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Par Carenews PRO - Publié le 26 mars 2021 - 09:00 - Mise à jour le 26 mars 2021 - 09:00
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Matthieu Dardaillon : « Il faut focaliser son énergie là où on peut vraiment changer les choses ! »

Entrepreneur social, Fellow Ashoka 2016 et diplômé d’ESCP Europe, Matthieu Dardaillon est le cofondateur de Ticket for Change, une école nouvelle génération pour les acteurs du changement. Auteur de Activez vos talents, ils peuvent changer le monde, le trentenaire donne six conseils aux entrepreneurs sociaux.

Matthieu Dardaillon : six conseils aux entrepreneurs sociaux. Crédit : Laetitia Striffling
Matthieu Dardaillon : six conseils aux entrepreneurs sociaux. Crédit : Laetitia Striffling
Top 50 de l'entrepreneuriat à impact

Cet article est issu du Top 50 de l’entrepreneuriat à impact. Initié par Carenews, piloté par HAATCH et l'ESSEC et soutenu par BNP Paribas, ce classement dévoile les 50 structures (entreprises, associations, coopératives) les plus impactantes de 2020.

Découvrez le détail du Top 50 et ses lauréats dans le livre de 136 pages qui présente la méthodologie, les critères d'évaluation, les portraits, les chiffres, les analyses et dossiers de fond sur les réseaux de l'ESS ou la mesure d'impact.

 

  • Entourez-vous

C’est tellement compliqué d’entreprendre sur des sujets sociaux et environnementaux extrêmement complexes que cela demande de s’entourer des bonnes personnes. Cela veut dire trouver la bonne équipe et de bons cofondateurs. Il faut aussi s’entourer de bons mentors qui vont avoir plus d’expérience pour pouvoir poser les bonnes questions, prendre du recul sur les grandes décisions. Enfin, il faut s’entourer de bons partenaires, donc s’associer avec tous les acteurs qui font déjà un travail dans le domaine en question. Être entrepreneur, c’est apporter une nouvelle solution et il faut aussi travailler avec tous les acteurs qui sont déjà là. Trop souvent, on voit des entrepreneurs qui sont isolés et qui, du coup, n’ont pas la capacité à passer à l’action.

 

  • Attaquez-vous au bon problème

Pour moi, c’est la clé. Tout le sujet, quelle que soit la thématique, est de trouver spécifiquement un problème urgent, important, qui n’a pas d’alternative satisfaisante. L’enjeu est de s’attaquer à la racine de ce problème-là et pas seulement à ses conséquences. 

 

  • Focalisez-vous sur la qualité

Une fois que l’on a trouvé le bon problème, il faut trouver la bonne solution. Cela paraît évident comme ça, mais il faut être obstiné pour trouver la bonne solution – ou un bout de solution – à ce problème-là et être concentré sur la qualité et l’impact qui va en ressortir. Il faut travailler avec les personnes qui sont directement affectées pour inventer une solution et faire en sorte que cela soit la meilleure solution possible par rapport à ce problème complexe et non résolu. Souvent, on voit des entrepreneurs qui vont un peu se disperser sur différentes offres. C’est bien de penser la suite, mais il faut d’abord trouver une réponse qui a un vrai impact. 

 

  • Soyez ingénieux pour la diffusion et sa démultiplication

Il faut viser aussi la quantité pour avoir un impact à grande échelle. Il faut être ingénieux  : trouver des leviers stratégiques pour faire beaucoup avec peu. Le numérique apporte cela par exemple tout comme les partenariats stratégiques, l’open source éventuellement. Pour moi, lorsque l’on a une solution qui a une qualité, qui marche, qui a prouvé sa valeur, peut être que le succès, c’est de se faire voler cette idée de manière à ce qu’elle se diffuse partout… Cela change la manière de voir l’entrepreneuriat. Si le but est de vraiment changer le système et d’avoir un impact à très grande échelle, il faut être ingénieux sur la démultiplication, et peut-être que la meilleure manière c’est d’aider d’autres à faire la même chose.

 

  • Pensez bien au modèle économique

Dès le début du projet, il faut bien penser le modèle économique. On a besoin de bien comprendre le problème et de mettre en place la solution pour voir au fur et à mesure qui va être en capacité de payer. Il faut avoir une attention particulière pour créer un modèle économique pérenne. Si ce n’est pas le cas, il n’y aura pas de pérennité de l’impact et de démultiplication, car il n’y aura pas les moyens et l’équilibre. Il faut trouver un modèle économique où il y a quand même quelqu’un qui va payer. À chaque fois, il y a souvent des pistes de modèles, mais ça va être des pistes de dispersion. Cela veut dire développer de nouvelles activités où des gens vont être prêts à acheter ce service, mais ce n’est pas vraiment pour l’impact envisagé. Il va y avoir une dispersion d’énergie, on va devoir inventer de nouvelles offres avec de nouveaux clients. Il va y avoir une sorte de schizophrénie avec deux activités parallèles  : une pour financer et une pour faire l’impact. C’est une possibilité, mais qui ne permet pas le changement d’échelle. 

 

  • Prenez soin de vous

Être entrepreneur à impact, cela demande énormément de courage, de résilience… L’invitation est donc de faire attention au chemin aussi. Moins, mais mieux. Il faut focaliser son énergie là où on peut vraiment changer les choses. Je pense que les entrepreneurs à impact sont particulièrement sujets ou à risque en termes d’épuisement professionnel parce qu’un entrepreneur à impact s’adresse à un problème qui est non résolu, immense, urgent et sans alternative. On va trouver une solution qui va être au début une goutte d’eau dans l’océan. L’impact direct ou indirect peut mettre plusieurs mois ou années à pouvoir se mesurer… Du coup, cela peut être vraiment fatigant même si c’est un chemin qui peut être très épanouissant.

 

Pierre-Anthony Canovas

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