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Par Carenews INFO - Publié le 14 avril 2026 - 16:39 - Mise à jour le 14 avril 2026 - 16:45
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Lafarge reconnue coupable de financement du terrorisme

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’entreprise et des anciens responsables à des amendes et à des peines de prison. Pour les ONG Sherpa et ECCHR, il s’agit d’une « décision historique ».

Le cimentier étaitmis en cause depuis 2016 pour des faits survenus en Syrie. Crédit : iStock.
Le cimentier étaitmis en cause depuis 2016 pour des faits survenus en Syrie. Crédit : iStock.

 

Le 13 avril, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu coupable le cimentier Lafarge et huit personnes, dont quatre anciens dirigeants, de financement de groupes terroristes en Syrie entre 2013 et 2014. 

L’entreprise était accusée d’avoir financé ces groupes à hauteur de près de 5,6 millions d’euros pour maintenir son activité dans le pays malgré la guerre civile. Le tribunal la condamne à payer une amende de 1,125 million d’euros et une amende douanière de 4,57 millions d’euros. Les quatre anciens dirigeants – dont l’ancien PDG du groupe – ainsi que deux gestionnaires et deux intermédiaires ont été condamnés à des peines allant de dix-huit mois à sept ans d’emprisonnement et de 20 000 à 225 000 euros d’amende.  

 

La demande des salariés rejetée

 

Deux ONG, Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits humains (ECCHR), ainsi que d’anciens employés syriens ont déposé plainte en novembre 2016 contre Lafarge, sa filiale syrienne et ses dirigeants, à la suite de révélations publiées dans le quotidien Le Monde.  

Il s’agit d’une « décision historique » et d’une « victoire majeure pour la lutte contre l’impunité des multinationales impliquées dans des violations graves des droits humains » pour Sherpa et le ECCHR.  

« Toutefois, l’accès à la justice a été une nouvelle fois refusé aux salariés syriens qui attendent toujours d’obtenir réparation », déplorent les ONG. « Plus de 190 anciens salariés syriens de Lafarge s’étaient constitués parties civiles. Ils étaient une dizaine à venir témoigner avec “force, précision, dignité et humanité” lors du procès, selon les mots du tribunal. Ils ont pu raconter leur quotidien marqué par les menaces de licenciement, les enlèvements, la traversée de zones avec des snipers, des check-points, les bombardements et les risques de représailles de la part de groupes armés », relatent Sherpa et ECCHR.  

« Lafarge SA prend acte de la décision du tribunal, qui porte sur des faits survenus il y a plus d'une décennie en flagrante violation avec le Code de conduite de Lafarge SA. Cette décision constitue une étape importante des démarches mises en place par Lafarge SA pour traiter ce dossier du passé de manière responsable, et la société examine actuellement le raisonnement du tribunal », a commenté Lafarge. 

 

Célia Szymczak 

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