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Par Carenews INFO - Publié le 11 février 2020 - 13:00 - Mise à jour le 11 février 2020 - 13:00
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[SOCIAL TECH] Stirrup, une solution contre le fléau des logements vacants

Chaque semaine, Carenews vous présente une initiative technologique actrice de changement. Aujourd’hui, nous vous parlons de Stirrup, une startup qui met des logements vacants à disposition de personnes en difficulté.

Crédit photo : hanohiki.

Selon la Fondation Abbé Pierre, quatre millions de personnes en France seraient mal logées et environ 150 000 vivraient dans la rue. Parallèlement, il y aurait plus de trois millions de logements vacants, y compris dans les grandes villes. Une situation absurde, contre laquelle Delphine Barthe a décidé de s’élever. En 2019, elle a donc créé Stirrup, une plateforme permettant aux sans-abri de disposer d’un logement pour une période tremplin et de se réinsérer dans la vie économique et sociale. 

Un « Airbnb » solidaire

L’idée lui est venue alors qu’elle distribuait des repas dans un campement de migrants installé dans le centre-ville de Lille. « Sur place, j'ai rencontré une famille de quatre personnes qui dormait sous une petite tente alors que la maman était enceinte. Je me suis juste dit qu'il fallait arrêter d'accepter l'inacceptable. », raconte-t-elle à 18h39. Elle tente alors par tous les moyens de trouver un hébergement pour accueillir cette famille et empêcher à l’enfant de naître dans la rue. Un logement vide apparaît alors comme la solution la plus simple.

S’inspirant de cette expérience, elle lance en 2019 la plateforme Stirrup, d’abord uniquement dans les Hauts-de-France. Elle propose ainsi aux propriétaires privés de logements vacants de les mettre à disposition de personnes en difficulté (femmes victimes de violences conjugales, réfugiés, salariés qui dorment dans leur voiture…) sur une période allant de trois à six mois. Ils ne perçoivent pas de loyers, mais bénéficient d’une exonération fiscale de 66 % au titre du don en nature. Pour les convaincre, Stirrup rappelle qu’une habitation vacante coûte 2 500 euros par an (dégradation, squat…). 

Enfin, elle propose aux bailleurs sociaux de sécuriser l’occupation des logements vacants en zone ANRU (zone d'aménagement et de rénovation urbaine) et en passe d’être détruits. L’assurance du logement est toutefois laissée à la charge de l’occupant, pour une somme modique.

Stirrup, de son côté, assure la gestion de la relation contractuelle entre les propriétaires, les personnes relogées et les associations qui les accompagnent. La plateforme se rémunère en prenant une commission auprès des propriétaires, des bailleurs et des collectivités locales. 

Une plateforme, quatre acteurs

Pour bénéficier d’un logement grâce à Stirrup, les occupants doivent remplir trois conditions. Ils doivent justifier d’un accompagnement social avec une association, souscrire à un contrat d’assurance habitation et signer un contrat de prêt de logement. La solution imaginée par la start-up suppose donc une étroite collaboration avec les différents acteurs associatifs, qui participent activement à la réinsertion des personnes en difficulté.

Bailleurs et collectivités y trouvent leur compte. Les premiers valorisent leur bien et augmentent leur taux d’occupation. Les secondes réalisent, quant à elles, des économies. En effet, elles dépensent en moyenne 17 000 euros par an et par personne dans l’hébergement d’urgence, une dépense que Stirrup se propose donc d’absorber. Leur intérêt est tel que Delphine Barthe s’apprête à passer un contrat à impact social (CIS) avec le ministère du Logement. 

Lancé en France en 2016, le CIS permet à un investisseur privé de financer un projet social, porté par une structure de l'économie sociale et solidaire, et en assume le risque financier, évitant ainsi la mobilisation de fonds publics. À l’issue du projet, une évaluation est effectuée afin de déterminer sa réussite et son impact social. Si ceux-ci sont jugés satisfaisants, les pouvoirs publics s’engagent à procéder au remboursement des investissements réalisés.

L’entrepreneure espère bien gagner d’autres régions de France en 2020, avec pour ambition d’atteindre les 300 logements. En 2019, elle est déjà parvenue à reloger une vingtaine de familles dans huit logements. 

Audrey Parvais 

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