En Allemagne, l’intégration des migrants passe par les musées

En Allemagne, l’intégration des migrants passe par les musées
En Allemagne, des migrants ont été formés dans le cadre d’un projet culturel pour faire des visites guidées en arabe dans les musées à d’autres migrants. Un programme original pour resserrer les liens culturels entre migrants et leur pays d’accueil, qui remporte un vif succès.


« L’intégration par la culture », voilà le mot d’ordre de ce nouveau  programme allemand baptisé « Multaka ». Lancé à l’initiative de la Fondation du patrimoine culturel prussien, ce programme regroupe trois musées de Berlin : le musée d’Histoire allemande, le Bode-Museum (consacré à l’art chrétien) et le musée de Pergame. Ces musées offrent désormais chaque semaine des visites gratuites en langue arabe ou en farsi pour les réfugiés.

«Ce programme est essentiel, explique Hermann Parzinger, le président de la Fondation du patrimoine culturel prussien. Il permet de découvrir l’art chrétien, pour faire connaître aux nouveaux arrivants la société dans laquelle ils vivent et qu’ils doivent désormais comprendre. Le musée d’Histoire allemande montre de son côté à quel point l’Allemagne a été détruite par les guerres au cours du XXe siècle, et a pu malgré cela se reconstruire. Cela donne une perspective aux gens, pour qu’ils reprennent courage et croient en leur avenir

Lancé depuis le mois de décembre, quelques 3 000 réfugiés ont pris part à ces visites. Parmi les trois musées participants à l’opération, le musée Pergame est particulièrement prisé. Il regroupe en effet les très riches collections d’art islamique, les antiquités du Proche Orient et les collections d’art byzantin. La porte d’Ischtar, ramenée de Babylon par Robert Kodewey à la fin des années 20, soulève notamment de nombreuses questions. Nombreux sont les réfugiés voulant savoir comment ce trésor a pu quitter l’actuel Irak. Zoya Masoud, une Syrienne titulaire d’un master en archéologie et en Allemagne depuis quatre ans, leu explique comment l’Empire allemand et l’Empire ottoman s’étaient à l’époque entendus sur des traités. «Une chance que la Porte ait échappé à la guerre», soupire l’un des réfugiés qui assiste à la visite.

Des collections particulièrement évocatrices pour ces réfugiés qui ont perdu leur terre natale et doivent aujourd’hui vivre dans un pays étranger. « Dans ma visite, je mets l’accent sur la reconstruction et sur la démocratie, explique le guide. Pour les réfugiés, ça a un aspect très émotionnel. Ils se disent: ’nous aussi nous pourrons faire ça un jour chez nous’. Ils reprennent espoir ».

 

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