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Par Carenews INFO - Publié le 27 juillet 2020 - 15:00 - Mise à jour le 31 juillet 2020 - 11:36
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Olivia Grégoire : un retour de l’ESS à Bercy qui interroge

Ce dimanche, l’Élysée a mis fin à trois semaines de suspense en annonçant la nomination d’Olivia Grégoire, députée LREM de Paris, à la tête du secrétariat d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance. Une bonne nouvelle pour le secteur ?

Crédit photo : Wikipédia Creative Commons.

 

Après vingt jours de suspense, la liste des secrétaires d'État du gouvernement Castex a enfin été dévoilée ce dimanche 26 juillet. Avec le décret du 15 juillet 2020, il avait fait revenir l’ESS à Bercy, et le secteur attendait désormais de connaître l’heureux·se élu·e. C’est Olivia Grégoire, députée LREM de Paris, qui prend la tête d’un secrétariat d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance. La députée de Loire-Atlantique Sarah El Haïry, notamment coautrice du rapport « La philanthropie à la française », a elle été nommée secrétaire d’État à la jeunesse et à l’engagement.


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L’ESS rattachée au ministère de l’économie, des finances et de la relance

Ce remaniement marque la fin de trois années d’exclusion de l’ESS à Bercy, comme l’explique Carole Orchampt, déléguée générale du Réseau National des Maisons des Associations :

« Finalement, jusqu’au moment du récent remaniement ministériel, l’économie sociale et solidaire était éparpillée entre six ministères, une délégation à l’ESS qui dépendait du ministère de la transition écologique et solidaire, une mission d’innovation, d’expérimentation sociale et d’économie sociale (MIESES), au sein de la direction générale de la cohésion sociale, un “Pôle économie sociale et solidaire et investissement à impact” au sein de la direction générale du Trésor, qui n’était pas rattaché à la délégation à l’ESS, le développement de la vie associative étant quant à lui confié au ministère de l’éducation nationale. »

Pourtant, de 2012 à 2014, l’ESS avait son ministre en la personne de Benoît Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire rattaché au ministre de l’économie, des finances et du commerce extérieur. Il a impulsé la loi Hamon dite « relative à l’économie sociale et solidaire », ensuite portée par ses successeuses — toutefois « rétrogradées au titre de secrétaires d'État » : Valérie Fourneyron (brièvement en avril 2014), Carole Delga (2014-2015) et Martine Pinville (2015-2017), secrétaire d'État chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire. 

À l’arrivée du gouvernement Philippe, l’ESS a quitté Bercy et été rattachée au ministère de la transition écologique et solidaire avec la nomination de Christophe Itier au poste de haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale. Avant de retrouver un secrétariat d'État ce dimanche. « Le rattachement de l’ESS au ministère de l’économie et de la relance va lui redonner une place centrale, très attendue par les acteurs », a notamment salué sur Twitter Isabelle Gougenheim, présidente de l'Institut IDEAS, association d’accompagnement des associations et fondations. 

Un profil et un titre qui posent question

La nouvelle répond ainsi — au moins en partie — à une demande de nombreux membres du secteur, comme le mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), qui appelait à « la création d’un véritable secrétariat d’État à la transition sociale et écologique des entreprises dont l’ESS serait le fer de lance, afin d’obtenir un portage politique au plus haut niveau et une prise en compte de ces sujets ». Des réserves ont toutefois été soulevées, à commencer par le profil de la secrétaire d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable.

Diplômée de Sciences Po Paris et de l'ESSEC, ex-cheffe d’entreprise, Olivia Grégoire était jusqu'alors vice-présidente de la commission des Finances de l'Assemblée. Fondatrice d'un cabinet de conseil en stratégie d'entreprise à destination des PME et startups, elle est passée par les cabinets ministériels des Républicains Jean-Pierre Raffarin et de Xavier Bertrand. « Un profil pour le moins atypique par rapport au monde de l'ESS », pointe Michel Abhervé, notamment membre du Réseau Interuniversitaire de l'ESS (RIUESS), et auteur d’un blog dédié au secteur sur Alternatives Économiques

S’il salue cette reconfiguration ministérielle faisant revenir l’ESS au gouvernement et « marquant une reconnaissance de l’ESS », Michel Abhervé signale « un petit point d‘interrogation sur le terme “responsable” accolé au titre de la secrétaire d’État, et un autre plus important sur le devenir du haut-commissariat à l'économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale ». Les deux restent pour lui à éclaircir, même si, pour le second, « la logique voudrait que ce haut-commissariat créé quand il n’y avait pas de secrétariat d’État dédié disparaisse ». Réponse dans les prochaines semaines.

Mélissa Perraudeau 

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