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Par Carenews INFO - Publié le 21 janvier 2026 - 16:27 - Mise à jour le 21 janvier 2026 - 16:33 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Budget 2026 : les acteurs de l’insertion par l’activité économique demandent des aides publiques suffisantes pour la « survie du secteur »

Les structures d’insertion par l’activité économique, qui permettent à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver du travail en bénéficiant d’un accompagnement social, craignent une baisse trop importante des aides publiques, décidées dans le projet de loi de finances pour 2026. Elles ont déjà subi des coupes budgétaires l’année dernière.

La partie « dépenses » du projet de budget pour 2026 devrait être adoptée ce vendredi. Crédit : iStock.
La partie « dépenses » du projet de budget pour 2026 devrait être adoptée ce vendredi. Crédit : iStock.

 

L’insertion par l’activité économique (IAE) s’inquiète des conséquences potentielles du budget 2026 sur ses missions. Dix réseaux du secteur appellent, dans un courrier envoyé le 19 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu à « maintenir [l’] action efficace [de l’IAE] en faveur du retour à l’emploi des personnes les plus éloignées du monde du travail ». Parmi eux : Emmaüs France, la Fédération des acteurs de la solidarité ou les Restos du cœur. Ces réseaux représentent tous des organisations qui proposent un emploi à des personnes au chômage depuis plus de deux ans ou rencontrant des difficultés sociales et professionnelles importantes, avec un accompagnement social.  

Pour réaliser ces missions, elles bénéficient d’aides publiques : les salariés en insertion sont moins productifs et l'État compense donc cette différence, ainsi que le coût de leur accompagnement social et professionnel. Alors que la partie « dépenses » du projet de budget pour 2026 devrait être adoptée avec un recours par le gouvernement à l’article 49.3 ce vendredi 23 janvier, les réseaux demandent « le maintien d’un niveau de crédits de l’IAE équivalents à ceux de 2024 ». 

Le projet de loi de finances présenté en octobre par le gouvernement prévoyait une baisse de 14 % - soit 200 millions d’euros - des crédits accordés à l’IAE en 2026 par rapport à 2025. L’année dernière, une coupe de 50 millions d’euros avait déjà été décidée

 

Des risques d’interruption de parcours d’insertion 

 

Au cours des débats budgétaires, « la commission des finances de l’Assemblée nationale a rétabli les crédits à l'unanimité, à l’exception du Rassemblement national », explique Yann Fradin, membre du bureau d’Emmaüs France et représentant du Collectif IAE. Les députés ont proposé d’augmenter les crédits de 244 millions d’euros, pour permettre un rétablissement au niveau de 2024 et une prise en compte de l’augmentation du Smic. L'État verse aux structures d’insertion des « aides au poste », pour chaque emploi en insertion, tandis que les salariés sont payés au minimum au Smic.  

Le Sénat a quant à lui choisi d’augmenter les crédits de 139 millions d’euros, ce qui ne comprend pas la hausse du Smic. Reste à savoir quel sera le choix du gouvernement : selon Yann Fradin, le Parti socialiste a obtenu une augmentation des crédits accordés à l’IAE par le gouvernement par rapport au projet de loi de finances initial. Mais le représentant des réseaux ne connaît pas son ampleur.  

« Nous demandons 244 millions d'euros », affirme Yann Fradin. « 139 millions d’euros, c’est déjà catastrophique : ça représente une diminution de 6 % des aides au poste, donc le non-renouvellement de certains postes et l’interruption de parcours d'insertion », détaille-t-il, tout en alertant sur le fait que l’augmentation choisie par le gouvernement pourrait être encore inférieure.  

 

Un « investissement sur l’avenir » 

 

Les dix réseaux réunis dans le Collectif IAE demandent également l’augmentation du plan d'investissement dans les compétences de l’IAE (PIC IAE), pour atteindre 100 millions d’euros. Ce plan vise à renforcer l’accès à la formation professionnelle des salariés en insertion pour favoriser leur retour à l’emploi durable. Il a déjà été réduit de 30 millions d'euros en 2025. Dans sa copie, le Sénat a choisi de supprimer le PIC.  

Une autre exigence des réseaux porte sur le fonds de développement de l’inclusion : ce dispositif, qui permet d’aider les structures d’insertion en difficulté, a été supprimé en 2024. L’administration a toutefois pu utiliser une partie des crédits dédiés aux aides au poste pour accompagner une centaine d’entre elles, à hauteur de 10 millions d’euros en novembre 2025, sous forme d’aide exceptionnelle. Les réseaux demandent 40 millions d’euros pour 2026.  

Le secteur de l’IAE « joue un rôle essentiel dans le cadre de la politique de plein emploi promue par le gouvernement », détaillent-ils dans leur lettre au Premier ministre. L’insertion doit être « vue comme un investissement sur l'avenir », insistent les organisations. « Les aides publiques à notre secteur génèrent plus de recettes pour la collectivité sous la forme de contributions patronales, salariales, taxes et impôts. Les réduire, c’est donc appauvrir l'État et aggraver le déficit des comptes publics », ajoutent-elles. « Nous attendons donc de votre part des décisions qui permettent la survie de notre secteur. » 

 

Célia Szymczak 

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