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Par Carenews INFO - Publié le 14 avril 2020 - 09:00 - Mise à jour le 14 avril 2020 - 09:00
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[SOCIAL TECH] Coronavirus : des imprimantes 3D à l'hôpital Cochin

Chaque semaine, Carenews vous présente une initiative technologique actrice de changement. Aujourd’hui, on vous parle des 61 imprimantes 3D qui ont été installées à l’hôpital Cochin. L’objectif : produire à la chaîne du matériel médical d'urgence dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Un projet de l'université de Paris en partenariat avec l'AP-HP, financé par le groupe Kering.

Crédit photo : BONE 3D.

Depuis le 31 mars, l'historique salle capitulaire de l'Abbaye de Port-Royal, adossée à l'hôpital Cochin (XIVe arrondissement de Paris), est devenue « la plus importante plateforme d’impression 3D de matériel médical d’Europe », a expliqué le docteur Roman Hossein Khonsari de l’hôpital Necker à Siècle Digital. Visières de protection, valves pour respirateur artificiel, matériel d'intubation... Dans le cadre du projet 3D Covid, initié par l’université de Paris en partenariat avec l’AP-HP, ces imprimantes vont fonctionner 24h/24 durant les quatre prochains mois au moins afin de « produire tous les jours de quelques unités à plusieurs centaines en fonction de leur complexité »

Vue grand angle de 44 des 60 imprimantes 3D installées à Cochin et qui vont tourner 24h/24 pendant 4 mois pour fournir des pièces sur mesure pour tous les appareils des hôpitaux parisiens. Commandes sur https://t.co/LJZRxnL2ky #3Dprinting #COVID19. pic.twitter.com/azqU1vDtE7

— Damien Licata Caruso (@DamienLicata) April 3, 2020

Le projet a été entièrement financé par le groupe Kering, qui a couvert l'achat des machines auprès du fabricant américain Stratasys, mais aussi les matières premières ainsi que les contrats des cinq ingénieurs de la startup spécialisée Bone 3D qui opèrent les machines. Si le montant total de l'opération n'a pas été précisé, Les Echos rapportent qu’il ne dépasserait pas les 2 millions d'euros. 

Une chaîne de production rapide et fiable

En parallèle de l’installation des salles de production, une plateforme Internet a été lancée pour que les personnels soignants listent leurs besoins, en complément des informations communiquées directement par l'Agence générale des équipements et produits de santé. Les prototypes établis par l’équipe du docteur Roman Hossein Khonsari et les ingénieurs de Bone 3D sont ensuite soumis à la validation d’un service clinique et d’un service pharmacologique. L'AP-HP a obtenu plusieurs dérogations afin de pouvoir produire les pièces en masse — jusqu'à 3 000 par semaine.

« Un composant comme un dispositif d'aspiration pour un respirateur ne pourrait pas être produit aussi vite ailleurs, car il aurait fallu monter une chaîne de production industrielle. Cela répond aux besoins d'une pénurie », a précisé le docteur Roman Hossein Khonsari au Parisien. L’intérêt des imprimantes 3D est aussi leur fiabilité, a complété Arnaud Toutain, le responsable pour l'Europe des imprimantes à usage médical. « Un point essentiel car sur un connecteur de respirateur par exemple, le moindre problème de qualité peut avoir des conséquences graves pour le patient. » Le seul bémol : les imprimantes ne peuvent fabriquer que des pièces à base de plastique, ce qui exclut la fabrication de masques et de surblouses.

Vers des imprimantes 3D dans chaque hôpital ?

Pour le moment occupées à produire du matériel médical destiné à l’Île-de-France, les imprimantes 3D installées à Cochin pourront être mobilisées pour d’autres régions selon la progression de la pandémie. Et une fois celle-ci passée, les machines devraient être réparties par l'AP-HP entre ses quatre groupements hospitaliers. Bone 3D formera alors directement le personnel hospitalier à leur utilisation, rapportent Les Echos. Pour le docteur Roman Hossein Khonsari, « on peut imaginer que l'impression 3D de pièces sur mesures devienne, après la crise, un vrai service dans les hôpitaux, comme le scanner ou l'IRM ».

Mélissa Perraudeau 

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