Quels salaires dans l’économie sociale et solidaire et l’impact ?
Jobs that make sens, On purpose et Orientation durable publient les résultats d’un baromètre sur les salaires dans les secteurs de l’économie sociale et solidaire et de l’impact. Malgré une hausse « soutenue » depuis 2024, les salaires de cadre sont globalement plus bas que dans l’économie classique, tandis que les femmes touchent en moyenne 16 % de moins que les hommes.
À quel niveau s’établissent les salaires dans les secteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS et de l’impact ? Alors que la directive européenne sur la transparence salariale doit être transposée en droit français, les organisations Jobs that make sens, On purpose et Orientation durable ont publié récemment un baromètre sur le sujet.
Réalisé entre février et avril 2026 auprès de 1 678 professionnels en poste dans l’économie sociale et solidaire et dans des organisations à impact, il donne des indications sur le niveau des rémunérations moyennes brutes équivalent temps plein, en fonction du secteur d’activité, du poste occupé, du genre ou de la région.
Des salaires en moyenne plus bas
En comparaison avec l’économie classique, les salaires de l’ESS et de l’impact présentent un écart moyen de -9 %, rapportent les auteurs du baromètre. Pour parvenir à ce chiffre, ils ont établi une comparaison avec l’enquête Apec sur les salaires des cadres, en mettant en parallèle les postes les plus proches. Ils constatent également « des écarts significatifs selon les fonctions, avec de fortes disparités en fonction des métiers ».
Par exemple le salaire moyen dans le secteur de l’accompagnement des publics pour l’ESS et l’impact s’établit à 32 550 euros bruts annuels, contre 36 000 pour l’économie classique dans le secteur « psychologie et accompagnement social ». Dans l’éducation et la formation, le salaire moyen rapporté par le baromètre de l’ESS est de 38 250 euros bruts. L’étude Apec indique quant à elle un salaire moyen de 44 000 euros bruts dans l’enseignement et la formation continue, et de 49 000 euros bruts pour l’ingénierie de la formation. Un développeur commercial percevra en moyenne 45 250 dans l’ESS et l’impact contre 60 000 dans l’économie classique.
L’écart le moins important se trouve dans les métiers de la finance et de l’audit : 55 090 euros bruts dans l’ESS et l’impact contre 56 000 euros dans l’économie classique. À rebours de cette tendance générale, les ressources humaines rémunèrent davantage dans l’ESS et l’impact (salaire moyen de 49 050 euros bruts) que dans l’économie classique (43 000 euros pour les cadres RH généralistes).
De plus en plus de structures de l’ESS proposent des modes de travail hybride, des avantages complémentaires comme les congés menstruels, le forfait mobilité durable ou encore des congés supplémentaires »
Baromètre Jobs that make sens, On purpose et Orientation durable
Une hausse « soutenue » mais « contrastée » des salaires
Les auteurs du baromètre établissent également un parallèle avec la précédente édition, publiée en 2024. Deux ans après, « les rémunérations dans l’ESS affichent une hausse globalement soutenue, mais très contrastée selon les fonctions et les secteurs d’activité », analysent-ils.
Les postes qui montrent les plus fortes augmentations sont celui de « responsable de » dans le secteur de l’habitat social (+19 %), de « membre du Codir » dans la solidarité internationale (+19 %), de directeur ou directrice générale dans l’agriculture et l’alimentation durable (+ 16 %) et de « responsable de » dans la finance responsable (+ 16 %).
À l’inverse, les postes où les salaires sont en baisse sont celui de directeur ou directrice générale dans la transition écologique (- 14 %), de « membre du Codir » dans le même secteur (- 13%), de directeur ou directrice générale en finance responsable (- 8 %), de « responsable de » dans la solidarité internationale (- 8 %), de « chargé de » en finance responsable » (-6 %) et de « chargé de » dans le médico-social (- 6 %).
Au-delà de la question du salaire, les auteurs du baromètre soulignent l’octroi d’avantages se développant progressivement dans le secteur de l’ESS et de l’impact. « De plus en plus de structures de l’ESS proposent des modes de travail hybride, des avantages complémentaires comme les congés menstruels, le forfait mobilité durable ou encore des congés supplémentaires », mettent-ils en avant.
L’inégalité femmes-hommes en baisse mais toujours présente
Du côté de l’égalité femmes-hommes, l’ESS et l’impact sont encore marqués par des différences notables de rémunération, selon le baromètre. En moyenne le salaire des femmes est inférieur de 16 % à celui des hommes, contre 19 % en 2024. Selon l’Insee, le salaire moyen des femmes dans la population française est inférieur de 14 % à celui des hommes.
« Les femmes restent sous-représentées dans les postes de direction », relèvent les auteurs du baromètre. Et ce, alors qu’elles représentent 69 % des répondants. « Elles sont majoritaires à tous les niveaux de responsabilité, et pourtant surreprésentées dans les postes les moins rémunérateurs », pointent-ils. Selon le baromètre, le salaire moyen des femmes est de 43 902 euros bruts annuels contre 50 812 euros pour les hommes.
Dans le détail des postes, l’écart moyen de salaire entre les femmes et les hommes à des postes de directrice ou directeur général se situe à 14 %. Il descend à 10 % pour les « membres du Codir », 7 % pour les « chefs de projets, 6 % pour les « chargés de » et 3 % pour les « responsables de ».
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Des salaires plus élevés en Île-de-France et chez les 50 ans et plus
D’un point de vue géographique, les salaires sont en moyenne plus élevés en Île-de-France (48 107 euros bruts annuels) ainsi qu’en Auvergne-Rhône-Alpes (43 330 euros) et en Pays-de-la-Loire (43 193 euros). La moyenne la plus basse se trouve en Occitanie (37 170 euros). Les postes à 100 % en télétravail ont un salaire moyen de 44 834 euros bruts annuels.
Enfin, les 25-29 ans perçoivent les salaires en moyenne les plus bas (35 390 euros en 2026 contre 34 738 euros en 2024). Le salaire moyen des 50 ans et plus s’élève quant à lui à 56 709 euros, contre 58 254 euros en 2024.
Élisabeth Crépin-Leblond 