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Par Carenews INFO - Publié le 7 juillet 2020 - 12:00 - Mise à jour le 7 juillet 2020 - 12:00
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6 pépites associatives dans les Hauts-de-France

Dans cette série d’articles, Carenews vous emmène à la découverte d’associations émergentes dans les territoires. Aujourd’hui, direction les Hauts-de-France, qui voit naître environ 4 800 nouvelles associations chaque année. Selon le panorama associatif 2020 de l’Observatoire régional de la vie associative (ORVA), le milieu associatif de cette région compte 197 569 salarié·e·s, présents pour plus de la moitié dans le département du Nord.

Lille est le chef-lieu de la région Hauts-de-France. | Crédits photo : Rhombur.

Trente hectares de bois et de surfaces cultivables situés à Autrêches, au carrefour des vallées de l’Aisne et de l’Oise, à une heure de Lille et de Paris... L’Hermitage est un un vaste « laboratoire collectif d’initiatives citoyennes et écoresponsables ». Le projet a été initié en 2017 par Jean Karinthi, rapidement rejoint par une équipe de curieux·ses et professionnel·le·s, parmi lesquel·le·s Gaël Musquet, « hacktiviste citoyen ». L’Hermitage se structure en quatre axes d’expérimentation (agroécologie, transition énergétique, vivre ensemble, hacking citoyen) et compte déjà une microbrasserie pédagogique, une micro-ferme agroécologique, un chantier d’éco-rénovation, une association d'insertion par le numérique et un repair café... Après avoir fait la preuve de concept de son projet, et malgré un agenda légèrement perturbé par la crise sanitaire, L’Hermitage est reparti de plus belle, ce 29 juin, en campagne de financement participatif. Si le quatrième palier de la cagnotte est atteint (280 000 euros), L’Hermitage prévoit, entre autres choses, un Festival Rural des Transitions, l’ouverture d’une Université Citoyenne des Transitions ainsi que l’implantation d’un serre bioclimatique semi-enterrée, capable de produire en hiver sans chauffage. Pas étonnant que ce tiers-lieu d’ampleur ait obtenu début 2020 le label « Fabrique de territoire » !

Chaque année en France, 10 millions de tonnes de produits alimentaires finissent à la poubelle. Selon l’Ademe, Agence de la transition écologique, en 2016, « l’impact carbone des pertes et gaspillages (était) évalué à 15,3 millions de tonnes équivalent CO2, soit 3 % de l’ensemble des émissions de l’activité nationale ou encore cinq fois les émissions liées au trafic aérien intérieur ». Si le phénomène est global, les Robin·e·s des Bennes ont décidé d’agir localement, à Amiens. Depuis novembre 2018, ce collectif « antigaspi » pratique le dumpster diving, ce sauvetage in extremis des denrées encore consommables trouvées dans les poubelles des magasins et supermarchés. En distribuant son butin gratuitement à toutes les personnes qui le souhaitent, Robin·e·s des Bennes est également une association contre la précarité. En octobre 2019, 602 kilos de nourriture ont été récoltés et distribués. Le groupe mène des actions de sensibilisation au gaspillage alimentaire et partage volontiers ses savoir-faire à celles et ceux qui veulent s’initier à la pratique. Le groupe Facebook du collectif compte près de 3 000 membres.

Nous discutons également d’alternatives zéro déchet, d’achat de seconde main (friperie), de questionner l’impact écologique des produits d’origine animale, de réparer plutôt que de jeter, de faire soi même, trier, composter, s’entraider.

Djouheur est un prénom, d'origine kabyle, qui signifie « perle ». Ouvert en septembre 2018 par la plasticienne, auteure et comédienne Ratiba Mokri, Chez Djouheur est un lieu où les femmes viennent se rencontrer et partager un moment convivial. L’envie d’ouvrir ce local est parti du constat qu’à Lille-Fives, le quartier où il est implanté, « les femmes occupent peu, voire pas du tout, l’espace public ». Chez Djouheur est propice à l’expression libre de toutes les « perles » du coin ou d’ailleurs, à travers des ateliers culturels et artistiques : écriture et art plastique, printemps de la poésie, groupes de lecture, cuisine...

Ce lieu a pour but que les femmes puissent prendre la parole librement, y exister par elle-mêmes. Un lieu de mixité sociale et culturelle. Un lieu ouvert où les femmes peuvent entrer spontanément, sans engagement et passer un moment autour d’un café, d’un espace créatif.

L’association a été fondée début 2020 par Joséphine Halle et Olivia Beaujot, deux habitantes d’Amiens. L’objectif des Recyclettes est de faire la promotion du compostage, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnel·le·s de la restauration. L’association collecte, à vélo, les biodéchets des restaurants partenaires, qui sont ensuite traités dans des bacs au sein des jardins partagés de la ville. Chaque adhérent·e peut se faire épauler par l’association dans la création de composteurs partagés, à proximité du domicile ou sur le lieu de travail. « Recueil de soutiens de vos voisin·ne·s ou collègues, réunions d’information, documentation, autorisations administratives, demandes de financement, formations au compostage » : l’accompagnement se fait de A à Z. L’association propose également d’intervenir auprès de divers publics pour sensibiliser à l’importance du tri des déchets et à l'intérêt du compostage. Les Recyclettes ont bénéficié du soutien de l’incubateur Starter de La Machinerie à Amiens.

Dès le démarrage du projet en octobre 2019, nous avons voulu rencontrer et échanger avec les associations amiénoises de l’économie solidaire et sociale. Il était important pour nous de venir s’insérer dans le maillage associatif existant, et de travailler avec ses acteurs. La Machinerie, via son programme de soutien aux projets émergents, nous a fourni un cadre, un suivi et des formations. L’association En Savoir Plus nous a épaulé dans la construction de projets et d’ateliers cohérents pour les amiénois·e·s. Et nous nous sommes rapprochées de Zéro Waste Amiens pour sa connaissance des politiques de gestion des déchets et de l'anti-gaspi. (Olivia Beaujot, co-fondatrice des Recyclettes)

Réunis sous le hashtag #HostForGood depuis 2017, des citoyen·ne·s de la métropole lilloise louent les chambres vides de leur logement à des voyageur-se-s, et utilisent la totalité des revenus issus de la réservation pour financer des logements pour les sans-abris. Le concept a été lancé par l’ex-banquier Christophe Thomas, qui voyait dans les chambres d’ami·e·s une réserve de « surconfort ». C’est à la suite de l’expulsion de Tony Mijailovic, son ami et « binôme de maraude », qu’est née la première Ch’tite Maison Solidaire. En 2019, l’initiative a reçu le premier prix du HackaSens, « marathon créatif dont l'objectif est de booster le sens des projets au service du bien commun ». Aujourd’hui, l’association porte également le projet d’éco-quartier solidaire Lil'Pouss', terrain de 1 000 mètres carrés mis à disposition par la ville de Lille, où seront bientôt installées cinq tiny-houses écologiques.

Active depuis 2018, l’association Banta favorise l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle des exilé·e·s vivant dans la métropole lilloise. Elle propose des cours gratuits de français et de mathématiques (dispensés en temps normal dans les locaux de Sciences Po et de l’École supérieure de journalisme de Lille), accompagne les bénéficiaires dans la définition et la réalisation de leur projet professionnel, les aide à rédiger CV et lettres de motivation pour intégrer des lycées professionnels et des parcours universitaires. L’association bénéficie notamment d’un partenariat avec l’Université de Lille, signataire de la charte du réseau MEnS (Migrants dans l’Enseignement Supérieur). Cette charte demande à ce que soient établies « en toute indépendance les modalités d’accueil des étudiants et chercheurs en exil, dans le respect des valeurs de démocratie, de laïcité, de tolérance, de solidarité et sur des critères académiques » et ce, quel que soit le statut administratif des personnes concernées. L’année de sa création, Banta a ainsi accompagné plus de 70 demandeur·se·s d’asile. Elle a également pour mission de « sensibiliser et interpeller les pouvoirs publics et l’opinion publique » sur les problèmes et discriminations rencontrés par les exilé·e·s.

Axelle Playoust-Braure

Pépites associatives en région

 

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