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Par Carenews INFO - Publié le 5 octobre 2020 - 08:00 - Mise à jour le 5 octobre 2020 - 08:00
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Coiffeurs Justes : des cheveux coupés pour lutter contre les marées noires

Comme chaque lundi, Carenews vous présente une initiative inspirante pour bien commencer la semaine. Aujourd’hui, découvrez Coiffeurs Justes, une association fondée en 2015 par Thierry Gras dans l’optique de réutiliser les cheveux coupés pour absorber les hydrocarbures lors des marées noires.

Crédit photo : Thamyrissalgueiro.

 

Après le naufrage du vraquier japonais Wakashio au large de l’Île Maurice en août dernier, de nombreuses ONG ont essayé d’endiguer la marée noire avec des « boudins » de cheveux. Pourquoi ? Le cheveu possède de nombreuses propriétés naturelles et est, entre autres, lipophile. Il absorbe le gras et notamment les hydrocarbures. 

La matière capillaire, considérée comme un déchet par de nombreux professionnels de la coiffure, est finalement une matière première valorisable. S’étant rendu compte de ses propriétés dépolluantes, Thierry Gras, coiffeur professionnel originaire du Var, a créé en 2015 Coiffeurs Justes, une association qui récupère les cheveux coupés pour en faire des boudins antipollution qui filtrent les hydrocarbures.

Des filtres antipollution naturels

Transformé en boudin, un kilogramme de cheveux peut absorber jusqu’à huit litres d’hydrocarbures. Pour ce faire, les cheveux sont mis dans des bas de contention donnés par des centres hospitaliers. Les boudins sont ensuite assemblés par trois dans des « sacs à sapin » avec, à chaque extrémité, des bouées pour qu’ils puissent flotter. La conception de ces filtres antipollution naturels est réalisée dans un centre d’insertion par l’activité économique (IAE). Comme les cheveux, ces filtres sont lavables, précise le coiffeur varois à Sciences et Avenir :

Il n’est pas nécessaire de le jeter une fois qu’il est plein d’hydrocarbures, le filtre est lavable et on peut le réutiliser 6 à 10 fois ! 

3 500 salons de coiffure adhérents

Cinq ans après le lancement du projet, l’association compte plus de 3 500 salons de coiffure adhérents en France. « Il faut savoir qu’un coiffeur produit 500 litres de cheveux par an (...). Les cheveux représentent 50 % de la poubelle d’un coiffeur. Et l’objectif est qu’il n’y ait plus un seul cheveu jeté en France, en Europe et sur la planète », déclare Thierry Gras à l’ID. Avec plus de 40 tonnes de cheveux reçues chaque année, l’association stocke la matière capillaire dans un entrepôt en attendant qu’une production à plus grande échelle ne s’engage.

Une adhésion de 25 euros est requise pour les coiffeurs qui souhaitent donner les cheveux coupés de leurs clients. Des sacs, pouvant contenir l’équivalent de 220 coupes, leurs sont ensuite vendus à un prix unitaire de un euro. Fabriqués à partir de bois français, et utilisant de la colle de maïs et de l’encre alimentaire, ces sacs sont entièrement biodégradables. La boucle est bouclée ! 

Une méthode inspirée des bretons

Les boudins antipollution, que l’association compte vendre aux collectivités locales et aux ports, sont en phase de test dans le port de Cavalaire-sur-Mer dans le Var. Pourtant, cette technique a déjà fait ses preuves, puisque les bretons se sont servis de cette solution lors de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978. Les américains ont également utilisé des cheveux pour dépolluer l’océan après l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater au large de la Nouvelle-Orléans en 2010. Preuve que les solutions existent déjà, comme le rappelle Thierry Gras à France 3

C’est une matière qui était très utilisée et qui a été remplacée par le plastique. Et, comme on essaie de se dégager du plastique, on revient à des fibres naturelles très solides.

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