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Par Carenews INFO - Publié le 20 janvier 2020 - 09:30 - Mise à jour le 20 janvier 2020 - 15:17
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Les Petits Débrouillards : science et conscience

C’est le premier réseau national de culture scientifique. Créé en 1986, Les Petits Débrouillards touche chaque année plusieurs centaines de milliers de jeunes via des animations, des expositions et différentes publications visant à découvrir et à s'approprier les démarches expérimentales. Le développement de l’esprit critique figure au centre de son projet associatif. Cet article est un extrait du Carenews Journal n° 14.

Crédit photo : Les Petits Débrouillards.

Proposer une éducation au raisonnement scientifique par l’expérimentation : telle est la raison d’être des Petits Débrouillards, premier réseau national d‘éducation populaire, aujourd’hui présent dans toute la France. L'idée a germé en 1986, inspirée par une association canadienne créée par un journaliste scientifique.

Outre des animations sous forme d’ateliers en temps scolaire ou périscolaire et l’organisation d’activités scientifiques pédagogiques et ludiques pendant l’été pour des enfants qui ne partent pas en vacances, l’association arpente le pays avec une flotte de douze camions embarquant le matériel nécessaire à la réalisation d’expériences variées. Le réseau monte aussi des expositions, des débats et des cafés des sciences. Il s’occupe également de trois « tiers-lieux ».

Faire pour reprendre confiance

Ses adhérents et leurs partenaires en sont persuadés : s’initier ainsi à l’approche expérimentale peut contribuer à développer l’esprit critique, lui-même déterminant pour ne pas en rester aux idées toutes faites et donc susceptible de favoriser la démocratie et le vivre ensemble. D’autant plus que se découvrir capable de mener une telle démarche permet aussi de retrouver la confiance en soi chez ceux en qui elle est ébranlée, souligne Mustapha Wafra. Aujourd’hui directeur adjoint de l’association, ce docteur en physique, également titulaire d’un DEA en histoire des sciences, a assuré ses premières animations pour Les Petits Débrouillards il n’y a pas moins de trente ans. « C’est en 2007 que nous avons fait le choix d’intégrer explicitement l’esprit critique à notre projet associatif », raconte-t-il.

Nous commencions à rencontrer des difficultés inédites dans certains quartiers, à l’évocation de sujets bien précis comme le darwinisme, entre autres. Nous nous sommes retrouvés témoins d’une défiance que nous n’avions pas observée jusque là vis-à-vis des sciences. Nous butions aussi sur les certitudes tenaces de certains jeunes, entre autres un puissant sentiment d’être rejetés. Rien ne semblait pouvoir ébranler ces convictions dévalorisantes. 

L'association s'interroge alors sur ce qu'elle peut apporter pour interroger la construction de ce que chacun tient pour vrai. La démarche scientifique conduit naturellement à remettre les idées préconçues en question. La mettre en œuvre permet de comprendre que ce sont les hommes qui « fabriquent » les nouvelles connaissances et que chacun peut donc s’approprier cette manière d’éclairer une question que l’on se pose.

Déconstruire les préjugés

L’association choisit de faire de la pensée critique l’indicateur principal de ses activités. En 2016, elle initie la campagne Mission H – Être Humain. En s’appuyant sur les sciences humaines, celle-ci apporte une contribution pédagogique à la réflexion sur le processus de construction des préjugés. Elle permet de réaliser que toute discrimination est une construction culturelle, sociale, économique et politique.

L’année suivante naît le programme d’éducation aux médias numériques, qui s’attaque à la désinformation sous toutes ses formes . La même année, l’association fait de l’esprit critique le sujet de son congrès d’été, lors duquel interviennent 150 spécialistes au cours de 12 ateliers devant un public mêlant les habitués de l’association à des invités de tous horizons. Dans la foulée, elle place sa traditionnelle mobilisation pour la Fête de la science sous ce signe. Autant de jalons pour inciter les jeunes à se poser les bonnes questions.

Les Petits Débrouillards en chiffres

Info ou intox ?

Décliné dans les ateliers scolaires, périscolaires, estivaux et dans les camions du Science Tour, le programme d’éducation aux médias numériques « Il paraît que » a touché 38 000 enfants dès 2018, et a été proposé encore plus largement en 2019. Il vise à donner les clés de compréhension de la production et de la diffusion de l’information afin d’accroître la vigilance des jeunes face aux messages fiables ou non dont ils sont de plus en plus bombardés. Il propose aussi des clés de lecture sur l’usage des données numériques par les géants du web, afin de transmettre les réflexes qui permettent de se protéger.

Muriel de Véricourt 

 

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