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Par Ipama - Publié le 14 janvier 2026 - 08:25 - Mise à jour le 14 janvier 2026 - 08:25
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Management sous haute pression : ce que le sport pro enseigne aux dirigeants

Dans le sport professionnel, la pression du résultat est immédiate. Mais pour gagner sur la durée, les clubs doivent relever un défi de taille : prendre soin de leur capital humain. Comment transformer le bien-être et la santé mentale en leviers de performance ? Retour sur les solutions concrètes partagées par des experts du secteur.

 

La santé des équipes n'est pas une simple métaphore dans le sport : elle conditionne directement la victoire sur le terrain et la réussite économique du club.

Pourtant, concilier l'exigence du haut niveau avec le bien-être des collaborateurs reste une équation complexe. Xavier Parenteau (Ipama) a analysé ce sujet avec Nicolas Subileau (Groupe Pluricité), Cathy Bancarel (FC Nantes) et Thierry Parienty (Boxers de Bordeaux) lors d’une table ronde au salon Préventica, en octobre dernier.

Voici les 3 enseignements majeurs pour bâtir un collectif durable.

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Table-ronde  « Comment concilier performances et qualité de vie au travail dans l’univers du sport professionnel ? » animée par Xavier Parenteau lors du salon Préventica, le 15 octobre 2025 à Bordeaux.

Un club, plusieurs familles de ressources humaines

La principale difficulté RH d'un club ? Faire cohabiter trois populations qui ne vivent pas dans la même temporalité:

  • Les sportifs et les sportives  : Souvent de passage, ils vivent une pression médiatique intense
  • Le staff technique : Entraîneurs, soignants, kinésithérapeutes, médecins du sport, psychologues, nutritionnistes (...) sont rythmés par la saison sportive
  • Les personnels administratifs et les fonctions support : Ils s'inscrivent dans la durée et assurent la stabilité de la structure

 

Chaque famille nécessite un traitement spécifique, car les enjeux ne sont pas identiques de l’une à l’autre et dépendent forcément des missions exercées (sportives, administratives, encadrement…).  Certains ne seront que de passage pendant un laps de temps plus ou moins long, d’autres s’inscriront plutôt dans la durée pour une partie ou parfois l’intégralité de leur carrière.

Que l’on soit espoir du centre de formation, professionnel aguerri amené à évoluer dans l’équipe professionnelle, stagiaire ou employé au sein des départements administratif, l’accent ne sera pas mis sur les mêmes aspects.

L'enjeu est de fédérer ces profils très différents autour d'une culture d'entreprise unique, au-delà des statuts.

La santé mentale, un investissement stratégique

Selon le sport, la pression ne pèse pas au même endroit. Dans le football, où les droits TV sont vitaux, les joueurs sont une élite sur-sollicitée. Une relégation sportive peut avoir des conséquences sociales dramatiques pour les employés administratifs, comme entraîner une baisse drastique des revenus et des effectifs.

Face à cela, la protection mentale devient stratégique :

  • Protéger les jeunes : Recrutés parfois dès 15 ans, les talents doivent être blindés contre la surexposition

 

Le club a donc la responsabilité d’assurer leur scolarisation en parallèle de leur formation sportive. Considérant les enjeux financiers massifs en jeu, pour les individus et leurs carrières mais également à l’échelle des clubs, la pression qui pèse sur les épaules des sportifs, jeunes et moins jeunes, est énorme. Elle doit par conséquent être prise en compte grâce à des accompagnements spécifiques, collectifs ou individuels.

  • Former : Le média training ou la préparation mentale ne sont plus des options, mais des indispensables

 

Les clubs doivent donc veiller à les protéger au maximum et à les préserver de surexpositions médiatiques qui pourraient nuire à leur santé mentale. Différents dispositifs (média training, aide à la prise de parole en public) ou accompagnements (psychologiques, préparation mentale, coaching) permettent d’encadrer la progression de ces jeunes talents.

Pour les sports moins dépendants des droits TV, la stratégie diffère : on investit davantage sur la structuration du club et les infrastructures pour pérenniser le projet, indépendamment du résultat du week-end.

Quel modèle en 2050 pour concilier santé et durabilité ?

À quoi ressemblera le club performant de 2050 ? Si l’IA a été mentionnée comme un outil technique potentiel pour mieux prévenir les blessures ou cibler plus précisément les pics de performance, l’importance centrale des relations humaines a fait l’unanimité.

Au cœur des organisations, des femmes et des hommes, souvent passionnés, qu’il faut réussir à fédérer et à fidéliser sur la durée. Parmi les pistes évoquées pour répondre à ce défi figurent notamment l’importance d’avoir un projet :

  • ancré territorialement et identifié localement ;
  • qui est à l’écoute de ses parties prenantes, de son territoire et de leurs besoins ;
  • qui contribue à son échelle à apporter des réponses et s’investit au service de la Cité. L’espoir a été formulé qu’en 2050, le sport pratiqué par les femmes soit plus important et présent qu’il ne l’est aujourd’hui, à la fois en termes de pratique, de couverture médiatique et de modèle économique.

 

Pour aller plus loin :
Replay : Retrouvez l'intégralité des échanges de la table ronde « Comment concilier performances et qualité de vie au travail dans l’univers du sport professionnel ? » animée par Xavier Parenteau lors du salon Préventica.

Article rédigé par Franck d’Agostini, directeur de projet chez Ipama

 

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