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Par Carenews PRO - Publié le 24 juillet 2014 - 15:33 - Mise à jour le 11 février 2015 - 13:43
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Laura et les lauréats du mécénat : Oscar 3, Sodiaal

Récompensée le 2 Juillet dernier lors des Oscars de Mécénat de l’ADMICAL (catégorie Nouveau Mécène), la coopérative Sodiaal est mise à l’honneur dans notre enquête du jour.

Laura et les lauréats du mécénat : Oscar 3, Sodiaal

Sodiaal est une coopérative française, formée depuis près de cinquante ans par l’association de producteurs de lait qui ont mis leurs forces en commun pour développer leur activité sur le marché français.

Aujourd’hui, grâce à une stratégie de développement renforcée par une politique de fusion et acquisitions, la coopérative est détentrice de marques prestigieuses.

La coopérative Sodiaal se caractérise par un principe de la gouvernance démocratique : 1 homme = 1 voix. Chaque membre de la coopérative, producteur de lait, est impliqué dans les orientations de Sodiaal, et peut devenir membre du Conseil d’Administration grâce aux élections. Tous les membres dirigeants de la coopérative Sodiaal sont des hommes ou femmes qui viennent du métier.

Les actionnaires de la coopérative sont les producteurs de lait eux - mêmes, encadrés par 24 Administrateurs. Je vais partager ici avec vous l’expérience de Jean-Pierre FAUCON, de la section Pays de Loire, basé en Mayenne.

A l’été 2011, la communauté des producteurs de Sodiaal suit de près la situation de la Corne Est de l’Afrique, touchée par une sécheresse drastique. En tant que producteurs de lait, ici en France, ces derniers s’interrogent et se mobilisent. Une question taraude Jean-Pierre Faucon et ses collègues : ne doivent-ils pas venir en aide à ces africains, par solidarité ?

L’idée, partagée au niveau de la direction générale en 2012, reçoit l’adhésion immédiate des décideurs, qui souhaitent engager des fonds en soutien à un projet d’aide agricole, lié aux valeurs de la coopérative Sodiaal.

Au-delà du don pécuniaire qui sera fait, le souhait du mécène est de soutenir un projet autour d’un vrai échange de producteurs à producteurs, qui a vocation à perdurer dans le temps. C’est une aventure humaine avant tout.

Les porteurs de projet s’investissent dans un partenariat avec la Croix-Rouge Française, la filiale Candia et l’AFDI (l’association Agriculteurs français et développement international qui s'investit depuis plus de 30 ans auprès des paysans des pays en développement en soutenant leurs organisations). A travers une chaîne de solidarité, l’enjeu est de venir en aide aux communautés Massaïs agropastorales du Nord de la Tanzanie, à travers des projets de sécurité alimentaire visant à améliorer la productivité des agriculteurs, à la création de banques céréalières et à l’amélioration des pratiques d’hygiène et d’alimentation, en vue de limiter l’impact de la malnutrition. Le choix de construire un projet en Tanzanie est établi pour plusieurs raisons. D’une part pour la stabilité du pays, et d’autre part pour l’aspect innovant au projet porté par la Croix-Rouge, car c’est une première sur ce domaine dans cette partie de l’Afrique de l’Est.

Très tôt dans la mise en œuvre du projet un comité de pilotage a été mis en place, composé de deux, deux référents de la Croix- Rouge tanzanienne, et un représentant de l’AFDI.

En retour, les directions de Sodiaal et de Candia suivent de très près le reporting des actions menées.

Jean-Pierre Faucon nous précise que dans la conduite du projet, les efforts ont été concentrés sur des actions dont l’aboutissement était certain, et inscrit dans la durée.

C’est tout d’abord la Croix-Rouge Tanzanienne qui explore le terrain sur place et identifie un territoire dont  les villageois sont le plus dans le besoin, dans la plaine Massaï à 5 heures de route au Nord de la capitale Dodoma.

Arrivé sur place, accompagné et introduit par la Croix-Rouge auprès des Paysans Massaï, Jean-Pierre s’était aussi muni de photographies de sa propre exploitation, de son village en Mayenne, d’une représentation d’un vêlage, pour faciliter la rencontre sur place. Tout de suite, il y a quelque chose qui se crée, quelque chose en commun qui lie immédiatement les paysans Massaï et les producteurs français. C’est ainsi que les producteurs en France se sont engagés sur le projet, au plus près des éleveurs Massaï, liés par la terre.

Jean- Pierre a pris soin de présenter la coopérative laitière, d’expliquer son histoire, comment elle s’était créée et développée. Cela a permis de nouer une relation spontanée avec ces paysans en charge d’une agriculture pastorale et familiale. Jean-Pierre souligne une caractéristique du peuple Massaï, frappé par le fait que ce sont les femmes qui sont en charge du comité de gestion de la vie agricole. Il remarque la solidarité entre hommes et femmes dans le fonctionnement de la communauté de ce peuple polygame.

Le souhait premier des porteurs de projet est de redonner aux agriculteurs et aux villageois  un accès à l’eau. Face au constat que les populations locales sont confrontées à un problème significatif de gestion des ressources, ils se lancent ainsi dans la création d’un bassin de rétention d’eau. Cela contribue à apporter l’eau nécessaire à l’ensemble des 3000 habitants, ainsi qu’au cheptel de bovins des paysans Massaï.

Une fois la gestion de l’eau réorganisée, Jean-Pierre Faucon et ses équipes créent un Champ Ecole Paysans, c’est-à-dire un espace pédagogique qui permet d’introduire localement de nouvelles méthodes de gestion agricole. Dans le cadre de leurs actions, les porteurs de projet viennent en aide aux populations de manière la plus fluide et la plus simple possible. Il s’agit d’un réel échange d’homme à homme, il faut donc instaurer de nouvelles méthodes en étant dans l’accompagnement et la transmission de savoirs. C’est ainsi que le Champ Ecole Paysans est organisée. Il est composé d’un côté d’une parcelle caractérisé par l’itinéraire technique traditionnel des agriculteurs pastoraux Massaï, et de l’autre côté d’une autre parcelle pensée par Jean-Pierre et ses équipes, dotée d’une amélioration des techniques, pour que les paysans apprennent et améliorent leur méthodes de production de maïs en particulier. Ainsi, le savoir-faire transmis en termes de maîtrise de l’itinéraire technique apporte une solution durable aux paysans Massaï.

Les producteurs de Sodiaal sont attentifs à la manière de travailler localement, et contribuent sur place à apporter des améliorations aux paysans Massaï, qui ont gagné leur confiance. Ils constatent que les déjections animales ne sont pas utilisées dans la méthode Massaï. L’apprentissage de l’utilisation du fumier organique inutilisé jusqu’alors se fait donc auprès des paysans, ce qui leur apporte une ressource supplémentaire pour renforcer la production de leurs récoltes.

C’est aussi sur l’organisation des temps de semence que Jean-Pierre et ses équipes s’appuient sur leurs observations pour transmettre des astuces fortes utiles. Ils remarquent que c’est un tracteur qui vient de la grande ville, à la fin de la période propice aux semences, pour labourer les champs et permettre la plantation. Pour optimiser cette étape primordiale dans la production, les producteurs français suggèrent aux paysans Massaï de commencer plus tôt dans la saison par la traction animale pour devancer la venue du tracteur et permettre ainsi un meilleur rendement des récoltes.

Enfin, les producteurs en mission, aident les paysans Massaï à se constituer des banques céréalières et à gérer le grenier à grain. La méthode permet d’anticiper les périodes de pénurie. Lors de la récolte du maïs, une partie utilisée sur la période et une autre partie doit être stockée, de manière à pouvoir tenir en cas de hausse de prix du maïs, ou pallier à la pénurie. Cette astuce a apporté une réelle innovation dans la pratique des paysans pastoraux.

La coopérative Sodiaal a apporté un soutien unique de trois années à la Croix-Rouge dans le cadre de ce projet. C’est pour ce bel engagement que Sodiaal a été récompensé par l’ADMICAL lors des Oscars du Mécénat 2014.

Laura BOYAU

Propos recueillis auprès de Claire Algrain, Responsable de Communication SODIAAL et Jean-Pierre Faucon, Producteur et Administrateur SODIAAL.

Crédit photo Sodiaal, Nicolas Beaumont

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