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Par Carenews INFO - Publié le 10 février 2026 - 15:56 - Mise à jour le 10 février 2026 - 16:08 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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L’effondrement de la biodiversité menace les entreprises, selon l’IBPES, le « Giec de la biodiversité »

La perte de biodiversité est une menace grave pour les entreprises. Telle est la conclusion du nouveau rapport de l’IBPES, la plateforme intergouvernementale internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques, publié le 9 février. Pour assurer leur propre survie, les acteurs économiques doivent s’engager plus fortement, préviennent les auteurs du document.

Toutes les entreprises dépendent directement ou indirectement de la biodiversité et ont un impact sur celle-ci, selon le rapport. Crédit : iStock / abentson
Toutes les entreprises dépendent directement ou indirectement de la biodiversité et ont un impact sur celle-ci, selon le rapport. Crédit : iStock / abentson

 

Surnommé le « Giec de la biodiversité », l’IBPES est la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques. Ce lundi 9 février, les 79 chercheurs et experts du secteur privé (dont des membres de TotalEnergies et de Solvay) qui la composent ont rendu leur nouveau rapport, construit en consultation des peuples autochtones. Après trois ans de travail, ce dernier a été approuvé par les représentants de plus de 150 gouvernements, réunis au Royaume-Uni. 

  

Des risques d’extinction des espèces… et des entreprises 

  

Premier constat du document : toutes les entreprises dépendent directement ou indirectement de la biodiversité et ont un impact sur celle-ci, même celles dont les activités peuvent en sembler éloignées.  

Dans ces conditions, « la perte de biodiversité est l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur les entreprises », prévient le professeur Stephen Polasky, coprésident de l’évaluation, dans un communiqué. Parmi les risques mis en avant pour les entreprises, se trouvent par exemple le manque d’eau, les inondations ou la déforestation. Des contributions non matérielles de la nature sont également citées, comme le tourisme, les loisirs, l’éducation, les valeurs spirituelles et culturelles.

 


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Pourtant, peu d’entreprises supportent actuellement des coûts financiers liés à leurs impacts négatifs sur la biodiversité, notent les auteurs du rapport. Paradoxalement, il est plus rentable aujourd’hui de dégrader la biodiversité que de la protéger. À long terme, ces effets peuvent cependant s’inverser. « Les impacts de plusieurs entreprises peuvent avoir des effets cumulatifs, se combinant pour avoir des impacts globaux, qui peuvent franchir des points de basculement écologique », analyse Stephen Polasky. Un tel mouvement est susceptible d’entrainer l’extinction des espèces, et avec elles des entreprises. 

 

Le statu quo n'est pas une fatalité– avec les bonnes politiques, ainsi que des changements financiers et culturels, ce qui est bon pour la nature constitue aussi le meilleur choix en termes de rentabilité »

Stephen Polasky, coprésident de l'évaluation.

  

100 actions concrètes proposées 

  

Face à ce constat, agir pour la biodiversité devient donc une nécessité, pointe le rapport. Confrontées à une menace grave pour leur pérennité, « toutes les entreprises peuvent être des agents positifs du changement », assurent les auteurs. 

Toutes n’ont néanmoins pas atteints le même niveau de maturité sur ces sujets et les méthodes de calcul des impacts et des dépendances des entreprises peuvent se révéler complexe. Moins de 1 % des entreprises publiant des rapports de durabilité mentionnent ainsi leur impact sur la biodiversité. 

Pour faire évoluer les pratiques, les auteurs proposent donc une centaine d’actions concrètes, à destination des entreprises mais aussi des acteurs financiers et des gouvernements. Parmi les actions mises en avant, se trouve par exemple la réorientation des flux financiers mondiaux. 

 


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Dans la même optique, ils insistent également sur la nécessité de créer un « environnement propice permettant d’aligner ce qui est rentable pour les entreprises sur ce qui est bénéfique pour la biodiversité et les populations ». Cinq composantes sont identifiées comme essentielles : les cadres politiques, juridiques et réglementaires ; les systèmes économiques et financiers ; les valeurs sociales, les normes et la culture ; la technologie et les données ; et enfin les capacités et les connaissances. 

 « Le rapport montre que le statu quo n'est pas une fatalité – avec les bonnes politiques, ainsi que des changements financiers et culturels, ce qui est bon pour la nature constitue aussi le meilleur choix en termes de rentabilité », appuie Stephen Polasky. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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