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Par Carenews PRO - Publié le 5 octobre 2020 - 16:55 - Mise à jour le 5 octobre 2020 - 16:56
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Carol Girod (Résilience) : « Notre projet est la relocalisation inclusive et innovante de la filière textile »

Pour ce second épisode de la saison 4 du podcast Changer la norme, Flavie Deprez reçoit Carol Girod, cofondatrice de Résilience. Ce projet, qui a vu le jour la veille du confinement, a permis la co-conception de 20 millions de masques « made in France » avec des PME du textile, des entreprises d’insertion et des entreprises adaptées.

Carol Girod (Résilience) : « Notre projet c’est la relocalisation inclusive et innovante de la filière textile ».

Le projet Résilience est né de la volonté d’agir de Carol Girod, son compagnon Christophe Lépine, le fondateur de la marque de baskets écoresponsables Veja Sébastien Kopp, le secrétaire général de la holding de Decathlon Pierre Guérin et le Haut-commissaire à l’Inclusion dans l’emploi et à l’Engagement Thibaut Guilluy, à la veille du confinement, le 16 mars 2020. Tous les cinq se lancent alors dans la fabrication de masques « made in France » à destination des entreprises et des associations. 
 
À cette époque, le couple est à la tête d’AgenC, une agence de conseil éthique et responsable pour les marques françaises, qu’ils ont cofondée. Carol Girod s’était reconvertie après avoir travaillé plus de quinze ans dans le marketing et la communication auprès de grandes entreprises internationales.
 
Le projet Résilience, une SAS sous association, voit donc le jour le 23 mars : « En un mois, il a fallu monter l’équivalent d’une multinationale en termes de process ». Durant le confinement l’entreprise a co-conçu des millions de masques. En effet, Résilience se définit comme un groupement de PME du textile, d’entreprises d’insertion et d’entreprises adaptées, engagé pour la relocalisation d’une industrie textile inclusive et durable.

20 millions de masque entièrement fabriqués en France

Lors du lancement de Résilience, les cofondateurs se sont fixés l’objectif de fabriquer deux millions de masques. Ayant rapidement compris que les besoins étaient conséquents, l’ objectif est vite passé à 20 millions de masques. Pour se faire, ils ont créé une chaîne logistique intégrant des entreprises d’insertion et des entreprises adaptées. Au total, 2 000 emplois ont été créés, une centaine d’ateliers sollicités dans toute la France et un atelier a été rouvert à Roubaix. 

Les masques, entièrement conçus en France, sont alors vendus à prix coûtant pour les associations, soit 1,40 euros, et 1,80 euros pour les entreprises. Les ventes servent à financer l’achat du tissu puisque le statut juridique de Résilience implique la réinjection de tous les bénéfices dans l’entreprise.

Une fédération, un atelier de formation et une entreprise de R&D

Dès le mois d’avril, les initiateurs du projet comprennent que Résilience ne s’arrêtera pas avec le confinement. Aujourd’hui, l’entreprise, qui produit d’autres lignes de vêtements, se définit comme une fédération : « On prend les commandes de grandes entreprises, on achète la matière première qu’on envoie aux ateliers, et on finance la confection des produits dans les ateliers. » 

C’est aussi une structure de formation puisque l’atelier de Roubaix forment ses confrères à la conception des nouveaux produits. Enfin, Résilience est investi dans la recherche et le développement pour pouvoir, à terme, proposer des produits plus respectueux de l’environnement. 

Aujourd’hui une soixantaine d’ateliers fabriquent des masques et treize autres se dédient à la conception de tee-shirts, vendus à moins de sept euros aux entreprises. Mais Résilience semble victime de son succès comme le concède Carol Girod : 

Nous avons  trop de demande par rapport à notre capacité de production. On souhaite faire monter en compétences les personnes qui fabriquaient des masques. Et il y a un monde entre fabriquer un masque et fabriquer une chemise !

* Changer la norme est soutenu par la Fondation Entreprendre.
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