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Par Carenews INFO - Publié le 25 mai 2016 - 16:04 - Mise à jour le 2 juin 2016 - 10:24
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L’OM est-il une cause d’intérêt général ?

Après une très mauvaise saison, la propriétaire de l’Olympique de Marseille, la femme d’affaire russe Margarita Louis-Dreyfus, a annoncé sa mise en vente prochaine, vente qui risque d’être compliquée. Pour Jean-Claude Darmon, observateur et professionnel averti du milieu du football, le rachat du mythique club marseillais serait assimilable à du mécénat.

L’OM est-il une cause d’intérêt général ?

Rappelons tout d’abord la définition de ce qu’est le mécénat : « un soutien financier ou matériel apporté par une entreprise ou un particulier à une action ou activité d’intérêt général (culture, recherche, humanitaire…). » La question est donc de savoir comment qualifier l’activité qu’est celle d’un club de football au sein de la société.

Le football est un sport et même s’il est très populaire, sur le principe il reste un sport. Rapprocher le sport d’une activité d’intérêt général consiste souvent à favoriser l’accès au sport aux personnes qui en sont habituellement exclues. La pratique professionnelle ne bénéficie donc concrètement qu’aux sportifs et, dans le cas du football, aux joueurs évoluant dans des clubs professionnels.

Pour Jean-Claude Darmon, si l’achat d’un club de foot doit être considéré comme du mécénat c’est parce qu’« il n'y a pas matière à gagner de l’argent » en se lançant dans ce type de rachat. C’est donc l’aspect non lucratif qui est retenu par l’homme d’affaire. Cet argument peut être valable sur des petits clubs mais pour un de l’importance de l’OM, même si ses pertes se chiffrent en millions (3,8 pour la saison 2014-2015) et que la dernière saison a été mauvaise, le club est historique et possède une renommée importante. Il constitue donc un investissement intéressant avec un potentiel certain pour un gestionnaire averti et investi. Il parait tout de même qu’un acheteur se positionne dans le rachat d’un club qui brasse des millions sans espérer en retirer quelque chose. Si la lucrativité n’est pas forcément au rendez-vous, l’intention fait peu de doutes.

Là où le football pourrait rencontrer l’intérêt général est dans sa dimension sociale, surtout à Marseille. Il est de notoriété publique que le club phocéen est une véritable institution et un élément de la vie pour la ville et ses habitants, le lien entre le club et ses supporters est très fort. D’une certaine façon, il peut être considéré comme une partie du patrimoine de la ville. Cela suffit-il à le caractérisé comme un élément constitutif de l’intérêt général de la ville ? S’il s’agit d’un patrimoine, il doit en être de même pour tous les autres clubs, il ne serait pas logique que Marseille bénéficie d’un traitement de faveur avec son club. Bien qu’il aie une dimension sociale très importante, le football professionnel n’est pas reconnu aujourd’hui comme une activité d’intérêt général, il n’y a donc théoriquement pas lieu de parler de mécénat pour le rachat d’un club.

Bien que la question puisse prêter à débat, il ne faut pas oublier ce à quoi travaille le mécénat et ses missions sont rarement liées au maintien d’une activité qui bénéficie financièrement à une minorité. On peut faire valoir la valeur sentimentale du club pour la ville et mesurer son impact sur la cohésion sociale au niveau local cependant il n’est pas dit que l’intérêt des actionnaires soit principalement orienté dans ces domaines. Comme dans tous les débats, certains se positionneront pour l’idée et d’autres contre mais il semble difficilement envisageable que le rachat de l’OM passe pour du mécénat aujourd’hui.

 

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