La Fresque du climat placée en procédure de sauvegarde
L’association proposant des ateliers de sensibilisation au changement climatique a été placée en procédure de sauvegarde le 20 juillet par le tribunal des affaires économiques de Paris.
L’association La Fresque du climat a été placée en procédure de sauvegarde par le tribunal des affaires économiques de Paris, le 20 juillet dernier. « Comme de nombreuses associations engagées dans l’intérêt général, La Fresque du climat traverse aujourd’hui des difficultés liées à la fois aux défis du secteur associatif et aux organisations environnementales. Dans ce contexte particulier, le conseil d’administration, accompagné par son avocate Maître Laura Coz, a sollicité l’ouverture d’une procédure de sauvegarde », avait partagé l’association sur son compte LinkedIn quelques semaines plus tôt.
Créée en 2015 par l’ancien directeur du think tank The Shift Project Cédric Ringenbach, la Fresque du climat est un atelier ludique de trois heures visant à sensibiliser au changement climatique. L’association du même nom a été créée en 2018 afin de diffuser l’atelier, de former et d’accompagner les animateurs et animatrices de la fresque.
Lire également : 14 « fresques » à connaître pour mieux comprendre la transition écologique
Des précédentes difficultés
Malgré le succès de l'atelier après sa création et un bénéfice de 800 000 euros en 2023, l’association rencontrait des difficultés depuis plus d’un an. Début 2025, elle avait été contrainte de procéder à une réduction importante de ses effectifs. Celle-ci était due notamment à une baisse de la demande concernant ses ateliers expliquait alors sa présidente Anaïs Terrien à Carenews.
Cette réduction des effectifs intervenait également de manière concomitante à la prolongation d’un accord de licence avec le fonds de dotation « Climate Fresk Foundation ». Créée par Cédric Rigenbach, cette structure philanthropique a pour rôle de « protéger la propriété intellectuelle » de la fresque, d’encourager son développement à l’international et de « financer des projets en lien avec le dérèglement climatique ».
L’accord de licence permet à l’association d’exploiter l’atelier contre une redevance fixe s’élevant respectivement pour 2025, 2026 et 2027 à 200 000, 300 000 et 400 000 euros. « D’éventuels ajustement à la baisse » sont prévus « si le projet est en difficulté », rapportaient les parties au contrat fin 2024.
Une période d’observation avant un plan de sauvegarde
Une procédure de sauvegarde s’adresse aux structures qui ne sont pas en situation de cessation de paiement et permet la poursuite de l’activité ainsi que le maintien de l’emploi. La Fresque du climat continue donc de proposer ses ateliers.
À l’issue d’une période d’observation de six mois maximum renouvelable, un plan de sauvegarde doit être élaboré sous le contrôle du tribunal. « Ce dispositif nous donnera les moyens de renforcer durablement notre organisation, faire évoluer notre modèle et répondre aux attentes et aux besoins du monde d’aujourd’hui et de demain », argumente La Fresque du climat sur LinkedIn.
Dans son modèle actuel, l’association se rémunère par des dons et en prélevant des droits d’utilisations aux fresqueurs professionnels, c’est-à-dire ceux qui facturent l’animation de la fresque, ainsi qu’aux structures qui bénéficient d’un atelier animé par un salarié de leur organisation.
Lire également : Face aux nombreux reculs écologiques, les défenseurs de la transition inquiets et mobilisés 
Élisabeth Crépin-Leblond 