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Par Carenews INFO - Publié le 6 janvier 2026 - 16:34 - Mise à jour le 6 janvier 2026 - 16:53 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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37 ONG interdites d’accès en Palestine, malgré « des besoins humanitaires extrêmes »

Israël a refusé l’enregistrement de 37 organisations internationales d’aide humanitaire, invoquant notamment le refus de transmission des noms de l’ensemble des employés palestiniens par certaines d’entre elles. Cette décision, qui empêche les organisations de déployer leurs activités à Gaza et en Cisjordanie, porte atteinte au droit international humanitaire, dénoncent les ONG.

Médecins sans frontières  réfute catégoriquement les allégations formulées ces derniers jours par les autorités israéliennes ». Crédit : iStock / HJBC
Médecins sans frontières réfute catégoriquement les allégations formulées ces derniers jours par les autorités israéliennes ». Crédit : iStock / HJBC

 

Depuis le 1er janvier 2026, 37 organisations d’aide humanitaire internationales sont interdites d’activités dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Parmi elles, se trouvent Médecins sans frontières, Handicap International, Oxfam, Première Urgence Internationale ou encore l’organisation Save the Children, présente depuis 70 ans dans la bande de Gaza. 

Cette situation est la conséquence d’un refus d’enregistrement de ces ONG par lsraël, qui invoque une suspicion de présence de personnes affiliées au Hamas parmi les membres du personnel des organisations. Il reproche également à certaines d’entre elles d’avoir refusé de transmettre le nom de tous leurs employés palestiniens ou encore d’avoir pris des positions « délégitimant l’État d’Israël ».  

  

1, 3 million de Palestiniens sans toit  

  

« La menace d'Israël de refuser l'enregistrement de MSF et d'autres organisations non gouvernementales internationales est une tentative cynique et délibérée d’empêcher ces organisations de fournir de l’aide à Gaza et en Cisjordanie, en violation des obligations qui incombent à Israël en vertu du droit international humanitaire », a réagi Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué publié le 2 janvier.  

L’organisation médicale humanitaire « réfute catégoriquement les allégations formulées ces derniers jours par les autorités israéliennes », affirmant qu’elle « n'emploierait jamais sciemment une personne impliquée dans des activités militaires ». « Le fait qu'Israël empêche MSF et des dizaines d'autres organisations de fournir des services aux Palestiniens, après avoir détruit le système de santé de Gaza, s’inscrit dans la continuité des attaques menées contre la population », dénonce-t-elle. 

 


Lire également : 1 300 projets arrêtés et 10 000 emplois supprimés dans la solidarité internationale, calcule Coordination Sud 


 

Dans un autre communiqué publié lundi 5 janvier, 53 ONG internationales, dont Action contre la faim, Médecins du monde France, Première Urgence Internationale et Solidarités Internationale, alertent à leur tour sur les risques d’une telle décision. « Malgré le cessez-le-feu, les besoins humanitaires demeurent extrêmes. À Gaza, une famille sur quatre survit avec un seul repas par jour. Les tempêtes hivernales ont déplacé des dizaines de milliers de personnes, laissant 1,3 million de personnes dans un besoin urgent d’abris », décrivent-elles.  

  

500 travailleurs humanitaires tués depuis le 7 octobre 2023 

  

Dans ce contexte, « les ONG internationales fournissent plus de la moitié de l’aide alimentaire à Gaza, gèrent ou soutiennent 60 % des hôpitaux de campagne, mettent en œuvre près des trois-quarts des activités liées aux abris et aux articles non alimentaires, et assurent l’intégralité des traitements pour les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère », soulignent-elles. Pourtant, ces dernières font face à des risques importants dans le déploiement de leurs activités en Palestine, justifiant, selon elles, de ne pas transmettre l’intégralité des données sur leur personnel à Israël.  

« Plus de 500 travailleurs humanitaires ont été tués depuis le 7 octobre 2023. Les ONG internationales ne peuvent transférer des données personnelles sensibles à une partie au conflit, car cela constituerait une violation des principes humanitaires, du devoir de protection envers le personnel et des obligations en matière de protection des données », appuient les 53 ONG dans leur communiqué. 

« Les acteurs humanitaires ont été attaqués comme jamais auparavant depuis la réponse israélienne aux attaques du 7 octobre 2023 », met également en avant Julia Grignon, professeure associée en droit international humanitaire à Paris Panthéon Assas et membre du Centre de recherche sur les droits de l’homme et le droit humanitaire (CRDH), interrogée par France Culture. « Ces ONG peuvent craindre qu’en communiquant le nom de leurs employés palestiniens, cela porte atteinte à leur sécurité et puisse en faire des cibles », explique-t-elle.  

  

Des « inquiétudes légitimes » sur le partage d’information à Israël  

  

De son côté, Médecins sans frontières partage « des inquiétudes légitimes concernant la demande de partage d’informations personnelles de ses employés palestiniens avec les autorités israéliennes, renforcées par l’absence de clarté sur la manière dont ces données sensibles seront utilisées, stockées ou partagées ». Depuis octobre 2023, 15 de ses membres ont été tués par les forces israéliennes, rapporte l’association, qui soutient « un lit d'hôpital sur cinq à Gaza et un tiers des accouchements ».  

« Dans n'importe quel contexte, et en particulier dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont intimidés, détenus arbitrairement, attaqués et tués en grand nombre, exiger la liste du personnel comme condition d'accès au territoire est une mesure injustifiée et scandaleuse », s’indigne-t-elle. 

 


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Élisabeth Crépin-Leblond 

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