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Par Carenews PRO - Publié le 2 octobre 2017 - 12:38 - Mise à jour le 28 juin 2018 - 10:58
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[ENTRETIEN] Christian Sautter, président de France Active

Haut fonctionnaire pendant toute sa carrière professionnelle Christian Sautter a rejoint en 2000 France Active, un réseau qui aide les personnes en difficulté à trouver un emploi ou créer leur entreprise. Et son engagement en fait un acteur optimiste de l’économie sociale et solidaire.

[ENTRETIEN] Christian Sautter, président de France Active

 

 

Quel constat tirez-vous de votre engagement dans France Active depuis votre arrivée en 2000 ?

Après quarante ans de service public à travers différentes fonctions (préfet, puis ministre), j’ai voulu servir autrement l’intérêt général. Quand Daniel Lebègue et Claude Alphandéry, figures historiques de l’économie sociale et solidaire, m’ont proposé de prendre la présidence de France Active, je suis immédiatement allé voir sur le terrain. Et j’ai rencontré des entrepreneurs heureux parce que les entreprises dont ils s’occupaient avaient du sens. C’est dans ce contexte que j’ai accepté en 2000 la présidence de France Active.

Le réseau France Active a connu en dix ans une croissance très rapide. Les fondamentaux avaient été bien posés par Claude Alphandéry en 1988. Les outils étaient bons, France Active se portait garant des projets soutenus pour faciliter l’obtention d’un prêt bancaire toujours difficile à décrocher pour lancer une entreprise, surtout si l’on n’a pas de ressources.  Et dès 1994 l’association avait commencé à collecter de l’épargne solidaire.

En 2016 le réseau France Active avait créé 35 700 emplois, soutenu 7 400 entreprises et levé 269 millions d’euros d’argent privé pour financer les projets. 

Aujourd’hui le réseau compte 2 000 bénévoles et 650 salariés. Mais au-delà des chiffres, le plus important c’est la qualité du travail et la satisfaction de voir les yeux brillants de ceux dont la vie a du sens grâce à leur travail. L’an dernier 85 % des personnes soutenues étaient des chômeurs et près de la moitié des femmes. 

Mieux, 81 % des entreprises qui ont été aidées ont survécu plus de trois ans et embauché. Aussi bien dans le secteur de la santé, de la solidarité, le handicap que de la culture, de l’économie circulaire ou même de la technologie.

 

Comment voyez-vous l’avenir de l’association, en particulier du point de vue de son financement ?

La garantie indispensable puisqu’une entreprise sur cinq rencontre un jour des difficultés, est financée par l’État via le fonds de cohésion sociale qui nous alloue dix millions d’euros. Nous pouvons également compter sur les Régions et les collectivités territoriales, la Caisse des Dépôts qui est l'un des fondateurs de France Active et aussi le fonds social européen. 

Notre capacité d’investissement provient, elle, de l’épargne solidaire aussi bien salariale que familiale. Pour le seul premier semestre 2017 nous avons collecté trente millions d’euros.

J’appartiens à la catégorie des Français optimistes. Nous voyons sur les différents territoires naître une nouvelle génération d’entrepreneurs qui ne rêvent plus d’être postiers, mais dont la motivation est de créer. Ils veulent donner du sens à leur vie à travers leur activité professionnelle. Environ un tiers est dans ce cas. Ils deviennent des entrepreneurs engagés, car ils tiennent à contribuer au développement territorial, social, environnemental. 

D’autre part les Français sont altruistes, j’en veux pour preuve les trente millions d’euros perçus au premier semestre de 2017 contre dix-neuf pour toute l’année 2016.

Par ailleurs les banques sont davantage prêtes à prendre des risques mesurés en particulier dans les services à la personne en sortant du financement de l’économie classique. La garantie que nous offrons les y aide.

Enfin de leur côté les entreprises s’engagent aussi à travers leurs fondations. 

De notre côté, nous mobilisons des partenaires publics et privés pour tendre la main et mettre en réseau des entrepreneurs engagés. C’est le financement des conseils qui reste le plus difficile, mais au total nous arrivons à maintenir une croissance de 5 à 10 % l’an.

Mon optimisme est entretenu par le constat que sous les feuilles mortes du passé une génération plus solidaire se lève.

 

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