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Par Carenews INFO - Publié le 26 février 2024 - 13:33 - Mise à jour le 27 février 2024 - 12:48 - Ecrit par : Camille Dorival
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Trois candidats à la présidence d’ESS France

Le nouveau président d’ESS France sera élu par le conseil d’administration de l’association le 10 avril prochain. Se sont portés candidats Benoît Hamon, directeur général de Singa Global, Stéphane Junique, président de VYV, et Damien Baldin, directeur général de la fondation La France s’engage. L’un d'eux succédera à Jérôme Saddier, dont le mandat s’achève.

Benoit Hamon, Stéphane Junique et Damien Baldin sont les trois candidats à la présidence d'ESS France. Crédits : Carenews et DR.
Benoit Hamon, Stéphane Junique et Damien Baldin sont les trois candidats à la présidence d'ESS France. Crédits : Carenews et DR.

 

 

Qui sera le nouveau président d’ESS France ? Créée en 1970 sous une forme qui a évolué avec le temps, cette association est reconnue comme la structure représentative des différentes familles de l’économie sociale et solidaire (ESS) depuis la loi Hamon de 2014. D’après cette loi, ESS France est chargée « d’assurer, au niveau national, la représentation et la promotion de l’ESS ». Par ailleurs, la structure « soutient, anime et coordonne le réseau des chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (Cress) et consolide, au niveau national, les données économiques et sociales et les données qualitatives recueillies par celles-ci. »

 

Une procédure inédite d’élection du candidat

 

Depuis la fin 2018, c’est Jérôme Saddier, par ailleurs président du Crédit coopératif, qui en assure la présidence. Il avait succédé à Roger Belot, l’ancien président-directeur général de la Maif. Son mandat s’achevant en 2024, une procédure, inédite à ESS France, a été mise en place, sous sa conduite, pour désigner son successeur ou sa successeuse. De fait, c'est la première fois dans l'histoire de la structure que plusieurs personnes sont candidates à sa présidence. 

Jérôme Saddier expliquait cette procédure dans un courrier du 12 décembre 2023 adressé aux acteurs de l’ESS. Ainsi, un comité de nomination a été mis en place au sein d’ESS France, dont les membres « se sont naturellement engagés à ne pas être candidats, et à n’en soutenir aucun jusqu’à la fin du dépôt des candidatures », indique le courrier.

Le courrier formule également les attentes du comité quant aux candidatures. Il est notamment « souhaité qu’elles permettent de démontrer une vision stratégique de l’ESS et de son développement », mais aussi « de faire preuve de savoir-faire politique », « de fédérer les acteurs de l’ESS » ou encore « de faire preuve d’une connaissance des réalités de terrain de l’ESS ».

Le comité fixait au 26 février à 12h la date limite de dépôt des candidatures, qui devaient être envoyées par courrier à Jérôme Saddier. Trois courriers de candidatures sont parvenus à ESS France, qui – fait intéressant – proviennent de candidats issus de trois familles différentes de l’ESS : Benoît Hamon, directeur général de l'association Singa Global, Stéphane Junique, président du groupe mutualiste VYV, et Damien Baldin, directeur général de la fondation La France s’engage. Tous les candidats sont donc des hommes, ce que l'on peut évidemment regretter. 

 

BenoÎt Hamon, ancien ministre de l'ESS

 

Originaire de Bretagne, Benoît Hamon commence sa carrière comme assistant parlementaire du député socialiste de la Gironde Pierre Brana. Il est président du Mouvement des jeunes socialistes de 1993 à 1995, député européen de 2004 à 2009, porte-parole du Parti socialiste (PS) de 2008 à 2012, puis élu député en 2012. Il devient alors membre du gouvernement de François Hollande de 2012 à 2014, comme ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation, puis ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il donnera son nom à la loi de 2014 sur l'ESS. Il est le candidat du PS à l'élection présidentielle de 2017, puis annonce quitter la politique en 2019, après avoir créé son propre mouvement, Générations. En 2021, il devient directeur général de Singa, ONG qui travaille sur l’inclusion des personnes migrantes

Dans sa lettre de candidature à la présidence, il insiste notamment sur la nécessité d'une meilleure reconnaissance de l'ESS par les pouvoirs publics : « Je veux que le gouvernement hisse sa considération pour l'ESS au rang qui est réellement le sien dans l'économie », écrit-il. Cela passe, selon lui, par la création d'un « crédit d'impôt sur l'innovation sociale » et par une loi de programmation pour l'ESS, « qui déterminera les objectifs de l'action de l'État et les moyens qu'il consacrera dans la durée pour soutenir le développement de l'ESS (...) ». 

Il insiste aussi sur la nécessité pour l'ESS de « polliniser » davantage le reste de l'économie et de permettre à l'ESS de changer d'échelle : « Il est l'heure de monter haut le drapeau de l'ESS à son mât. Ni par vanité ni par fierté mal placée mais parce que les sociétés humaines qui vacillent en raison de la prédation économique des écosystèmes naturels, de la perte de sens au travail et de l'enracinement des inégalités, doivent trouver dans les modèles non lucratifs une nouvelle source d'équilibre. » 

 

Stéphane Junique, acteur mutualiste et ancien infirmier

 

Avant de s’engager dans le mouvement mutualiste, Stéphane Junique a commencé sa carrière comme infirmier à l’AP-HP, puis comme infirmier de santé publique. Il est devenu administrateur d’Harmonie mutuelle en 2008, puis président de 2016 à 2021, avant de présider le Groupe VYV, qui, outre Harmonie mutuelle, rassemble aussi la MGEN ou la MNT (Mutuelle nationale territoriale). Il est également vice-président de la Fédération nationale des mutuelles de France (FMNF) depuis 2009, et a siégé au Conseil économique, social et environnemental (Cese) de 2016 à 2021, où il a en particulier travaillé sur les questions de pauvreté.

Dans son courrier de candidature à la présidence d’ESS France, il estime que « les initiatives de l’ESS foisonnent et témoignent de la vitalité des acteurs de la société civile comme autant de preuves concrètes qu’il existe une alternative durable au fatalisme. Plus encore qu’hier, l’ESS a aujourd’hui vocation à s’affirmer avec force comme un pôle d’espérance et d’actions. » Et plus loin : « notre raison d’agir est de (re)faire société. L’ESS, c’est l’économie de l’humain d’abord, celle qui fait primer l’intérêt collectif ou le bien commun sur le capital. »

Parmi les actions qu’il compte mener à la tête d’ESS France, il indique qu’il défendra notamment « une loi de programmation de l’ESS et d’investissements accrus dans cette économie de solutions, dotée de moyens budgétaires adaptés et d’une reconnaissance de l’ESS dans les politiques publiques contractuelles et les grandes initiatives nationales comme la planification écologique (…). »

 

Damien Baldin, de l’enseignement aux fondations d’utilité publique

 

Damien Baldin, quant à lui, est à l'origine professeur agrégé d'histoire. Il a enseigné au lycée, puis à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), avant de devenir conseiller politique mémorielle au ministère des Armées de 2015 à 2017. Entre 2017 et 2020, il a dirigé l'association Le choix de l'école, qui accompagne les personnes souhaitant se reconvertir dans l'enseignement public. Depuis 2020, il dirige la fondation reconnue d'utilité publique La France s'engage. Créée en 2017, cette fondation, présidée par François Hollande, vise à promouvoir l'engagement de la société civile dans des initiatives de l'ESS innovantes. 

Dans son courrier de candidature, il souligne les forces de l'ESS, qui sont « des atouts pour devenir demain plus forts » : la force des territoires, d'abord - « nous sommes l'économie du local pensée pour lui, organisée par lui » ; la « capacité à innover et à transformer notre société », ensuite ; « notre union dans nos différences », enfin - « nous savons converger pour nous entraider », estime-t-il. 

Il positionne l'ESS comme « une économie politique ». « Alors faisons de l'économie et de la politique ! », s'exclame-t-il. Il estime notamment que « le déploiement d'une culture de l'ESS » doit mobiliser trois types de parties prenantes : les jeunes, les fonctionnaires et les journalistes. Pour gagner en visibilité, il propose de relancer l'idée de créer « une grande Maison nationale de l'ESS qui soit la maison des Cress, de toutes les structures de l'ESS mais aussi de tous nos partenaires ». 

 

Le mandat débutera officiellement le 12 juin 

 

Les trois candidats à la présidence seront auditionnés par le comité de nomination le 13 mars prochain, puis par les Cress le 19 mars. C'est le conseil d'administration (CA) d'ESS France, composé des différentes familles de l'ESS, qui élira le président le 10 avril, sans doute à bulletin secret, mais les modalités n'ont pas encore été tranchées. 

Le nouveau président débutera officiellement son mandat le 12 juin, lors de l'assemblée générale de l'association. Le renouvellement du CA (par moitié) et celui du bureau se feront également le 12 juin, « ce qui laissera à la nouvelle présidence le temps de la concertation et de l'organisation d'une nouvelle équipe exécutive (bureau) », détaille Jérôme Saddier dans son courrier du 12 décembre. 

« C'est donc pour ESS France un grand moment de démocratie et de débat », se réjouit Antoine Détourné, le délégué général de l'association. 

 

Camille Dorival 

 

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