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Par Carenews INFO - Publié le 6 novembre 2026 - 09:00 - Mise à jour le 6 novembre 2026 - 09:00 - Ecrit par : Camille Dorival
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Paris se revendique « capitale de l’économie sociale et solidaire »

Lors de la soirée de remise des Trophées de l’ESS, le 3 novembre, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, et son adjointe à l’ESS, Amina Bouri, ont souligné le rôle essentiel de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans leur ville et ont revendiqué leur ambition de « faire de Paris la capitale de l’ESS ». Ils ont également annoncé leur objectif d'orienter davantage la commande publique vers les acteurs de l’ESS.

Depuis le 4 novembre, des banderoles « Ville de Paris, capitale de l’ESS » ont été installées sur la façade de l'hôtel de ville de Paris. Crédit : Carenews.
Depuis le 4 novembre, des banderoles « Ville de Paris, capitale de l’ESS » ont été installées sur la façade de l'hôtel de ville de Paris. Crédit : Carenews.

 

« Nous voulons donner toute sa place à l’économie sociale et solidaire. » C’est Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, qui s’exprime le 3 novembre en ouverture de la remise des Trophées de l’ESS, qui distinguent chaque année des structures de l’ESS parisiennes. 

Son ton se veut politique et combatif. « Cette période est particulièrement difficile pour les associations », souligne-t-il, en indiquant qu’il a été « profondément choqué » par la Une du JDD, qui titrait sur les « 60 milliards d’euros » de financements publics « engloutis par les associations ». En outre, l’ESS « est et sera, tout au long de cette campagne présidentielle, une cible privilégiée pour l’extrême droite ; n’en doutons pas, prévient-il. Parce que vous ne demandez pas leur carte d’identité à celles et ceux que vous avez choisi d’aider, parce que vous ne considérez pas que certains méritent d’être aidés et d’autres non, et parce que vous défendez avant tout la dignité de l’être humain. »

 

10 % de l’emploi et 14 % du PIB parisien 

 

Face à cela, « nous devons répondre au récit du repli sur soi en montrant la réalité de ce que vous faites », dit Emmanuel Grégoire aux structures de l’ESS présentes ce soir-là dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville. Ce qui souligne-t-il, est l’un des objectifs de la remise des Trophées de l’ESS (voir encadré ci-dessous). Il rappelle que « l’ESS n’est pas du tout à la marge, elle est au cœur de l’économie parisienne : elle représente 78 000 structures, 10 % de l’emploi et 14 % du PIB parisien ».

« Présente dans presque tous les secteurs de notre quotidien », l’ESS « est devenue un pilier de notre économie et un acteur essentiel du fonctionnement de notre ville », insiste-t-il, soulignant, en se référant aux canicules de l’été 2026, que « lorsque les crises frappent, les acteurs de l’ESS ne se demandent jamais si intervenir est rentable. Ils se demandent juste comment être utiles et ils agissent. »

 

Une « feuille de route ESS » bientôt dévoilée

 

Le maire de Paris, dont la « feuille de route ESS » doit être dévoilée dans les prochains jours, annonce donc plusieurs engagements destinés à soutenir le développement de l’ESS. « D’abord préserver les financements des structures tout en les diversifiant, faire de la commande publique un levier important de développement de l’ESS, et accompagner les structures existantes au-delà de l’émergence de nouveaux projets. »

 

Soutenir l’ESS, c’est un investissement dans la cohésion sociale, dans la transition écologique, dans la résilience de notre ville, et même dans l’invention d’un nouveau monde. »

Emmanuel Grégoire, maire de Paris. 

 

« La ville de Paris ne pourra pas à elle seule compenser le désengagement de l’État, reconnaît Emmanuel Grégoire. Mais elle refuse de se résigner à l’affaiblissement de l’ESS. » « Soutenir l’ESS, c’est un investissement dans la cohésion sociale, dans la transition écologique, dans la résilience de notre ville, et même dans l’invention d’un nouveau monde », ajoute-t-il. 

 

Une situation « préoccupante »

 

« La ville de Paris ne doit pas seulement être un financeur de l’ESS ; elle doit en être une alliée, considère quant à elle Amina Bouri, adjointe au maire de Paris chargée de l’ESS, qui prend la parole en clôture de la soirée. Une alliée qui écoute, qui coconstruit avec vous, et qui accepte aussi de faire évoluer ses pratiques. »

« Cela est d’autant plus indispensable que nous traversons une situation très préoccupante », ajoute-t-elle, citant la contraction des financements, la hausse des coûts de fonctionnement des structures et celle des besoins sociaux. « Pour ne rien arranger, le PLF n’offre guère de perspective rassurante et les échéances de 2027 ajoutent encore de l’incertitude », regrette-t-elle. 

 

Dans un pays traversé par de profondes fractures sociales et démocratiques, nous avons besoin de ce que vous construisez chaque jour : de la solidarité concrète, du collectif, de la confiance et de la capacité à faire ensemble. »

Amina Bouri, adjointe au maire de Paris chargée de l'économie sociale et solidaire. 

 

« Jamais nous n’avons eu autant besoin de l’ESS »

 

« Jamais l’ESS n’a été aussi fragilisée et jamais nous n’en avons eu autant besoin. Dans un pays traversé par de profondes fractures sociales et démocratiques, nous avons besoin de ce que vous construisez chaque jour : de la solidarité concrète, du collectif, de la confiance et de la capacité à faire ensemble », estime Amina Bouri. 

Pour soutenir le développement des structures, elle précise l’engagement de la mairie sur la commande publique parisienne, annonçant un objectif d’orienter 50 % de celle-ci vers « les TPE, les PME et l’ESS ».

Amina Bouri indique également l’ambition de la mairie : « Faire de Paris la capitale de l’ESS ». Dès le lendemain, le 4 novembre, l’hôtel de ville arbore des banderoles géantes, roses et vertes, qui annoncent la couleur : « Ville de Paris, capitale de l’ESS ». 

 

Camille Dorival

 

Les Trophées de l’ESS récompensent 15 structures

Les Trophées de l’ESS parisiens ont distingué cette année 15 structures, qui reçoivent un soutien de visibilité et une dotation de 6 500 euros. 

 

Prix d’honneur

Halage, structure de l’insertion par l’activité économique, dont le dispositif « Fleurs d’Halage » vise à développer une production horticole urbaine et périurbaine respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois d’insertion.

 

Catégorie « Prendre soin et se reconstruire »

Empreintes, qui accompagne des personnes endeuillées grâce à une ligne téléphonique gratuite, des entretiens et des groupes d’entraide.

En selle Giselle, association dont le programme « Les Giselles en cyclothérapie » mobilise la pratique du vélo et l’accompagnement spécialisé pour soutenir la reconstruction de femmes ayant subi des violences.

Réseau érythrocyte drépanocytose (RED) : cette association déploie un dispositif de garde d’enfants en urgence pour les parents isolés vivant avec la drépanocytose, maladie génétique qui affecte les globules rouges.

 

Catégorie « Des lieux qui accueillent et créent du lien »

Le Passage : l’association développe le projet d’ouvrir un café culturel et social dans le 10e arrondissement, visant à valoriser les artistes LGBTQIA+, sensibiliser aux questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle et favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de fragilité.

Safa Association : créée en 2020, cette association vise à faciliter l’accès à l’hygiène et la santé. Son café solidaire « La Caverne de Safa » propose un accueil de proximité avec un accès à des produits d’hygiène, une orientation vers des professionnels de santé et des actions de prévention auprès des personnes en situation de précarité.

Le Village : un tiers-lieu dédié aux familles, particulièrement aux foyers monoparentaux, qui propose des services accessibles, des espaces de coopération et un accompagnement pour soutenir les parents et la réussite éducative des enfants.

 

Catégorie « Préserver et valoriser les ressources »

L’Art et la récup’, qui a créé la ressourcerie pour enfants « Saperlipopette », dans le 20e arrondissement, qui favorise le réemploi des vêtements et des jouets et propose des ateliers créatifs. 

Micro-ressources, dont l’objectif est de développer une filière locale de revalorisation textile, en transformant des draps et du linge de maison usagés en accessoires réutilisables destinés aux professionnels de santé, grâce à du personnel en insertion.

Impact copro, qui intervient dans les immeubles confrontés aux fuites d’eau, à l’insalubrité et aux difficultés de voisinage pour trouver des solutions d’économie et recréer du lien entre les habitants. 

 

Catégorie « Le travail comme levier d’insertion »

Bonne table, qui a créé trois restaurants d’insertion à Paris autour de produits locaux, de saison et majoritairement issus de filières biologiques ou labellisées. Elle a également développé une offre de livraison à destination des entreprises et associations.

La Cloche : l’antenne parisienne de l’association, qui agit contre la grande exclusion, a lancé le dispositif « Mon taf solidaire Paris », qui vise le retour à l’emploi de personnes en situation de grande précarité, grâce à des passerelles vers l’emploi proposées par des commerçants partenaires.

Yoti Paris, qui propose des jouets et jeux de seconde main, reconditionnés dans le cadre de chantiers d’insertion dans plusieurs centres pénitentiaires, notamment celui de La Santé à Paris. 

 

Catégorie « Transmettre et sensibiliser »

Atfal, association qui vise à changer le regard sur l’autisme et la neurodiversité et a développé des ateliers ludo-pédagogiques pour sensibiliser les enfants à ces questions. 

Blabla création, association qui favorise l’apprentissage du français par les personnes nouvellement arrivées en France, grâce à la pratique radiophonique et la création collective de podcasts. 

 

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