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Par Carenews INFO - Publié le 2 février 2026 - 17:37 - Mise à jour le 2 février 2026 - 17:56
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Alimentation, jeunesse, insertion... Comment les municipalités peuvent lutter contre la pauvreté

Le Collectif Alerte a publié le 28 janvier un plaidoyer, détaillant des actions dont peuvent s’emparer les communes pour contribuer à la lutte contre la pauvreté. Sept domaines sont présentés : l’accès aux droits, le logement et l’hébergement d’urgence, la jeunesse et la parentalité, l’accueil des personnes étrangères, l’alimentation, la transition écologique et l’emploi.

Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2026. Crédit : iStock.
Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2026. Crédit : iStock.

 

Comment les communes peuvent-elles s’engager contre la pauvreté ? À quelques semaines des élections municipales, le Collectif Alerte – qui réunit 37 fédérations et associations de lutte contre la pauvreté - publie un « plaidoyer à destination des candidates et candidats, des élus locaux et de l’ensemble des acteurs territoriaux » pour « faire de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion un pilier des politiques municipales ».  

Pensé à partir de « l’expertise et les travaux du Collectif Alerte et de ses organisations membres », des « pratiques existantes dans de nombreuses collectivités », des « cadres juridiques en vigueur » et des « échanges avec des acteurs associatifs et institutionnels de terrain », le document a été publié le 28 janvier.  

Une mise en œuvre rapide 

 

« Les communes sont le premier échelon de solidarité. Elles accueillent, protègent, orientent et repèrent. Si la lutte contre la pauvreté relève d’abord de politiques nationales, son effectivité dépend largement de la capacité des territoires à rendre les droits accessibles et les services essentiels réellement atteignables », souligne Delphine Rouilleault, présidente du collectif, dans un édito d’introduction. 

 « Une politique municipale solidaire ne repose pas nécessairement sur la création systématique de nouvelles dépenses, mais sur une réorientation des priorités en faveur des publics les plus fragiles », précise-t-elle également. Certaines des actions citées sont par ailleurs réalisables « dès la première année de mandat, sans réforme législative préalable », assure le collectif.  

Agir sur le logement social  

 

Sept grands axes sont ensuite détaillés. Le premier est le non-recours aux prestations sociales, qui concerne « près d’une personne sur trois éligible ». Parmi les actions identifiées pour les communes, considérées comme « le premier échelon d’accès effectif aux droits » : « mettre en place un plan communal de lutte contre le non-recours », « rendre l’analyse des besoins sociaux participative et opérationnelle », par exemple en analysant « les effets de la dématérialisation » ou en produisant « une cartographie locale du non-recours ». Il est aussi suggéré d’assurer qu’aucune personne « ne renonce à ses droits en raison de l’accueil reçu », avec le maintien de guichets physiques, un « accompagnement humain » pour « toute démarche » ou en limitant les demandes de justificatifs non obligatoires.  

Le deuxième axe porte sur le logement, l’hébergement et la lutte contre le sans-abrisme. Les « choix municipaux influencent directement la capacité du territoire à prévenir les situations de rue et à sécuriser les parcours résidentiels », indiquent les auteurs. Les communes devraient ainsi, selon le collectif, « mettre en œuvre une stratégie locale de prévention et de résorption du sans-abrisme », « prioriser les ménages vulnérables dans les attributions de logement sociaux », « lutter activement contre l’habitat indigne et prévenir les expulsions ».  

Contribuer à la « transition écologique juste » 

 

Pour ce qui est de l’accès « digne à une alimentation durable », les communes « jouent un rôle décisif (...) à travers la restauration scolaire, les politiques tarifaires, l’urbanisme, le foncier, le soutien aux associations et aux initiatives locales ». Il est ainsi possible de soutenir des projets « favorisant l’accès à une alimentation saine et de qualité » comme des épiceries sociales et solidaires ou d’instaurer une tarification sociale progressive dans les cantines, par exemple.  

Les municipalités « disposent de leviers concrets pour faire de la transition écologique un levier de justice sociale », poursuivent les auteurs. « La transition écologique et le changement climatique affectent de manière disproportionnée les ménages les plus modestes », soutiennent-ils. Ils appellent donc par exemple à « faire de la lutte contre la précarité énergétique une priorité municipale », à « garantir une mobilité accessible aux publics les plus fragiles » ou à « protéger les populations face aux risques climatiques », avec un « plan municipal d’adaptation climatique ».  

 


Lire également : Municipales 2026 : une majorité de Français soutient les mesures de transition écologique 


 

Participer à l’accès aux droits des personnes étrangères 

 

Les communes « occupent une place centrale dans la vie quotidienne des enfants, des jeunes et de leurs parents », considère le collectif. Sur ces sujets, il propose aux élus d’agir pour « garantir l’accès effectif aux services municipaux pour tous les enfants », y compris ceux en situation de handicap et avec une tarification sociale, pour « structurer une politique municipale de soutien à la parentalité » et pour favoriser l’autonomie et la participation des jeunes, par exemple en soutenant « des espaces et dispositifs d’engagement qui s’adressent à eux ».  

Par ailleurs, « les communes sont souvent le premier point de contact » des personnes étrangères qu’elles « accueillent, informent, orientent, domicilient ». De plus, elles « soutiennent les associations locales, facilitent l’apprentissage du français et veillent à l’accès aux services essentiel ». Ainsi, « elles jouent un rôle déterminant dans l’effectivité des droits fondamentaux ». Il faut donc « garantir la domiciliation administrative dans le respect strict du droit », « financer des dispositifs d’interprétariat et de médiation interculturelle » et « structurer une politique municipale d’hospitalité et de lutte contre les discriminations », avancent les auteurs. 

Enfin, le plaidoyer détaille dans quelle mesure les municipalités peuvent « agir sur les conditions d’accès, de maintien et de qualité de l’emploi, ainsi que sur la prévention de la pauvreté au travail ». Elles peuvent soutenir l’insertion par l’activité économique (IAE), notamment en intégrant des clauses sociales dans les marchés publics, agir sur « les freins périphériques à l’emploi » comme la garde d’enfants, la mobilité et le logement ou accompagner les travailleurs pauvres, avec des « permanences d’information et d’orientation » par exemple.  

 

Célia Szymczak 

 

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