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Par Carenews INFO - Publié le 8 juin 2026 - 18:37 - Mise à jour le 8 juin 2026 - 18:40 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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À l’approche du G7, les ONG appellent à mieux prendre en compte les pays du Sud

En amont de la réunion des pays du G7 à Evian, le Civil Society 7 (C7) a rassemblé ONG et représentants de la société civile au siège de l’Agence française de développement à Paris le 5 juin. Lors de cet évènement organisé par Coordination Sud, les intervenants ont déploré un manque d’engagement des pays du Nord sur le plan de la solidarité internationale.

Le C7 vise à faire participer les acteurs de la société civile en prévision des discussions du G7. Crédit : Carenews
Le C7 vise à faire participer les acteurs de la société civile en prévision des discussions du G7. Crédit : Carenews

 

Le Civil Society 7 (C7) s’est tenu vendredi 5 juin à Paris, au siège de l’Agence française de développement. Ce sommet, dont l’objet est de faire participer les acteurs de la société civile en prévision des discussions du G7 du 14 au 17 juin prochain à Évian, était organisée cette année par le rassemblement d’associations de solidarité internationale Coordination Sud.  

Tout au long de la journée, les représentants d’ONG de différents pays ont pris la parole sur divers sujets : inégalités mondiales, financement du développement, droits des femmes, protection de l’environnement... Dans un contexte marqué par un recul du multilatéralisme et des coupes budgétaires importantes pour la solidarité internationale, les acteurs présents ont exprimé leurs inquiétudes ainsi qu’une certaine désillusion. 

 


Lire également : L’aide publique au développement a baissé de 23 % en 2025, indique l’OCDE 

  

L’appel aux pays riches à « prendre leurs responsabilités » 

  

« Nous n’attendons pas beaucoup du G7 », résume ainsi Yolaine Guérif, vice-présidente de Coordination Sud, lors d’une table ronde de clôture présentant les recommandations du C7. Au cœur des griefs des organisations, la volonté de la France de préserver le dialogue avec les États-Unis malgré l’absence de certains sujets imposée par ces derniers. 

« La France a fait le choix de faire l’autruche sur certaines questions et de préférer la solidarité vis-à-vis des pays du G7, notamment des États-Unis », dénonce Robin Guittard. Le directeur adjoint du plaidoyer au sein du CCFD-Terre Solidaire met notamment en avant le surendettement de nombreux pays du Sud, accentué selon lui par des déséquilibres économiques et une concentration des richesses à l’échelle mondiale.  

Dans ce contexte, Robin Guittard appelle la France et le G7 à « enlever le fardeau de la dette » qui pèsent sur les pays du Sud et à soutenir le processus de convention-cadre sur la fiscalité internationale, portée dans le cadre de l’ONU, « y compris s’il faut se dissocier des États-Unis ».  

« Nous avons peu d’attentes mais il y a de l’espoir. Nous attendons que les pays riches prennent leurs responsabilités et aident les pays du Sud à respirer », argumente-t-il. Les prochaines sessions de négociations de cette convention auront lieu en août à New York puis à Nairobi en novembre. 

 

Il est possible de penser à une taxation différente de la richesse, à une égalité des genres, à la fin du génocide et des occupations. Ce sont même des décisions politiques urgentes »

Anabella Rosemberg

  

Paix et climat : l’attente de « décisions politiques urgentes » 

  

« Le G7 a toujours été critiqué mais nos combats se portent dans tous les espaces », considère également Laura Audouard, responsable plaidoyer genre et droits de l’enfant pour Plan international France et représentante du Women 7, une coalition d’organisations de la société civile portant un plaidoyer féministe dans le cadre du G7.  

Si elle déplore que « la présidence française ne reconnaisse pas les conséquences du backlash sur les droits comme un élément de déstabilisation », Laura Audouard pointe la perspective du Forum de Paris sur la paix qui portera les 10 et 11 novembre 2026 sur les enjeux de gouvernance mondiale et de multilatéralisme.  

« Il n’y aura pas de paix sans multilatéralisme », affirme de son côté Anabella Rosemberg, analyste « transition juste » au sein du réseau mondial d’ONG environnementales Climate Action Network. Critiquant l’absence du mot « climat » dans la déclaration commune des ministres de l’environnement des pays du G7, l’ancienne directrice du programme de Greenpeace international dénonce la confiscation « d’un droit à rêver pour tous les peuples ». 

« Il est possible de penser à une taxation différente de la richesse, à une égalité des genres, à la fin du génocide et des occupations. Ce sont même des décisions politiques urgentes », argue-t-elle, tout en appelant le G7 et notamment la France à ne pas valider « de politiques extractivistes » ni de « mesures qui nuiront aux pays du Sud, en particulier sur les minerais ».  

  

Le G7, un « club fermé » à réformer ? 

  

Au-delà des demandes de fond, les ONG présentes au C7 émettent une volonté d’évolution dans les prises de décision internationales. « Nous demandons des changements profonds de la gouvernance internationale, à dépasser ces clubs fermés que sont le G7, le G20 ou l’OCDE », résume Robin Guittard. 

À quelques jours du sommet international et alors que la coalition d’associations et syndicats No-G7 porte un discours d’opposition au sommet, les organisations de la société civile ne savent toujours pas si leur présence sera possible à Évian. « Ce serait une ligne rouge », considère Laura Audouar. « La deuxième ligne rouge, ce serait un manque d’ambition. Nous attendons une reconnaissance politique du rôle que jouent les organisations », appuie-t-elle.  

  

La baisse de l’aide publique au développement en toile de fond 

  

Présent au C7, le directeur général de l’Agence française de développement Christophe Lecourtier a défendu, dans un contexte où l’ensemble des pays du G7 ont réduit le budget de leur aide publique au développement, « la nécessité de mobiliser les capitaux conjoints des banques privées et publiques, tout en préservant les forces de solidarité vers les plus vulnérables ». 

 


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« Le modèle traditionnel de l’aide publique au développement ne correspond plus pleinement aux attentes de nos partenaires et concitoyens » a argumenté de son côté la ministre déléguée chargée de la francophonie et des partenariats internationaux de la France, Éléonore Caroit, dans un vidéo diffusé en fin de sommet. La ministre a justifié d’un besoin de « sortir d’une logique de dépendance, de renforcer nos partenariats et de se concentrer vers les plus vulnérables », tout en dénonçant une « restriction de l’espace civique » et une montée des « menaces pour nos démocraties ».  

Sur la fiscalité internationale, « nos objectifs sont alignés avec vos propositions », a assuré de son côté Jean-Paul Seytre, directeur général adjoint de la mondialisation au sein du ministère des affaires étrangères. « Notre ambition est de parvenir à un consensus sur une nouvelle approche du développement. Il est temps de construire des partenariats internationaux plus équilibrés dans une logique de bénéfice mutuel tout en réaffirmant la solidarité comme pierre angulaire », a-t-il défendu.

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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