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Par Carenews INFO - Publié le 15 juin 2026 - 18:38 - Mise à jour le 15 juin 2026 - 18:45 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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1 500 postes en moins en un an : les entreprises d’insertion alertent sur leur situation budgétaire

Après que Le Relais a annoncé la suppression de 60 postes en insertion, la Fédération des entreprises d’insertion alerte sur « une crise profonde » traversé par le secteur de l’insertion par l’activité économique. En un an, 3 500 postes d’insertion ont été supprimés du fait de réductions budgétaires, dont près de 1500 en entreprises d’insertion (EI) et en entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI).

Le Relais, membre du mouvement Emmaüs, a annoncé une réduction importante du nombre de ses collectes, par le retrait de plusieurs conteneurs, ainsi que la suppression de 60 postes d’insertion. Crédit : iStock / nito100
Le Relais, membre du mouvement Emmaüs, a annoncé une réduction importante du nombre de ses collectes, par le retrait de plusieurs conteneurs, ainsi que la suppression de 60 postes d’insertion. Crédit : iStock / nito100

 

Mardi 9 juin, Le Relais, membre du mouvement Emmaüs, a annoncé une réduction importante du nombre de ses collectes, par le retrait de plusieurs conteneurs, ainsi que la suppression de 60 postes d’insertion. Cette décision intervient dans un contexte de crise, rencontrée depuis l’année dernière par la filière du réemploi textile et ayant conduit en mai à la condamnation de l’éco-organisme Refashion.  

Pour Antoine Laurent, délégué général de la Fédération des entreprises d’insertion, cette annonce n’est « que la partie émergée de l’iceberg ». « Une crise bien plus profonde traverse le secteur de l’insertion par l’activité économique », alerte-t-il depuis son compte LinkedIn. 

  

« Une érosion continue » du budget de l’IAE 

  

En 2025, le budget alloué par l’État pour l’insertion par l’activité économique a enregistré une baisse de près de 54 millions d’euros par rapport à 2024, soit -4 %, indique la Fédération des entreprises d’insertion (FEI) dans un communiqué. Entre 2024 et 2026, cette baisse pourrait atteindre près de 100 millions d’euros, soit – 6,5 %, calcule-t-elle, en se fondant sur le rapport annuel de performance publié en mai 2026 par le ministère des Comptes publics. 

En début d’année, le secteur avait évité de justesse une baisse importante de ses financements, sans empêcher « une érosion continue » du budget de l’insertion par l’activité économique, selon le Collectif IAE qui s’était exprimé en janvier.  

L’insertion par l’activité économique regroupe plusieurs types de structures : les ateliers et chantiers d’insertion (ACI), les associations intermédiaires (AI), les entreprises d’insertion (EI), les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) et les entreprises d’insertion par le travail indépendant (EITI). Toutes ces structures ont pour objectif de permettre à des personnes éloignées du marché du travail d’accéder à un travail temporaire et de bénéficier d’un accompagnement spécifique. Elles reçoivent dans ce but des « aides aux postes » de la part de l’État pour chaque emploi en insertion.  

 


Lire également : L'ANTISÈCHE – Au fait, c'est quoi l'insertion par l'activité économique ? 


 

 3 500 postes d’insertion en moins, les EI et ETTI surreprésentées 

 

La baisse budgétaire affecte particulièrement les entreprises d’insertion (EI) et les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI), souligne la Fédération des entreprises d’insertion. « Plus de 40 % de l’effort a été porté par les entreprises d’insertion (-15,8 M€, -6,7 %) et de travail temporaire d’insertion (-6 M€, -8,6 %), alors qu’elles ne captent que 22 % du budget total alloué à l’IAE (part dans le "mix-IAE") », dénonce-t-elle.  

Les EI et les ETTI représentent environ 36 % des structures de l’insertion par l’activité économique, selon des données de fin 2023. Les EI sont des entreprises opérant dans le secteur marchand, mais dont la finalité (l'insertion socio-professionnelle des publics en difficulté) est avant tout sociale. Les ETTI, quant à elles, sont des entreprises d’intérim, mais dont l'activité est entièrement centrée sur l’insertion socio-professionnelle des personnes en difficulté. Le Relais est une entreprise d’insertion.  

Les réductions budgétaires ont des conséquences concrètes. Sur les environ 3 500 postes en insertion supprimés en un an du fait des réductions budgétaires, près de 1 500 concernent des postes en EI et ETTI, souligne la FEI. « La part des budgets de l’IAE (« mix-IAE ») alloué aux EI et ETTI continue de régresser pour s’établir à 22,3 % (contre 24,7 % en 2019), à contre-courant de la volonté du gouvernement de préserver l’équilibre de l’offre d’insertion sur le territoire », pointe-t-elle. 

 


Lire également : 1980 : L’insertion par l'activité économique, une intuition qui allait bouleverser l’accompagnement social 


 

Un appel au gouvernement  

  

Dans ce contexte, la fédération appelle le gouvernement « à préserver les budgets de l’insertion dans le cadre du gel des crédits en 2026 et en vue de la préparation du projet de loi de finances 2027, notamment pour les entreprises d’insertion qui ont déjà pris leur part dans l’effort budgétaire ». 

« Réduire la voilure sur l’insertion, en particulier dans les entreprises d’insertion qui permettent à l’État de faire des économies immédiates sur les dépenses sociales, est un non-sens absolu quand on sait que le chômage augmente et que les besoins en compétences est l’un des principaux freins de l’économie française », argumente quant à lui Antoine Laurent. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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