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Par Carenews INFO - Publié le 30 janvier 2026 - 11:59 - Mise à jour le 30 janvier 2026 - 12:35 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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27 supermarchés européens classés en fonction de leurs ambitions sur le climat et sur la vente de protéines végétales

Le think thank néerlandais Questionmark et plusieurs associations, dont le Réseau action climat, ont récemment publié une étude, comparant les feuilles de route climatiques de 27 enseignes de supermarchés européens. Les trois enseignes françaises analysées n’atteignent pas le haut du classement.

Plus de dix enseignes ont signalé une augmentation de leurs émissions totales par rapport à leurs niveaux de références respectifs, et seulement cinq ont réduit leurs émissions aux cours de ces dernières années. Crédit : iStock / Kondor83
Plus de dix enseignes ont signalé une augmentation de leurs émissions totales par rapport à leurs niveaux de références respectifs, et seulement cinq ont réduit leurs émissions aux cours de ces dernières années. Crédit : iStock / Kondor83

 

Quelles enseignes de supermarchés adaptent le mieux leurs stratégies aux objectifs climatiques ? Pour répondre à cette question, le Réseau action climat s’est associé au think tank néerlandais Questionmark, ainsi qu’aux associations Madre Brava, ProVegInternational et WWF Pays-Bas.  

Cette collaboration a donné lieu à la première édition de l’étude « Superlist Environnement Europe », qui évalue 27 enseignes de supermarché présentes dans huit pays européens sur deux niveaux : l’alignement de leurs plans climatiques avec l’accord de Paris et la manière dont ils orientent la vente de protéines vers davantage de produits d’origine végétale. Les données ont été collectées par Questionmark entre le 16 juin et le 25 juillet 2025 et analysées dans un rapport publié le 27 janvier 2026. 

  

Lidl en tête, Carrefour France à la 12ème place 

  

En haut du classement, les enseignes Lidl Pays-Bas et Lidl Pologne affichent des plans climatiques respectivement alignés à 52 % et à 48 % avec l’accord de Paris, selon la méthodologie de Superlist. Côté « transition protéique », elles obtiennent respectivement un score de 77 % et 73 %. 

Elles sont suivies par la chaîne de supermarché néerlandaise Albert Heijn, avec un score de 43 % pour l’alignement de son plan climat et de 71% concernant la transition protéique. 

Du côté français, le supermarché le mieux noté n’arrive qu’à la 12e place du classement. Il s’agit de Carrefour France, dont le plan Climat est aligné à 29 % avec l’accord de Paris et le score de transition protéique est de 2 %. Intermarché, à la 20e place du classement, présente un alignement de son plan climat de 7 %  et un score de 2 % pour la transition protéique. À la dernière place du classement, Leclerc montre un plan climat aligné à 1 % avec l’accord de Paris et une transition protéique à 0 %. 

Ce classement est réalisé à partir des stratégies et feuilles de route climatiques communiquées par les enseignes. Il se base donc sur les ambitions des distributeurs, et ne mesure pas directement les impacts environnementaux effectifs.

 

La végétalisation des protéines, peu prise en compte par les distributeurs français 

  

Le « principal écueil des distributeurs français » réside dans « la faiblesse des actions pour favoriser une alimentation saine et durable, plus riche en aliments végétaux de qualité et moins riche en protéines animales, en cohérence avec le régime santé planétaire défini par les scientifiques du EAT-Lancet », analyse le Réseau action climat.  

La commission EAT-Lancet est une équipe scientifique pluridisciplinaire fondée par la plateforme de recherche EAT et la revue médicale britannique The Lancet. Chargée de répondre à la question « comment nourrir sainement près de 10 milliards d’individus d’ici à 2050, tout en préservant les ressources planétaires ? », elle est l’origine d’une première étude en 2019 et d’une seconde, publiée le 3 octobre 2025. Selon ces travaux, un régime alimentaire bénéfique à la fois pour la santé humaine et la planète implique une réduction de la part des protéines d’origine animales et une transformation des méthodes de production vers des pratiques plus résilientes, comme l’agroécologie.  

  

Des émissions qui peinent à diminuer 

  

Sur les 27 supermarchés analysés par le rapport, les deux-tiers ont inclus la réduction des ventes de protéines animales dans leurs plans climat, sans pour autant toujours fixer d’objectifs chiffrés ou contraignants. 

Plus de dix enseignes ont en revanche signalé une augmentation de leurs émissions totales par rapport à leurs niveaux de références respectifs, et seulement cinq ont réduit leurs émissions aux cours de ces dernières années, sans que cette baisse n’excède 11 %. Seules sept ont élaboré des feuilles de route détaillées pour réduire leurs émissions à court terme. 

« Aucun des supermarchés français ne s’est engagé explicitement à atteindre la neutralité carbone au sein de leur entreprise d’ici 2050 », souligne encore le rapport. Seul Carrefour a établi une feuille de route pour réduire ses émissions d’ici à 2030. « Le plan climat de E. Leclerc, en particulier, ne communique pas les émissions de gaz à effet de serre de l’enseigne et ne comprend aucune feuille de route avec des objectifs de court terme », appuie le Réseau action climat. Et ce, alors que l’enseigne affiche la première position en termes de parts de marché en France.  

  

Les pratiques agricoles en question

  

En se concentrant sur les objectifs climatiques, le classement mentionne peu les pratiques agricoles promues par les enseignes de supermarché. Un rapport publié en 2025 par la Fondation pour la nature et l’homme montrait par exemple que les huit principales enseignes de grande distribution en France avaient « globalement sorti le bio de leurs feuilles de route ».  

Le Réseau action climat quant à lui appelle les distributeurs français « à se montrer plus ambitieux », non seulement en adoptant en mettant en œuvre « des plans d’action climatique alignés sur l’accord de Paris » et en réduisant la part de protéines animales dans les ventes, mais aussi « en prenant en compte les enjeux de préservation de la biodiversité », « en privilégiant les produits animaux de qualité issus d’élevages français », et en accompagnant les fournisseurs, en particulier les PME-TPE, « dans la transition vers des productions durables ». La fédération d’association environnementales appelle, de plus, à orienter les offres promotionnelles vers des aliments recommandés par le Programme national nutrition santé, comme des fruits, des légumes, des produits céréaliers complets et des légumineuses. 

 


Lire également : Stratégie nationale sur l’alimentation, la nutrition et le climat : un nouveau report de la publication indigne les ONG 


 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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