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Par Pro Bono Lab - Publié le 17 juillet 2020 - 11:48 - Mise à jour le 17 juillet 2020 - 12:20
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[CAS D'ÉTUDE] La générosité des Bureaux du Cœur

Fin 2019, le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprises de Nantes (CJD Nantes) lance l’association les Bureaux du Cœur. Leur idée : mettre à disposition les locaux de leurs entreprises pour héberger des personnes en précarité. Depuis la création de l’association et pendant le confinement, deux personnes ont trouvé domicile au sein d’entreprises. Un début, mais déjà quantifiable : deux lits d’hébergement d’urgence sur six mois, ce sont environ 10 000 euros de dépense pour la société.

[CAS D'ÉTUDE] La générosité des Bureaux du Cœur

Tout commence lorsque Pierre-Yves Loaëc, fondateur et dirigeant de Nobilito, dîne chez un couple d’amis qui héberge une personne réfugiée. Puis l’idée fait son chemin quand une femme SDF, installée dans un parking à côté de son entreprise, attire l’attention de Pierre-Yves. Pourquoi ne pas mettre les locaux d’entreprises, équipés et chauffés la nuit et les week-ends, à disposition de personnes en précarité ? Lorsqu’il accède à la présidence du CJD en 2018, c’est l’idée qu’il soumet à d’autres membres. S’en suivent 18 mois de réflexion, entre eux mais aussi avec des associations locales telles que Saint Benoît Labre ou Permis de Construire : pas question de lancer un projet qui ne répondrait pas aux besoins déjà existants. C’est fin 2019 que le projet se concrétise avec le lancement de l’association Les Bureaux du Cœur.

L’association n’a initialement aucun lien avec la crise sanitaire liée au Covid-19. Sa mission n’est pas facilement gérable en période de crise : identifier un bénéficiaire, l’installer et l’intégrer dans une entreprise, cela prend du temps et demande de pouvoir se déplacer, se rencontrer. Pourtant, c’est une vraie réponse à des besoins qui n’ont été que plus soulignés ces derniers mois. Les deux personnes hébergées grâce aux Bureaux du Cœur ont eu, pendant la période du confinement, un « chez eux » avec le nécessaire pour vivre. 10 % des entreprises du CJD étant actuellement en capacité d’accueil, ce nombre se rapprochera peutêtre dans les prochains mois des 15 personnes hébergées. Beaucoup plus si d’autres entreprises suivent le mouvement.

Une alternative au mécénat financier

Chiffres clés

- 10 000 euros économisés

- 2 personnes en précarité ont trouvé domicile au sein d’entreprises depuis le confinement

- 10 % des entreprises du Centre des Jeunes Dirigeants impliqués

« Les dirigeants derrière Les Bureaux du Cœur gèrent des entreprises qui sont certes en croissance, mais souvent pas au point de pouvoir se permettre de faire du mécénat financier. Alors on a trouvé un moyen de donner du sens à notre action sans mettre la main au portefeuille », explique Pierre-Yves Loaëc, président du CJD Nantes.

Au final, on se rend compte qu’on peut faire beaucoup avec un aménagement très sommaire de nos espaces de travail.

Son entreprise, Nobilito, accueille depuis décembre Buba, originaire de Gambie. Au-delà de l’hébergement, qui est « la seule vocation des Bureaux du Cœur », l’aventure humaine a pour lui été très forte. « C’est compliqué de ne pas être touché par l’histoire de la personne que l’on héberge. Et puis si le feeling passe, cela peut aller bien au-delà de l’hébergement.» Pierre-Yves est régulièrement en lien avec une association pour permettre à Booba de régulariser sa situation, un de ses collaborateurs lui a refait son CV « pro bono », et deux postes potentiels ont été trouvés « même si cela n’a pas débouché du fait de la situation de Buba », explique le dirigeant de Nobilito.

Le nécessaire pour se lancer

« Le CJD Nantes n’aurait pas pu y aller seul », commence Pierre-Yves, « les locaux de nos entreprises ont du matériel, les collaborateurs y viennent tous les jours : c’est notre outil de travail ». Ils s’appuient sur des associations qui identifient des personnes en grande précarité, mais « proches de la réinsertion » - sans problèmes d’hygiène avancés, d’addiction ou psychiatriques.

Points forts de l’initiative

- Réactivité du CJD Nantes pour répondre à un besoin urgent en faisant appel aux entreprises

- Accompagnement des personnes hébergées pour les aider dans certaines tâches administratives

- Coopération efficace entre les entreprises et l’association

Le nécessaire pour héberger une personne ? Une armoire qui ferme à clé, un vrai lit, un vrai coin-cuisine et un point d’eau. La douche n’est pas forcément nécessaire, « car les foyers de jour en ont très souvent » explique Pierre-Yves. Il est important aussi de pouvoir fermer l’espace d’hébergement des autres espaces de l’entreprise. Chaque soir, Booba a donc à sa disposition l’équivalent d’un T1, avec une chambre (salle de repos pour les collaborateurs la journée), un salon avec télé (salle de réunion), une kitchenette et une salle de bain.

Il est bien sûr nécessaire de contracter des assurances au préalable, de bien impliquer et informer ses équipes et de faire les aménagements nécessaires, mais rien d’insurmontable selon Pierre-Yves.

Comment faire en pratique ?
  • Vous pouvez contacter les Bureaux du Cœur sur leur site (bureauxducoeur.org). Ils proposent de rencontrer tout dirigeant intéressé pour lui expliquer ce qui l’attend, les risques et comment s’assurer, analyser avec lui comment aménager ses locaux, comment préparer ses équipes...
  • Ne vous lancez pas seul : rapprochez-vous d’associations locales.
  • Il vous faudra avoir au minimum : une armoire qui ferme à clé, un lit, un vrai coin de cuisine et un point d’eau.
  • Si vous emménagez dans de nouveaux locaux et/ou faites construire, c’est le moment idéal pour penser à ces aménagements.

 


/// Lire les 7 autres retours d'expériences, des retours recueillis par Wenabi, Carenews, microDON, Pro Bono Lab


Cet article est extrait du livret « Entreprises engagées contre le Covid-19 : Retours d'expériences sur des initiatives solidaires nées pendant la crise ».

 

 

Les initiatives solidaires nées pendant la crise liée au Covid-19

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