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Par Carenews INFO - Publié le 30 octobre 2019 - 13:00 - Mise à jour le 8 novembre 2019 - 10:36
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Movember : “Peu importe votre moustache, elle sauve des vies”

Movember revient pour la dixième année consécutive afin de mobiliser le grand public sur la santé physique et mentale des hommes. Et encourage à se faire pousser la moustache, mais également à se bouger et organiser des événements pour la bonne cause en novembre. Emmanuelle Graciet, responsable France, nous a raconté la genèse de Movember et son succès dans l’hexagone. 

Movember : “Peu importe votre moustache, elle sauve des vies”

 

Se faire sponsoriser par son entourage pour se laisser pousser la moustache en novembre, voilà une initiative qui a fait mouche dès son lancement, il y a plus de dix ans. Cette façon originale de récolter des fonds contre les cancer de la prostate et du testicule et pour la prévention du suicide chez les hommes a été lancée en Australie, avant de se développer en Europe. 

 

Emmanuelle Graciet coordonne sa déclinaison française depuis les locaux qu’occupe la fondation Movember à Londres. Et elle est bien occupée, puisque la France est le pays européen récoltant le plus de fonds pour la santé mentale et physique des hommes après l’Allemagne et le Royaume-Uni — un cas à part, puisque proche du modèle australien, nous explique Emmanuelle Graciet. La responsable Movember France, Espagne, Belgique, Danemark et Norvège a répondu à nos questions sur ce mois de mobilisation.  

 

D’où vient Movember ? 

L’histoire commence en Australie, en 2003. Deux des fondateurs discutaient des tendances oubliées des années 70 dans un pub. Ils voulaient en ramener une à la mode, et entre le macramé et la moustache, leur choix s’est finalement porté sur la dernière. Pour s’amuser, ils ont convaincu 30 amis de se faire sponsoriser pour se laisser pousser la moustache tout le mois de novembre. Un succès ! Ils ont donc voulu accomplir une bonne action avec la somme récoltée, et se sont rendu compte qu’il n’y avait pas grand chose de fait pour la santé masculine. Ils ont reversé l’argent à la plus grande association australienne de lutte contre le cancer de la prostate, et réitéré l’opération, qui a pris de plus en plus d’ampleur. 

En 2006, ils ont finalement créé leur propre association de lutte contre le cancer de la prostate, aussi prévalent chez les hommes que le cancer du sein chez les femmes, mais bien moins médiatisé. Ils ont ensuite étendu leurs actions au cancer du testicule, puis à la santé mentale et la prévention du suicide afin d’œuvrer pour la santé des hommes. Movember est désormais suivi dans 20 pays dans le monde.

 

Comment s’articule l’opération en France ?

Si c’est la 10e année que Movember se fait en France, l’opération n’est vraiment suivie que depuis sept, huit ans. Et elle ne se résume plus uniquement à se laisser pousser la moustache : après quelques participations, les hommes et leurs sponsors peuvent en avoir marre, et le principe exclut les femmes. Il y a quelques années, nous avons donc lancé Move en Movember. Le principe est simple : les coureurs·euses sont invité·es à se faire sponsoriser pour parcourir au moins 60 kilomètres en marchant ou en courant. Une distance pour rappeler que toutes les heures, un homme se suicide dans le monde. Au fur et à mesure des années, nous avons élargi l’initiative à tous les types d’activité physique et encourageons les volontaires à organiser leurs propres tournois ou courses solidaires. Nous avons aussi lancé le Mo-ment, pour encourager l’organisation d’événements, que ce soit un barbecue ou un concours de air guitar. Tout le monde peut récolter des fonds pour Movember grâce au Move et au Mo-ment, ce sont des vecteurs de mobilisation qui fonctionnent très bien en France où les hommes sont plus réticents à se laisser pousser la moustache. Des événements sont également prévus cette année : l’artiste Olivier va notamment installer des œuvres dans Paris, et le champion de boxe thaï Cyril Benzaquen animera un bootcamp. 

En France, nous comptabilisons environ 7 000 participant·e·s chaque année. En 2018, ils ont permis de récolter environ 430 000 euros. Nous bénéficions notamment de la mobilisation de nombreuses communautés qui nous soutiennent à travers la France. Notre équipe la plus importante se trouve à Nantes : ils s’appellent les Tontons Moustachus et organisent chaque année des événements formidables. Nos partenaires nous aident aussi beaucoup. Jules, notre partenaire français, et ses employés nous soutiennent grâce à l’arrondi proposé à leurs clients, et L’Oréal nous appuie depuis trois ans en Europe : pour chaque huile à barbe de leur gamme Men Expert achetée, un euro nous est reversé. Au total, l’entreprise nous a donné 1,5 million. 

 

Où vont les fonds récoltés ?

Nous avons atteint la barre du milliard de dollars australiens collecté, et nous avons financé plus de 1250 projets de recherche biomédicale autour des cancers de la prostate et du testicule, ainsi que des projets communautaires pour la prévention du suicide chez les hommes et leur santé mentale. Nous soutenons des projets pré-existants ou en créons via notre fondation. Nous avons par exemple lancé dans plusieurs pays anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie…) True North (TrueNTH), une plateforme en ligne destinée aux hommes atteints d’un cancer de la prostate ou en rémission pour les accompagner dans la maladie. Ils peuvent voir si leurs symptômes sont communs, partager leurs témoignages avec les autres utilisateurs et être guidés par des professionnels de la santé. 

 

Quel avenir pour Movember ?

Les années précédentes, nous nous étions un peu éloignés de la moustache pour laisser de la place à Move pour Movember et au Mo-ment. Pour cette édition 2019, elle fait son retour avec un message un peu différent : peu importe la moustache que vous faites pousser, cela sauve des vies. En effet, beaucoup d’hommes n’osaient pas se faire pousser la moustache par peur du ridicule, n’ayant pas la pilosité de Magnum. 

Plus largement, notre objectif est de provoquer une véritable prise de conscience autour de la santé des hommes. Dans le monde, ils meurent généralement six ans plus tôt que les femmes, non pour des raisons physiologiques, mais parce qu’ils ne prennent pas soin d’eux. Si on apprend aux garçons à prendre soin d’eux et à parler quand ils ne vont pas bien, cela rallongera leur espérance de vie. En Europe, les trois quarts des personnes qui se suicident sont des hommes. Il est donc primordial qu’ils communiquent sur leurs problèmes, mais aussi qu’ils apprennent à être attentifs s’ils remarquent que le comportement d’un homme dans leur entourage a changé. Il y encore beaucoup de travail à accomplir en ce sens, donc nous allons continuer de nous concentrer sur ces causes.

Propos recueillis par Mélissa Perraudeau 

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