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Par Fondation groupe EDF - Publié le 7 mai 2026 - 10:00 - Mise à jour le 7 mai 2026 - 10:00
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Festival « Moi et les autres » : rencontres et festivités autour de nos usages numériques

Du 10 au 12 avril 2026, plus de 2200 personnes ont participé au festival « Moi et les autres » organisé par la Fondation groupe EDF. Trois jours pour se rencontrer, débattre et agir autour d’une thématique d’actualité, notre façon d’être dans un monde aujourd’hui modelé par le numérique. L’événement a réuni artistes, experts, associations et grand public autour de de l’exposition actuellement présentée à la Fondation, « Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne ».

La table-ronde « Le jeu vidéo comme espace social » au festival « Moi et les autres » organisé par la Fondation groupe EDF. Crédit : Carenews
La table-ronde « Le jeu vidéo comme espace social » au festival « Moi et les autres » organisé par la Fondation groupe EDF. Crédit : Carenews

 

Le numérique, un espace de création, d’engagement et de solidarité ? Pas que, mais c’est le message phare qu’a souhaité porter, sans naïveté sur les dérives du numérique, ce premier festival « Moi et les autres », organisé du 10 au 12 avril 2026 à la Fondation groupe EDF à Paris et sur la scène voisine du Théâtre Juliette Récamier. Un événement gratuit, ouvert à tous et toutes, conçu pour faire dialoguer des publics qui ont peu d’opportunités de se rencontrer – scolaires, familles, représentants associatifs, artistes, chercheurs, experts ou simples curieux. 

Autour de l'exposition « Moi et les autres, regards d'artistes sur nos vies en ligne », toile de fond de l’événement, le festival a exploré nos sociabilités à l’heure du numérique, à travers trois journées rythmée par des conférences, d’ateliers et diverses expériences.  

Pour ouvrir cet évènement, place aux pratiques pédagogiques face au numérique. Au programme : deux ateliers destinés aux collégiens – l'un animé par le collectif artistique Obvious pour apprendre à identifier les images générées par intelligence artificielle, l'autre par une autrice avec un atelier d'écriture autour d’Internet dans le futur –, des visites guidées de l'exposition, et trois tables rondes, tournées vers la compréhension des transformations et des opportunités qui en naissent. Voici ce qu’il fallait en retenir. 

 

Enseigner à l’heure du numérique 

 

Comment le numérique transforme-t-il les pratiques éducatives ? Pour répondre à cette question, quatre intervenants aux approches complémentaires ont débattu — Maryse Chrétien (Association Générale des Enseignants d’École), Thomas Rohmer (Observatoire de la Parentalité et de l'Éducation Numérique), Élise Planche (Réseau Canopé) et Alexis Kauffman, à l'initiative de Framasoft. Un point de convergence est rapidement apparu : le problème n'est pas l'outil numérique en lui-même, mais les postures éducatives qui l'entourent. Maryse Chrétien a rappelé que les besoins fondamentaux de l'enfant comme le sommeil, la motricité, le jeu, doivent rester prioritaires. Thomas Rohmer a pointé l’injonction contradictoire faite aux familles de limiter les écrans, tout en les imposant partout dans la société. Plutôt que la surveillance, il plaide pour le dialogue et la confiance. Élise Planche a quant à elle souligné l’usage encore timide du numérique à l'école, souvent réduit à substituer un outil à un autre, faute de formation adaptée. Alexis Kauffman, enfin, a ouvert une perspective plus politique, appelant à promouvoir les communs numériques face à la puissance des grandes plateformes. Tous se sont accordés sur un point: l'éducation au numérique est une responsabilité collective, qui engage les parents, les enseignants et les institutions. 

 

Le jeu vidéo, bien plus qu'un divertissement 

 

Artiste, directeur artistique, spécialiste de la protection de l'enfance et pompier – les quatre intervenants de cette table ronde incarnaient des regards différents sur le jeu vidéo. Tous ont pourtant partagé l’idée que le jeu vidéo est un véritable espace social, où l’on se rencontre, échange et s'engage, parfois plus facilement que dans la vie réelle. Mais un espace ni neutre ni totalement libre, traversé par des logiques économiques et des rapports de pouvoir bien réels. Nicolas Bailleul (artiste) a souligné les biais culturels d'une industrie encore très masculine, tandis que Laura Morin (L’Enfant Bleu) a rappelé que les violences du monde réel s'y reproduisent, exposant les mineurs à des risques bien souvent trop peu visibles. Face à ces tensions, Wilfrid Brunet (Gameloft) a défendu la responsabilité des créateurs, et Gaëtan Lombard (Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France) a exposé une vision du jeu comme levier d'engagement citoyen, capable de mobiliser les jeunes là où ils se trouvent déjà. 

 

Le numérique au service du bien commun ? 

 

Pour clore la journée du vendredi, trois intervenants ont exploré une question optimiste : le numérique peut-il contribuer à un monde meilleur ? Lisa Fouilleul (BECOMTECH), Augustin Courtier (Latitudes) et Grégoire Marcilhacy (Le Déclic) ont chacun apporté une réponse ancrée dans le terrain. Lisa Fouilleul a mis en lumière le potentiel émancipateur du numérique pour les femmes, encore largement sous-représentées dans les métiers de la Tech, tout en alertant sur les biais de genre que reproduisent les outils d'IA conçus sans elles. Augustin Courtier a plaidé pour une réappropriation citoyenne des technologies, convaincu que le numérique ne doit pas être subi mais débattu collectivement. Grégoire Marcilhacy, lui, a témoigné d'une réalité plus concrète : pour toucher les jeunes éloignés de l'emploi, son association va les chercher directement sur TikTok ou WhatsApp. Mais tous trois ont mis en garde contre la même illusion, celle du « technosolutionnisme ». En d’autres termes, le numérique n'est qu'un point d'entrée - l'accompagnement humain doit faire la différence. 

Trois tables rondes, et avec elles, de nombreux échanges, partages d’idées et de convictions, avec un message commun : si le numérique façonne nos vies, ce sont bien nos choix éducatifs, politiques et sociaux qui le guident. 

Le samedi, artistes et experts ont proposé au grand public d’explorer la beauté, la création musicale et les nouvelles formes de séduction par le prisme du numérique. La soirée s'est prolongée avec un DJ set de Paloma Colombe et un showcase de Yamê, organisés au bénéfice de l'association Latitudes qui œuvre pour un numérique plus responsable. La journée du dimanche a quant à elle mis en lumière les enjeux de responsabilité sur les plateformes, à travers des talks sur les cyberviolences et l'information à l'heure des réseaux sociaux, avant de se clôturer par des projections cinématographiques. 

Un festival riche, ouvert sur le monde et dont on retiendra aussi les nombreuses connections faites entre intervenants, public ou encore journalistes.  

 


Réécouter la table-ronde « La création musicale à l’ère des réseaux sociaux et de l’IA », avec Myd, Thibault Kuhlmann et François Moreau. 


 

« Moi et les autres, regards d'artistes sur nos vies en ligne », découvrir l'exposition 

Fondation groupe EDF 

6 rue Juliette Récamier - 75007 Paris - + 33 (0)1 40 42 35 35 

M° Sèvres-Babylone 

Entrée libre du mardi au dimanche sur réservation de 12h-19h (sauf jours fériés) 

Nocturne le jeudi jusqu’à 22h I Visites guidées sur réservation 

fondation.edf.com  

 

 

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