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Par Carenews INFO - Publié le 4 février 2026 - 08:30 - Mise à jour le 4 février 2026 - 08:30 - Ecrit par : Camille Dorival
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L'ANTISÈCHE – Au fait, c'est quoi l'insertion par l'activité économique ?

L'insertion par l'activité économique (IAE) rassemble les structures qui œuvrent pour l'insertion sociale et professionnelle de personnes en difficulté sur le marché du travail, en leur proposant un emploi, un accompagnement social et professionnel et un parcours de formation.

Les structures de l'IAE sont devenues des dispositifs importants de la politique de lutte contre le chômage de longue durée. Crédit : Carenews.
Les structures de l'IAE sont devenues des dispositifs importants de la politique de lutte contre le chômage de longue durée. Crédit : Carenews.

 

 

Permettre aux personnes éloignées du marché du travail d'accéder à un emploi temporaire, assorti d'un accompagnement spécifique, pour ensuite pouvoir réintégrer durablement le marché du travail : tel est l'objectif des structures de l'insertion par l'activité économique (IAE). 

Apparue dans les années 1970, alors que se développait le chômage en France, l'IAE est devenue depuis un élément clé des politiques de l'emploi en France, contribuant à lutter contre le chômage de longue durée. 

Concrètement, les structures de l'IAE (ou SIAE) accueillent des personnes en difficultés sociales et professionnelles - demandeurs d'emploi de longue durée, allocataires de minima sociaux, jeunes sans qualification, etc. - qui leur sont adressées par un prescripteur habilité (par exemple France Travail ou une mission locale) ou qu'elles repèrent elles-mêmes.

La personne signe un contrat de travail avec la SIAE pour une durée d'au moins 4 mois, renouvelable jusqu'à 24 mois. Ce qui lui permettra d'apprendre un métier, mais aussi de bénéficier d'un accompagnement social et professionnel renforcé visant à résoudre ses difficultés (par exemple, des problèmes de logement, de santé, de garde d'enfants), ainsi que d'un parcours de formation adapté. 

 

4 500 SIAE, accueillant chaque année environ 180 000 nouveaux salariés 

 

Il existait environ 4 500 SIAE actives en France à la fin 2023, selon les dernières données disponibles de la Dares, le département statistique du ministère du travail. Ces structures signent chaque année 170 000 à 180 000 nouveaux contrats avec des personnes en parcours d'insertion. La rémunération des salariés en parcours d'insertion doit être au moins égale au Smic. 

Les structures de l'IAE signent nécessairement une convention avec l'État. En contrepartie de leur mission sociale, elles perçoivent de l'État une aide pour chaque poste d'insertion qu'elles créent. Le montant de cette aide au poste varie selon le type de SIAE : ainsi, les ateliers et chantiers d'insertion, qui embauchent les publics les plus en difficulté et ont donc besoin de plus de salariés permanents pour encadrer leurs salariés en parcours d'insertion, perçoivent une aide au poste plus élevée que les autres types de SIAE.

Si l'IAE est reconnue pour son rôle essentiel dans le retour à l'emploi des chômeurs de longue durée, le secteur est néanmoins régulièrement confronté à des coupes budgétaires. Ainsi, dans le budget de l'État pour 2026, les aides au poste sont réduites de 70 millions d'euros, après avoir connu une baisse de 50 millions d'euros l'année précédente. Cela représente « près de 3 000 postes en moins », estiment les réseaux de l’IAE dans un communiqué diffusé en janvier 2026, déplorant le maintien « d’une trajectoire d’austérité sur des structures de l’IAE déjà fragilisées ». Dans un contexte de rigueur budgétaire, le financement de la formation des salariés en parcours d'insertion a également été fragilisé ces dernières années. 

 


À lire aussi : Budget 2026 : l’économie sociale et solidaire dresse un bilan en demi-teinte des choix du gouvernement 


 

Les différents types de structures 

 

Les structures de l'IAE sont de cinq types : 

  • Les ateliers et chantiers d'insertion (ACI) : ils représentent à peu près la moitié des SIAE en activité (49 % des SIAE fin 2023). Ils peuvent être créés et portés par une association à but non lucratif, une collectivité territoriale ou un établissement public. Ils recrutent des personnes très éloignées de l'emploi, via des contrats à durée déterminée d'insertion (CDDI), sur des activités diverses. Ils sont particulièrement présents sur des secteurs comme les espaces verts, le maraîchage, les ressourceries, la couture, la restauration ou la menuiserie.
  • Les entreprises d'insertion (EI) : elles forment environ un quart des SIAE (26 % fin 2023). Il s'agit d'entreprises opérant dans le secteur marchand, mais dont la finalité (l'insertion socio-professionnelle des publics en difficulté) est avant tout sociale. Elles peuvent avoir des formes juridiques variées : association, SARL, société anonyme, etc. Elles sont particulièrement présentes sur le secteur du bâtiment, de la valorisation des déchets, des espaces verts, du transport, de la logistique, de la maintenance ou de l'industrie. 
  • Les associations intermédiaires (AI) : elles représentent 14 % des SIAE fin 2023. Elles proposent à des personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières de travailler occasionnellement pour le compte d’utilisateurs (particuliers, associations, collectivités locales, entreprises…), dans le cadre d'un contrat de mise à disposition signé avec ces utilisateurs. Le salarié, lui, signe avec l'AI un CDD d'insertion ou un CDD d'usage. Les AI sont nécessairement des associations à but non lucratif. Elles sont notamment présentes sur les services à la personne (aide à la vie quotidienne, nettoyage, propreté industrielle), l'hôtellerie, la gestion des déchets et l'accueil.
  • Les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI) : elles constituent 10 % des SIAE fin 2023. Il s'agit d'entreprises d’intérim, mais dont l'activité est entièrement centrée sur l’insertion socio-professionnelle des personnes en difficulté. Elles leur proposent un contrat d'intérim, leur permettant d'assurer des missions auprès d’entreprises utilisatrices, associées à un suivi et un accompagnement social et professionnel. Elles assurent notamment des missions dans le BTP, le transport et la logistique. 
  • Les entreprises d’insertion par le travail indépendant (EITI) : il s'agit d'un type de structure pour l'instant expérimental, créé en 2018, qui permet à des personnes de lancer une activité professionnelle indépendante tout en bénéficiant d'un accompagnement à la création de leur micro-entreprise, d'un service de mise en relation avec des clients et d'un accompagnement socio-professionnel. Il existait en 2024 environ 80 EITI en France et dans les départements d'outre-mer, qui accompagnaient environ 1 800 personnes, selon les données de la Fédération des entreprises d'insertion. 

 


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Camille Dorival 

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