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Par Carenews INFO - Publié le 19 octobre 2026 - 17:34 - Mise à jour le 19 octobre 2026 - 17:38 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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[Vidéo] À Paris, les associations manifestent contre la baisse des financements

À la suite de l’appel de l’Uniopss et de la FAS, des associations du secteur de la santé et de la solidarité ont manifesté dans plusieurs villes de France, la semaine du 12 au 17 octobre. Carenews s’est rendue à la mobilisation qui s’est déroulé le 15 octobre dans le quartier de l’Assemblée nationale. Retour en images.

En 2025 selon la FAS, 45 % des associations ont réduit ou fermé au moins une activité. Crédit : Carenews.
En 2025 selon la FAS, 45 % des associations ont réduit ou fermé au moins une activité. Crédit : Carenews.

 

Un an après la mobilisation « Ca ne tient plus » initiée par le Mouvement associatif, plusieurs centaines de représentants, salariés, bénévoles et bénéficiaires d’associations du secteur social, médico-social et de l’insertion se sont rassemblées place Jacques Bainville dans le 7e arrondissement de Paris, près de l’Assemblée nationale.  

La mobilisation répondait à l’appel lancé par l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss) et de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), sous le slogan « Et si nous arrêtions vraiment ? ». 

 

                                                     

 

Si nous n’avons pas les moyens, c’est le tissu social, le lien social qui sera au bas du mur. 

Hayat, bénévole à l'association La Cloche.

Des associations confrontées à des coupes budgétaires  

  

« Nous interpellons les donateurs, les associations et surtout les gouvernements afin de mettre beaucoup plus de moyens pour que nous puissions continuer à accompagner des personnes fragilisées, des personnes qui vivent encore dans la rue, des personnes qui sont en perte d’autonomie, en vieillissement et qui sont sans-papiers », résume Mahamadou Koité, éducateur spécialisé chez Emmaüs Solidarité.  

« Il y a énormément de coupes budgétaires […] dans tout le travail social. Au Samusocial, cela parle notamment de gels de recrutement, de non-renouvellements de contrats, de moins en moins d’argent pour la prise en charge des personnes à l’hôtel », décrit quant à lui Thomas, salarié au Samusocial de Paris.  

« Il y a le risque qu’une association sur trois disparaisse […] Si nous n’avons pas les moyens, c’est le tissu social, le lien social qui sera au bas du mur », alerte quant à elle Hayat, bénévole au sein de l’association La Cloche qui agit contre l’exclusion des personnes en situation de précarité. « En 2025, nous avons fermé trois antennes et licencié six personnes pour motif économique, alors que nous ne sommes que 35 », témoigne à ses côtés Prisca Berroche, déléguée générale de La Cloche. 

 

Nous voyons l’épuisement, les burn-out, les gens qui craquent, qui n’en peuvent plus. 

Anaïs Fouquet, membre d'Apprentis d'Auteuil-Cap Avenir.

  

45 % des associations ont réduit ou fermé au moins une activité en 2025 

  

« Plus les années passent, moins nous avons les moyens de faire notre boulot et d’aider les populations qui sont fragilisées », rapporte à son tour Rosa Dos Santos, membre de l’association d’insertion Arile. Depuis 2024, les budgets octroyés par l’État au secteur associatif connaissent une baisse importante. Selon ESS France, les associations ont perdu 12 305 postes au dernier trimestre 2025, en valeur absolue.  

 


Dans une étude menée auprès de 128 structures jusqu'au 25 août 2026 et publiée le 8 octobre, la Fédération des acteurs de la solidarité rapporte quant à elle que 30 % des associations disposent de moins de deux mois de trésorerie et 80 % anticipent une dégradation ou une forte incertitude dans les douze prochains mois. « Même dans une association comme Apprentis d’Auteuil, nous voyons le manque de moyens. Nous voyons l’épuisement, les burn-out, les gens qui craquent, qui n’en peuvent plus », décrit Anaïs Fouquet, salariés chez Apprentis d’Auteuil-Cap Avenir. « Nous avons des jeunes sans solution […] Ce sont des jeunes de 18 ans qui ont été suivis par la protection de l’enfance, le département, depuis leurs dix ans. Et nous finissons par les mettre à la rue », dénonce-t-elle. 

 


Lire également : 63 % des associations employeuses ont été contraintes d'annuler ou réduire leurs activités


 

Des manifestations à travers la France 

  

« Le problème ce sont les baisses de financement, mais aussi le manque de financement par rapport à l’augmentation des besoins », souligne Daniel Goldberg, président de l’Uniopss, alors que les discussions budgétaires pour 2027 sont en cours et à l’approche de l’élection présidentielle. Selon l’Insee, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire en 2024, soit le point le plus haut depuis le milieu des années 1990. 

Tout au long de la semaine du 12 au 17 octobre, plusieurs mobilisations ont eu lieu dans diverses villes de France comme Lyon, Lille, Bourges et Caen. La mobilisation s’est aussi matérialisée par le lancement d’une pétition et l’envoi de mails automatiques d’absence en signe de protestation. À Paris, les membres des associations se sont dit prêts à revenir protester « tant qu’il le faudra ». 

 

Élisabeth Crépin-Leblond

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