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Par Carenews PRO - Publié le 18 juin 2020 - 09:00 - Mise à jour le 27 juillet 2020 - 11:42
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Fonds d’urgence pour les structures de réemploi solidaire, générosité de Jack Dorsey… La revue de presse du 18 juin

Que fallait-il retenir de l'actualité de l'engagement cette semaine ? Voici les articles que la rédaction de Carenews a sélectionnés pour vous.

Crédit photo : artisteer.

Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter et 410e personne la plus riche du monde, a annoncé en avril dernier vouloir donner 1 milliard de dollars pour participer à la lutte contre le coronavirus. Cette somme, qui représente près d’un tiers de sa fortune, est également le plus gros don à ce jour contre la pandémie. Selon Theodore Schleifer, journaliste pour Recode de Vox, il s’agit d’une approche totalement différente de ce qui se fait d’habitude dans la philanthropie, à savoir « gagner de l’argent maintenant, décider des dons plus tard ». En dehors de la crise sanitaire, Jack Dorsey ferait également preuve de modernité dans le choix des organisations soutenues, ainsi que d’une transparence radicale (l’ensemble de ses dons pouvant être consultés sur un tableur Google public).

Dorsey dément l'affirmation des milliardaires selon laquelle ils ont besoin d'énormes équipes, de décennies d'études approfondies, d'une intimité totale et, surtout, de notre patience, avant de pouvoir distribuer intelligemment leur fortune.

Le fonds d’urgence de 10 millions d’euros pour les structures de réemploi solidaire (recycleries, ressourceries et structures Emmaüs), proposé par l’Agence de la transition écologique (ADEME), ne verra pas le jour. L’idée a été rejetée par le ministère de l’Économie et des Finances lors d’un récent conseil d’administration. Une catastrophe pour ces structures de l’économie sociale et solidaire, qui « ont perdu plus de 50 millions d’euros durant les deux mois de confinement ».

On demandera au gouvernement de s’expliquer sur la non-attribution de ce budget, la question sera remise à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration de l’ADEME. (Joël Bigot, sénateur de Maine-et-Loire)

Neutralité carbone, crédit carbone, bilan carbone négatif, zero carbon… Terry Nguyen, journaliste chez Vox, décortique pour nous ce « jargon vert » parfois déroutant, de plus en plus repris par les entreprises mais aussi par les collectivités et les États. Les nombreuses accusations de greenwashing conduisent désormais ces entités à davantage de transparence dans la mise en place de leurs programmes environnementaux, et notamment à faire appel à des organisations de conseil en réduction des émissions carbone telles que Science-Based Target, Natural Capital Partners ou Climate Neutral. L’article nous enjoint toutefois à rester vigilant·e et à ne pas se laisser berner par la communication des entreprises, qui n’ont parfois d'eco-friendly que l’apparence.

Ces entreprises compensent-elles seulement leurs émissions ou se fixent-elles des objectifs pour réduire globalement leur utilisation de carbone ? Si une entreprise s'est engagée à atteindre un objectif carbone spécifique à une certaine date, quel ensemble de certifications respecte-t-elle et qui l'aide à atteindre cet objectif ?

Abandonner l’usage de la voiture, acheter bio et en vrac, se mettre aux couches lavables... Autant de pratiques individuelles écoresponsables, qui tendent à « redéfinir la légitimité des modes de vies ». Mais celles-ci ne sont pas à la portée de tout le monde. L’appel à la responsabilité et à la vertu éco-citoyennes s’accompagne alors d’une culpabilisation de celles et ceux qui, en raison de « contraintes matérielles et symboliques », ne peuvent pas autant se soumettre aux injonctions environnementales que les colibris mieux nantis. L’apport de cet entretien avec le sociologue Matthieu Grossetête est de souligner que la conversion écologique des modes de vie n’est pas qu’une question d’argent (de capital économique), mais aussi et surtout de capital culturel et de souci de distinction symbolique. Celui qui a mené une étude auprès d'une cinquantaine de ménages met ainsi l’accent sur le rôle des « savoirs, valeurs et normes dont disposent les individus du fait de leurs origines, positions et trajectoires sociales » dans l’adoption des pratiques écologiques. Si les classes populaires, du fait de leur frugalité non choisie, participent moins au désastre environnemental que les classes aisées, leur « écologisme domestique » reste néanmoins « invisible et peu distinctif socialement ».

Les catégories aisées sont, en dépit des tentatives d’accroître l’acceptabilité environnementale de leurs modes de vie, à la fois celles qui génèrent le plus d’impacts négatifs sur l’environnement et celles qui en subissent le moins. Dans ces milieux délivrés des soucis financiers, il s’agit de maintenir le niveau de confort sans accroître la pollution mais aussi de marquer son rang dans l’espace social.

La responsabilité de l’industrie de l’élevage dans l’émergence des zoonoses, ces maladies transmises des animaux aux humain·e·s dont fait partie le Covid-19, n’est plus à démontrer. Mais face à l’inertie du secteur, le « groupe réunissant des investisseurs responsables » Fairr a de nouveau tiré la sonnette d’alarme en sortant le rapport An Industry Infected: Animal agriculture in a post-COVID world. Pour le fondateur du groupe, Jeremy Coller, « l'industrie de la viande doit s'attaquer au laxisme des normes de sécurité tant pour les aliments que pour les travailleurs, aux animaux confinés et à la surutilisation des antibiotiques ».

Les mauvaises performances du secteur sur un ensemble de sept critères qui sont essentiels pour prévenir de futures pandémies zoonotiques - notamment la sécurité des travailleurs, la sécurité alimentaire, la déforestation et la gestion de la biodiversité, le bien-être des animaux et la gestion des antibiotiques - démontrent que la production animale intensive risque sérieusement de créer et propager une future pandémie. (Fairr)

Les démonstrations publiques de soutien, de la part des entreprises, envers des causes sociales d’actualité font régulièrement l’objet de critiques. Elles apparaissent en effet pour certain·e·s comme « un moyen opportuniste d'améliorer son image à peu de frais ». Cet article de korii., qui reprend des informations parues dans Wired, donne l’exemple de Yorkshire Tea, entreprise de thé qui s’est trouvée contrainte de se positionner en faveur du mouvement #BlackLivesMatter après qu’une activiste d’extrême droite l'a félicitée... pour son absence de prise de position. Un décalage d’autant plus décrié qu’en 2015, la BBC publiait une enquête sur les conditions de production du thé vendu par l’entreprise.

Certaines personnes n'ont pas manqué de pointer du doigt l'ironie d'un tel soutien. Ces entreprises sont historiquement fondées sur le colonialisme et l'esclavage, conservent des pratiques douteuses sur le plan éthique, mais prônent désormais la fin des inégalités.

Les bienfaits de la gratitude font l’objet d’un corpus scientifique désormais bien établi. Cette démarche toute simple, consistant à s'exercer quotidiennement à cultiver la reconnaissance et à porter son attention sur les événements positifs vécus, entraîne une réduction significative de la production de cortisol, l'hormone du stress, ainsi qu’une augmentation de la production d'ocytocine, l'hormone du bien-être. Stefano Lupieri nous rappelle que la gratitude est à pratiquer de façon régulière pour en observer les effets, ce qui ne demande pas pour autant de verser dans un optimisme béat et naïf.

L'apprenti en gratitude peut compter sur une série d'exercices simples à mettre en oeuvre. Le plus répandu consiste à se recentrer sur les belles choses vécues dans la journée. L'idéal étant d'en écrire au moins trois dans un journal, de préférence le soir avant d'aller se coucher. Plus on s'y adonne, plus on rééduque son attention trop spontanément tournée vers la négativité.

Axelle Playoust-Braure

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