Égalité des chances : une responsabilité partagée
La signature par RTE de la Charte Talents de France inscrit l’entreprise dans une mobilisation nationale contre les discriminations territoriales. Si les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et ceux des territoires ruraux connaissent des réalités différentes, ils peuvent se heurter à des obstacles communs : accès aux réseaux, découverte des métiers, mobilité et autocensure. Pour la Fondation RTE pour les ruralités, l’enjeu est désormais de faire connaître et soutenir les solutions qui émergent au plus près des habitants.
L’insertion professionnelle : un enjeu majeur dans les territoires ruraux
Le lieu de vie pèse concrètement sur l’accès à la formation et à l’emploi. Selon le rapport réalisée pour la Fondation Mozaïk, 31 % des habitants des territoires ruraux déclarent avoir subi une discrimination liée à leur lieu de résidence ; cette proportion atteint 68 % chez les 18-24 ans. Les territoires ruraux représentent 88 % des communes françaises et rassemblent 33 % de la population.
L’éloignement des bassins d’emploi et des établissements de formation se traduit aussi par des contraintes très concrètes : le budget transport d’un actif rural de moins de 30 ans atteint 528 euros par mois, contre 307 euros en milieu urbain. Et 38 % des jeunes ruraux en recherche d’emploi déclarent avoir déjà renoncé à un entretien pour des raisons de transport, soit 19 points de plus que les jeunes urbains. L’accès aux réseaux professionnels, la moindre visibilité des métiers et l’autocensure renforcent ces freins.
Ces inégalités appellent à une mobilisation collective. C’est tout l’enjeu de la table ronde du 3 novembre 2026 organisée par RTE et réunissant des acteurs de l’emploi, de la jeunesse, des ressources humaines et de la ruralité : Saïd Hammouche, président fondateur de Mozaïk RH, qui agit pour favoriser l’équité de traitement des candidats et combat les inégalités d’accès à l’emploi ; Momtaize Dahan, responsable du plaidoyer dans l’association RURA, dont la mission est de lutter contre la fracture territoriale et les inégalités dues aux territoires, David Ketler, DRH délégué de RTE et Cécile Daclin, Déléguée générale de la Fondation RTE pour les ruralités. Les échanges ont souligné la nécessité d’articuler l’action des pouvoirs publics, des associations et des entreprises pour rendre l’égalité des chances effective et renforcer la cohésion sociale. Cela passe par l’évolution des pratiques de recrutement, la découverte des métiers, le développement des dispositifs d’accompagnement et de mentorat, et le renforcement des coopérations locales. Un travail qui doit commencer dès le plus jeune âge, notamment par des interventions en classe pour faire connaître les métiers et déconstruire les idées reçues.
RTE et sa Fondation pour les ruralités : deux missions complémentaires
Le 30 juin 2026, RTE a signé la Charte Talents de France portée par le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, réaffirmant son engagement en faveur de l’égalité des chances et de l’accès à l’emploi, notamment pour les jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et des territoires ruraux.
Cette signature s’inscrit dans une dynamique nationale : 1 300 entreprises sont mobilisées autour de la Charte Talents de France. L’enjeu est désormais de passer à sa mise en œuvre opérationnelle. Le ministère prévoit de structurer, avec le collectif Les entreprises s’engagent et la DILCRAH, le suivi et l’accompagnement des signataires, de mobiliser les acteurs et dispositifs utiles et de mettre en place un tableau de bord de suivi annuel. Les outils, les modalités d’accompagnement et les prochaines étapes doivent être communiqués d’ici fin novembre 2026. En parallèle, les propositions du rapport Talents de France ont vocation à nourrir l’action publique : certaines mesures sont intégrées au PRADO 2026-2029 ; d’autres, notamment sur la prise en compte de l’éloignement et la représentation des ruraux dans les études, restent à l’étude ou en discussion.
Avec plus de 150 sites répartis en France, RTE bénéficie d’un ancrage territorial qui lui permet d’agir au plus près des bassins de vie et d’emploi. L’entreprise met en œuvre plusieurs leviers pour diversifier ses recrutements et valoriser les compétences : alternance, stages, reconversions professionnelles, partenariats avec France Travail, tutorat et mentorat. Elle agit également en faveur de la mixité dans les métiers techniques, notamment à travers ses partenariats avec Elles Bougent et Femmes Ingénieures.
La Fondation RTE pour les ruralités intervient dans une logique complémentaire. Depuis 2008, elle soutient des projets d’intérêt général qui contribuent à la cohésion sociale et au développement des territoires ruraux. Parmi les quelques 800 projets accompagnés depuis sa création, 150 environ contribuent à l’insertion professionnelle des habitants des ruralités. Ces initiatives prennent des formes diverses : structures d’insertion par l’activité économique, entreprises à but d’emploi dans le cadre de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée, écoles de production, Écoles ETRE ou encore tiers-lieux proposant des solutions de formation et d’accompagnement.
Les deux missions se complètent : RTE agit en tant qu’entreprise de service public, notamment par ses pratiques de recrutement, de formation et son activité dans les territoires ; la Fondation soutient en tant que mécène des initiatives d’intérêt général portées par des associations locales. Mais elles se rejoignent dans une même ambition : contribuer à ce que les compétences et les talents puissent s’exprimer partout en France.
Co-construire des solutions adaptées aux réalités locales
La table ronde a également permis de rappeler qu’aucun acteur ne peut, à lui seul, lever l’ensemble des freins à l’emploi. L’enjeu est de mieux faire dialoguer les entreprises, les acteurs de l’insertion, les organismes de formation, les associations, les collectivités et les habitants eux-mêmes.
Les échanges ont notamment mis en évidence l’importance d’agir à plusieurs niveaux : déconstruire les représentations et l’autocensure, ouvrir les réseaux professionnels, faire découvrir les métiers et créer des passerelles vers l’emploi. Pour les entreprises, cela implique aussi d’interroger leurs pratiques et d'aller vers ces talents.
Faire des QPV et des zones rurales des territoires d’opportunités exige de conjuguer les leviers du service public, des entreprises et ceux de l’intérêt général. En agissant chacun dans le cadre de ses missions et en encourageant les coopérations locales, RTE et sa Fondation contribuent à une même ambition : faire en sorte que le lieu de vie ne soit jamais un frein à l’accès à l’emploi et à la réalisation des parcours professionnels.