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Par Carenews PRO - Publié le 3 novembre 2020 - 13:00 - Mise à jour le 3 novembre 2020 - 13:00
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3 questions à Frédéric Tiberghien, président de Finansol

Du 2 au 9 novembre, Finansol organise une semaine de mobilisation et d’information sur les enjeux de la finance solidaire, dans le cadre du mois dédié à l’ESS. Cette 13e édition nationale de la Semaine de la finance solidaire a pour objectif de sensibiliser le grand public aux questions de la finance solidaire, comme, par exemple, comment utiliser son épargne, qui peut être un moyen d’action pour soutenir des projets répondant aux enjeux de notre société. Rencontre avec Frédéric Tiberghien, président de Finansol.

Entretien avec Frédéric Tiberghien, président de Finansol

 

Quels sont les impacts de la crise de la Covid-19 sur la finance solidaire ?

Au premier confinement, les investisseurs solidaires n’ont pas fait de retraits dans les entreprises où ils avaient investi. C’est déjà un bon signe. Mais si on fait un premier diagnostic du côté des associations, on peut dire que pendant cette période, elles ont eu moins de bénévoles de part le confinement et la moyenne d’âge, et également des subventions qui ont tardé à être versées pour certaines associations, les dons ont de façon général décru, et les activités en présentielles ont été majoritairement ralenties. Il faut savoir que les nouveaux prêts accordés par le gouvernement, aux entreprises en difficulté, ne seront honorés qu’à compter de cette fin d’année, voire 2021. Les vraies incidences de la crise se feront sentir à ce moment-là, quand les entreprises devront commencer à rembourser leurs prêts et continuer à payer leurs charges courantes. C’est le diagnostic que l’on peut faire à ce jour.   

Les Français, qui le pouvaient, ont épargné durant le confinement. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quelles incidences pour l’épargne solidaire ? 

Les Français ont choisi l’épargne de précaution, ce qui est naturel en période de crise. La collecte sur les livrets A a battu des records en effet. Mais ce n’est malheureusement pas un signe très favorable pour les besoins actuels d’investissement dans des projets solidaires, en tout cas, ceux qui ont été “labellisés” par le gouvernement fonds du plan de relance. Les risques sont importants quand on veut investir. Et les particuliers ont une aversion au risque par nature. Cette relance par l’investissement demandée aux particuliers ne marchera donc pas. Finansol avait fait une autre proposition au gouvernement, celle de miser sur les garanties afin de favoriser les investissements en fonds propres, nécessaires à relancer l’économie par l’investissement social et solidaire. Pour le moment, nous n'avons pas été entendus sur ce sujet.   

 

Depuis le 1er octobre dernier, il est possible de faire des dons aux associations via son LDDS. Une victoire pour le secteur ? 

 

Oui, en effet, c’est la bonne nouvelle de cette fin d’année pour nous, on peut dire que l’intérêt pour la finance solidaire est quand même là. On attendait depuis 2016, et l’article 80 de la loi Sapin II, qui annonçait le changement du LDD en LDDS. Cela permet à l’épargnant d’effectuer des dons à des associations ou des entreprises solidaires directement depuis son livret d’épargne (mécanisme de partage). Depuis juin dernier, on avait eu la bonne nouvelle aussi de voir se mettre en place un nouveau mécanisme de fléchage d’au minimum 5 % de l’encours du LDDS et du livret A, un financement supplémentaire de plus de 9 milliards d’euros pour l’économie sociale et solidaire. Après, ce sont essentiellement des prêts qui seront accordés en priorité aux entreprises de l’ESS, anciennes ou récentes avec ce mécanisme. Mais en tout cas, l’engouement est bien là. 

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