation difficile et de moins en moins tenable, le logement restait pour le locataire un point de repère central, chargé d’années de souvenirs et d’ancrages, rendant toute perspective de changement particulièrement sensible.

L’intervention a alors permis d’ouvrir des possibles plus ajustés, en travaillant sur un projet de vie co-construit avec l’habitant, incluant notamment des démarches auprès de la Banque de France et une réflexion autour de différentes options résidentielles, comme une orientation vers une résidence seniors, en alternative à une entrée en EHPAD initialement envisagée.

Parallèlement, une reprise des soins a été engagée afin de répondre à une santé fortement dégradée. La coordination avec les services du CCAS a également permis de mobiliser le dispositif CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique), afin de mettre en place une aide à domicile et un portage de repas, garantissant une réponse articulée aux besoins identifiés.

Ce cheminement, conduit au rythme de l’habitant, a contribué à l’installation d’un lien de confiance. Il a rendu possible une mise en discussion plus large des difficultés traversées.

 

L’importance de l’accompagnement social et de la médiation dans les territoires

 

L'intervention de Djaba Conseil s’inscrit dans une approche préventive, en amont des situations d’urgence. Elle vise à proposer des cadres de compréhension partagés et croisés, nourris par l’observation de terrain, contribuant à une meilleure lecture des mécanismes de précarisation. Cette démarche permet d’identifier et d’activer des leviers d’action adaptés. Djaba Conseil reste également sensible aux apports de la recherche sociologique, comme mise en perspective. Cette attention contribue à ancrer l’action dans une compréhension plus globale des recompositions sociales et des transformations à l’œuvre dans les territoires.

Aujourd’hui, l’accompagnement renforcé et la médiation constituent des fondements opérationnels pour le travail de stabilisation des situations, auxquels nous apportons notre appui et notre regard de terrain, en lien étroit avec les différents acteurs sociaux.

Ces actions permettent d’anticiper les risques et de créer des espaces d’écoute où les familles peuvent exprimer leurs besoins réels. Elles ouvrent également des possibilités de coordination entre les acteurs (bailleurs, services sociaux, collectivités, associations) afin que chaque intervention soit complémentaire, cohérente et lisible. Une dynamique qui contribue pleinement à la sécurisation des parcours locatifs.

La gestion urbaine et sociale de proximité (GUSP) constitue à ce titre un cadre propice, en favorisant des échanges à l’échelle des territoires.

Elle renvoie à une démarche de travail partenariale, pensée comme un espace de collaboration entre acteurs, visant à croiser les regards et à agir collectivement, autour de plusieurs axes :

  • améliorer la qualité de vie quotidienne des habitants ;
  • coordonner les acteurs locaux ; 
  • favoriser l’implication des habitants ;
  • assurer une veille ;
  • inscrire les actions dans une approche territoriale durable.

 

Ces dynamiques rappellent enfin le rôle central des travailleurs sociaux, dont le travail quotidien, souvent peu visible, contribue à contenir, ajuster et stabiliser des situations fragiles, dans des contextes fréquemment marqués par la tension.

 

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