Autoroute A69 : le recours des associations rejeté
L’autoroute reliant Toulouse à Castres était critiquée depuis 2023 pour son impact environnemental jugé excessif par rapport au gain de temps de trajet. Le Conseil d’État a rejeté le recours des associations, ce qu’a salué le ministre des transports.
L’autoroute A69 sera bien achevée. Le Conseil d’État rejette les recours de plusieurs associations, le 29 juin, contre ce projet reliant Toulouse à Castres. Celui-ci « répond à quatre objectifs distincts », estime la plus haute juridiction administrative dans un communiqué : « réduire le temps de trajet », « améliorer le cadre de vie des riverains », « procurer un gain de sécurité routière » et « contribuer au développement de l’agglomération castraise ». Il n’existe pas de « solution alternative satisfaisante » permettant de les remplir « de manière aussi efficace ». Cela justifie, selon le juge, de déroger à l’interdiction de détruire certaines espèces protégées.
« C’est une décision importante pour le désenclavement du Tarn, au bénéfice de ses habitants, de ses entreprises et de l’attractivité du territoire », s’est félicité le ministre des transports, Philippe Tabarot, sur le réseau social X.
« L’environnement vient de perdre sa seule maigre protection face à la prédation sans borne des bétonneurs : la justice », tance au contraire le collectif La Voie est libre dans un communiqué. Il juge l’autoroute « parfaitement inutile » en termes de trafic. Les opposants à l’A69 critiquent notamment le passage de l’autoroute au milieu de certains villages, le grignotage de terres agricoles et l’abattage de treize hectares de zones boisées, dont certaines contenant des platanes centenaires et abritant des espèces protégées.
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Un procès datant de 2023
« Le projet a obtenu, les 1er et 2 mars 2023, deux autorisations environnementales délivrées par les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn », rappelle le Conseil d’État dans son communiqué. Celles-ci permettent notamment de déroger à l’interdiction de détruire certaines espèces protégées. Elles peuvent être accordées à trois conditions : « le projet répond à une “raison impérative d'intérêt public majeur”, il n’existe pas de solution alternative satisfaisante, et le projet ne nuit pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des espèces concernées, dans leur aire de répartition naturelle ».
Ces dérogations ont conduit plusieurs associations à saisir le tribunal administratif de Toulouse en 2023. La même année, plus de 1 500 scientifique déclarent que « ce projet maintient la France sur une trajectoire incompatible avec la transition écologique » dans une lettre ouverte destinée à Emmanuel Macron. En février 2025, le tribunal juge que la construction de l’autoroute ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public majeur et met fin au chantier.
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Mais ce jugement est ensuite annulé par la cour administrative d’appel de Toulouse en décembre 2025 : les requérants saisissent donc le Conseil d’État, sans succès. La mise en service de l’autoroute est donc prévue mi-octobre, selon la société Atosca, chargée de sa construction et de son exploitation.
La Voie est libre a annoncé adresser à la Commission européenne une plainte contre l’État, pour qu’elle saisisse la Cour de justice de l’Union européenne. « Chacun sait que, malheureusement, les délais d'instruction de ces plaintes sont très longs », a cependant reconnu Alice Terrasse, avocate du collectif, sur France info. Cela laissera « certainement » le temps au projet de « se terminer, d'être mise en service pour quelques milliers de véhicules », a-t-elle ajouté.
Célia Szymczak 