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Par Carenews INFO - Publié le 6 mai 2026 - 12:43 - Mise à jour le 6 mai 2026 - 12:50 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Plastique : les pratiques des supermarchés dénoncés par une étude

Les associations No plastic in my sea et Que choisir ensemble ont mené une enquête dans 1 600 magasins de grande et moyenne surface pour étudier les pratiques liés aux emballages plastiques. Les objectifs fixés par la législation ne sont pas atteints, dénoncent-elles.

 Les associations s’inquiètent de l’augmentation de la vente de fruits et légumes prédécoupés sous plastique. Crédit : iStock / OlgaMiltsova
Les associations s’inquiètent de l’augmentation de la vente de fruits et légumes prédécoupés sous plastique. Crédit : iStock / OlgaMiltsova

 

Légumes prédécoupés, unidoses, bouteilles en plastiques… Malgré la législation, les supermarchés ne respectent pas leurs obligations sur la limitation des emballages plastiques. C’est que révèlent les associations No plastic in my sea et Que choisir ensemble (anciennement UFC-Que choisir) dans une étude publiée ce mercredi 6 mai.  

Les associations ont mené une enquête dans 1 659 magasins pour étudier les pratiques dans les rayons, doublée d’un questionnaire adressé aux distributeurs« Dans les supermarchés, le plastique reste omniprésent et les efforts engagés ne sont pas à la hauteur des enjeux », dénoncent-elles face aux résultats obtenus. 

  

Les ventes d’eau en bouteille plastique en essor 

  

La loi Climat et résilience de 2021 fixe pourtant un objectif de 20 % de produits sans emballage d’ici à 2030 dans les grandes surfacesLa loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), adoptée en 2020, impose quant à elle la fin progressive de la mise sur le marché des plastiques à usage unique à horizon 2040. Elle prévoit également la réduction de moitié du nombre de bouteilles en plastique à usage unique pour les boissons mises sur le marché d’ici à 2030.  

Pourtant, « aucune enseigne, sauf Biocoop qui a arrêté de commercialiser de l’eau en bouteille plastique, n’a mis en place de stratégie pour atteindre l'objectif légal de réduction de 50 % des bouteilles plastiques d'ici à 2030 », relèvent No Plastic in my sea et Que choisir Ensemble. Les ventes d’eaux en bouteille ont même progressé de 3,3 % en 2025, indiquent les associations, après une baisse de 3,3 % l’année précédente, selon le Syndicat des eaux de source et des eaux minérales naturelles.  

« Globalement, le rayon eau et boissons constitue près de 40 % des plastiques à usage unique en grande et moyenne surfaces (GMS) », soulignent les associations. 

  

Le vrac en recul dans les supermarchés classiques  

  

Du côté des fruits et légumes, l’emballage plastique continue également d’être très présent. « Sur cinq fruits et légumes courants observés, ils sont emballés dans 60 % des cas en GMS. Cette part monte à 91 % pour les produits bio, dont la moitié sous plastique », rapporte No plastic in my sea et Que choisir ensemble. Les associations s’inquiètent en outre de l’augmentation de la vente de fruits et légumes prédécoupés sous plastique, une « tendance émergente » présente dans près d’un supermarché sur deux et « particulièrement néfaste ». 

Le vrac est également en net recul puisque la part des supermarchés classiques disposant d’un rayon vrac est passé de 57 % en 2023 à 38 % en 2026et que le nombre moyen de références en vrac a chuté de 56 à 44. À l’inverse, dans les magasins bios, 90 % des fruits et légumes sont vendus en vrac. Ils proposent en moyenne 129 références, avec un record de 150 références chez Biocoop.  

 

« Une économie de la flemme » défavorable au réemploi 

  

Le réemploi des emballages reste quant à lui au stade « embryonnaire », indiquent les auteurs de l’étude. « Selon les enseignes, entre 0 % et 10 % des magasins de GMS participent à un programme de réemploi », rapportent-ils. Parmi les bons élèves, Coopérative U indique un taux d’emballages réemployés de 0,9 % et Carrefour s’affiche en tête avec 90 produits réemployables. « Rapportés à l’assortiment global des enseignes de GMS (soit des dizaines de milliers de références), ces volumes restent cependant faibles », pointent les associations.  

Au contraire, No Plastic in my sea et Que Choisir ensemble mettent en avant des « plastiques inutiles trop présent », par exemple des masques prêts à l’emploi en unidoses, des légumes prêts à l’emploi ou encore des offres de snacking suremballés. « Ces produits sont souvent plus chers au litre (ou au kilo). De plus, ils entretiennent le modèle du jetable, de l’usage unique et une “économie de la flemme” contraire à une politique de réduction des déchets », analysent-elles. 

  

Des propositions pour les distributeurs 

  

Alors que l’objectif de réduction de 20 % pour l'ensemble des metteurs sur le marché d'emballages en plastique à usage unique fixé par décret pour la période 2021-2025 n’a pas été atteint et que « l'entrée en vigueur du règlement européen sur les emballages (PPWR) et la définition d'une nouvelle stratégie 3R [pour “réduction, réemploi, recyclage”] font de 2026 un tournant », les associations effectuent plusieurs propositions, notamment à destination des distributeurs.  

Parmi elles, celle de « formuler et piloter une stratégie de réduction des plastiques à usage unique, chiffrée et datée, permettant l’atteinte des objectifs de la loi Agecen collectif et par enseigne ».  Elles appellent également à l’abandon « des pratiques les plus aberrantes » et à prioriser les actions de réduction et de réemploi pour les rayons générant les volumes de plastique les plus importants, comme celui des bouteilles des eaux et boissons, de l’alimentaire frais et surgelés. Le gouvernement, les parlementaire et les éco-organismes sont eux-aussi appelés à agir.

 


Lire également : Loi Agec : des propositions pour aller plus loin 


 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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