Canicule : les associations renforcent leurs actions auprès des personnes sans domicile
Pendant l’épisode caniculaire qui touche la France depuis quelques jours, les personnes sans domicile fixe font face à des risques importants. Les associations se mobilisent pour tenter d’y répondre.
Les risques encourus par les personnes sans abri en période de canicule sont variés. Ils font face aux mêmes dangers que tout le monde, mais de manière accrue : malaises, déshydratation, nausées ou encore insolation. L’association Utopia 56, rappelle également les risques « d’aggravation des pathologies préexistantes liées au manque d’accès aux soins » ainsi que « l’épuisement lié à l’impossibilité de se reposer ».
Les chiffres sont alarmants. La Nuit de la solidarité, du 22 au 23 janvier 2026, « a permis de recenser 3 857 personnes sans solution d’hébergement à Paris, soit une hausse de 10 % par rapport à l’édition 2025 », souligne le Samu social. En outre, selon le collectif Les Morts de la rue, « près de 900 personnes sans abri sont décédées en France en 2025 », dont « 30 % en période estivale », soit autant que l’hiver.
Les associations sur le pont
Face à ces constats, les associations se mobilisent. Le Samu social allonge les horaires dans les accueils de jour, qui prodiguent des espaces frais, avec un accès à l’eau, à des douches et aux soins. À Lyon, un gymnase de cinquante places a été mis à disposition, sur orientation par le 115, pour que les bénéficiaires « accèdent à des douches, de l’eau et de la nourriture », explique Elodie Nogrette, responsable de la communication de la Protection civile du Rhône. La préfecture envisage l’ouverture d’un deuxième gymnase, climatisé, pour que « les bénéficiaires puissent se rafraichir ».
Par ailleurs, les associations renforcent leurs dispositifs préexistants, notamment les maraudes. Elles distribuent des produits de première nécessité adaptés à la situation, comme des chapeaux, des vêtements légers, ou bien de la crème solaire. L’idée est aussi de maintenir un contact social avec les personnes. « On essaye de voir au maximum les bénéficiaires, de discuter avec eux pour leur changer les idées », ajoute Elodie Nogrette.
Cependant, « le besoin le plus urgent, c’est l’eau », continue-t-elle. La Protection civile organise des maraudes d’eau, en plus de ses maraudes traditionnelles de produits alimentaires et hygiéniques. Par ailleurs, « les bénéficiaires ont souvent un téléphone portable, donc nous leur donnons un QR code, qui les redirige vers les fontaines publiques et les douches, pour qu’ils puissent s’hydrater et profiter de la fraicheur », indique la responsable communication.
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Des appels à la vigilance et à l’action
L’association Utopia 56 demande une réponse immédiate des pouvoirs publics. « À Paris, 5 000 personnes n’ont aucun accès à un espace protégé et n’ont pas un accès constant à l’eau alors même que 262 000 logements sont vides, et pourraient être réquisitionnés par les préfectures », déplore l’association. Dans le contexte de cette deuxième vague de chaleur avant même le début de l’été, elle dénonce une « irresponsabilité » de la part de l’État : « Lorsque des personnes souffrent ou meurent des conséquences de la chaleur faute d’un toit, ce n’est ni un accident, ni une fatalité climatique, c’est le résultat de choix politiques. »
Enfin, le Samu social et la Protection civile rappellent les consignes de sécurité pour les personnes sans domicile : se mettre à l’abri dans la mesure du possible, s’hydrater au maximum et ne pas hésiter à appeler le 115 en cas de besoin.
Elles appellent également les citoyens à rester vigilants. « Si vous rencontrez une personne sans abri en difficulté en raison des fortes chaleurs, vous pouvez effectuer un signalement via notre formulaire dédié ou contacter le 115. Les informations recueillies sont transmises aux équipes de maraude, qui évaluent la situation et interviennent en fonction des besoins identifiés », souligne le Samu social.
Bertille Ramboer 