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Par Impact Track - Publié le 23 novembre 2023 - 11:01 - Mise à jour le 23 novembre 2023 - 11:01
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Vivre aux éclats : cas d’étude d’une mesure d’impact au service de la communication d’une association

La mesure d’impact est souvent vue au pire comme un reporting aux partenaires, au mieux comme un outil de pilotage. Mais la mesure d’impact peut aussi s’avérer être « un outil précieux » pour valoriser son projet et ses activités, comme en témoigne Élodie Espy, chargée de communication de l’association Vivre aux éclats.

Vivre aux éclats : cas d’étude d’une mesure d’impact au service de la communication d’une association - Crédit photo : Impact Track
Vivre aux éclats : cas d’étude d’une mesure d’impact au service de la communication d’une association - Crédit photo : Impact Track
  • Pouvez-vous nous présenter le projet qui a fait l’objet de la mesure d’impact ?

 

Le projet s’appelle Charivari fantaisie. C’est un programme qui met en lien les artistes clown de Vivre aux éclats et des adultes présentant un handicap moteur ou mental, le plus souvent un polyhandicap. C’est un projet né en 2018 qui vise à améliorer l’accueil et l’accompagnement des adultes porteurs de handicap dans le cadre de foyers d’accueil médicalisés du groupe Odynéo en agissant sur leur environnement global et en prenant en compte les résidents et les professionnels. Ce projet comprend trois volets : les clowns et les résidents, les clowns et les professionnels, et l’ouverture artistique et culturelle. Deux fois par mois, un duo de clowns débarque avec fracas pour se mêler, deux heures durant, à la vie de l’établissement ! Le duo de clowns et les difficultés qu’il rencontre interpellent les résidents comme par effet miroir et renvoie aux propres limites de chacun. La musique, le chant, la magie, la danse, le jeu physique et la poésie sont des chemins pour créer la relation et développer la connivence. Nos objectifs sont de proposer des espaces d’expression et de créativité pour les résidents et professionnels par le biais de l’art clownesque, de renforcer le lien social, de valoriser les compétences et capacités de chacun et de sensibiliser le grand public au handicap.

 

  • Quel a été le déclic pour vous lancer dans une démarche de mesure d’impact social ?

 

Nous avions depuis quelque temps l’envie de faire une étude d’impact, mais nous n’avions pas de financement ni de budget pour le faire. Nous étions plutôt novices mais savions qu’il existait différentes méthodologies. Puis, nous avons reçu une proposition de financements de la part d’Apicil qui est un partenaire historique de Vivre aux éclats. Ils ont financé ainsi notre mesure d’impact.

 

  • Comment vous êtes-vous organisés autour de ce projet ?

 

Une équipe a été formée, composée de la directrice de l’association Natacha Debonnaire, la directrice adjointe Marie-Laure Gerland ainsi que deux comédiens clowns qui ont été missionnés pour faire partie du projet. Il y avait également une personne de chez Apicil qui faisait partie de ce groupe de travail. Nous avons recruté une stagiaire en master de psychologie, Anissa, pour s’occuper du traitement des données, de la transmission des questionnaires auprès des résidents. J’ai rejoint l’équipe en tant que chargée de communication en cours de projet, et je me suis occupée de l’analyse des résultats, de la réalisation de la page d’impact et de sa diffusion.

 

  • Quels enseignements tirez-vous de vos premiers résultats de mesure d’impact ? 

 

Les principaux résultats positifs que nous avons notés sont l’amélioration du bien-être des résidents et des professionnels, et le renforcement du lien entre résidents, et entre résidents et professionnels. Mais ce qui nous a le plus marqué c’est de voir à quel point les professionnels étaient impactés, presque autant que les résidents eux-mêmes. Nos interventions avaient une grande importance pour les professionnels, et pas seulement les soignants. Cela nous a confirmé l’importance de prendre en compte le bien-être des professionnels. Nous organisons déjà régulièrement des journées appelées « Tsoin-Soin » où les comédiens viennent dans les établissements pour s’occuper des soignants autour de différents ateliers (relaxation, dessins sur galets, massage …). Cela nous à conforter dans l’idée de mettre en place d’avantage d’initiatives de ce type et en tout cas de systématiser les journées « Tsoin-Soin » à tous nos établissements.

Globalement, nous avons vu que nos interventions avaient un impact sur l’ensemble de l’établissement. 

 

  • Quels sont vos objectifs pour la suite de cette mesure d’impact ?

 

Nous souhaitons systématiser les études d’impact pour avoir une vision à 360 de nos activités et cela dans plus d’établissements. Notre objectif pour la suite est de continuer à garder de bons résultats, cette qualité dans le travail tout en développant l’association sur notre territoire, la région lyonnaise. Nous voudrions étudier notre impact auprès d’autres publics que nous accompagnons. Car nous intervenons aussi en pédiatrie, en EPHAD, auprès d’enfants lourdement handicapés et nous aimerions mesurer notre impact dans ces différents lieux pour pouvoir comparer les résultats. Cette étude d’impact concernait 4 établissements sur les 17 dans lesquels nous intervenons.

 

  • En synthèse, qu'est-ce que vous a apporté la mesure d'impact ?

 

Cela nous a permis de découvrir une méthodologie mais également de renforcer notre partenariat avec Apicil et Odynéo. Cela nous a apporté aussi un outil de communication précieux dans le cas de la communication auprès des partenaires ou de la prospection de nouveaux partenaires. Maintenant, nous avons facilement tendance à envoyer le lien vers notre page d’impact dans nos mails à nos partenaires. C’était très intuitif de la construire et parlant grâce aux graphiques. Nous nous sommes également beaucoup servis de ces résultats pour communiquer sur les réseaux sociaux.

 

  • Comment avez-vous communiqué ?

 

Nous avons publié un post par jour avec un résultat clé de l’étude et une photo représentative du résultat. Nous avions ainsi choisi dix résultats clés à mettre en avant. Au préalable, j’avais réalisé un premier post qui expliquait la démarche. Et nous avons aussi créé un document pdf que nous partageons, en plus de notre page d’impact, à nos partenaires.

 

  • Quels sont les prochains défis de l’association ?

 

On cherche à se développer et à intervenir auprès d’un public un peu plus large, tout en restant dans le domaine du soin. Nous avons beaucoup de sollicitations, mais pour le moment il ne nous est pas possible d’intervenir davantage. C’est pourquoi nous allons recruter prochainement de nouveaux clowns pour agrandir notre « famille » et passer de 16 à 20 clowns salariés intermittents en 2024. Dans le projet associatif que nous sommes en train de construire, il a été décidé de maintenir notre développement à la région lyonnaise, pour des questions d’écologie et de qualité de vie au travail.

Nous mettons beaucoup de choses en place pour garantir la qualité de notre travail en lien avec les professionnels soignants. Dans chaque établissement, les comédiens participent aux relèves avec les équipes sur place. Des rendez-vous sont régulièrement organisés avec les référents des établissements.

En interne, nous organisons des temps de résidence pour nos clowns et notre directeur artistique Johan Lescop. Une fois par mois, les comédiens ont un temps d’échange collectif avec une psychologue pour l’analyse de la pratique. 

 

  • Avez-vous un conseil, un mot inspirant pour les porteurs de projet qui hésitent à se lancer dans une démarche de mesure d’impact ?

 

Cela permet d’apporter un autre regard sur son travail, de confronter ses intuitions et de mettre en lumière certains éléments. On se doutait que nos résultats seraient positifs, que nous avions une bonne qualité de travail. Mais nous avons quand même été surpris de voir quels points étaient positifs, lesquels moins. La mesure d’impact, c'est aussi un bon outil de communication par la suite. 

Un conseil ? Il ne faut pas craindre de se lancer. Pour nous, tout a été très facile à mettre en place. La plateforme est intuitive. Nous y avons consacré du temps bien sûr mais la démarche était fluide et nous avons été bien accompagnés. 

 

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