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Par Carenews INFO - Publié le 13 mai 2026 - 10:14 - Mise à jour le 13 mai 2026 - 11:11 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Claire Thoury, candidate à la présidence du Cese : « C’est une faute des pouvoirs politiques de ne pas s’appuyer davantage sur la société civile organisée »

La présidente du Mouvement associatif est l’une des deux candidates à la présidence du Conseil économique, social et environnemental. Les élections auront lieu le 20 mai. Elle évoque auprès de Carenews ses motivations et sa vision du Cese.

Claire Thoury préside le Mouvement associatif depuis 2021. Crédit : Mouvement associatif.
Claire Thoury préside le Mouvement associatif depuis 2021. Crédit : Mouvement associatif.

 

Sociologue de formation, Claire Thoury préside le Mouvement associatif, qui représente 700 000 associations en France. Elle convoite la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Cette assemblée, composées de représentants de la société civile issus du monde économique, du secteur associatif ou encore de la protection de l’environnement a pour mission de conseiller le gouvernement et le Parlement, mais aussi d’évaluer des politiques publiques et de favoriser « le dialogue entre les catégories socioprofessionnelles ».  

Les élections auront lieu le 20 mai prochain : Claire Thoury fait face à Dominique Carlac’h, membre du conseil exécutif national du Medef, fondatrice de l’entreprise D&Consultants et élue au conseil d’administration du Comité national olympique et sportif français. 

 

  • Carenews : Pourquoi avez-vous choisi d’être candidate à la présidence du Cese ?

 

Claire Thoury : C’est une institution centrale de la République. C’est la chambre de la société civile organisée, des corps intermédiaires, ainsi que celle de la participation citoyenne. C’est un espace éprouvé de dialogue, d’écoute, de construction du compromis. Cela fait plus de 100 ans que le Cese existe. 

Le Cese m’a beaucoup apporté pendant cinq ans [elle a été conseillère entre 2021 et 2026]. J’ai envie de m’y engager encore plus fortement. Je pense que cela compte d’avoir une institution stable démocratiquement, caisse de résonnance de ce qu’il se passe dans la société, qui rayonne et influe sur la décision publique.  

  

  • Pourquoi le Cese vous paraît-il essentiel ? 

 

C’est une institution qu’on chercherait à inventer si elle n’existait pas, pour faire dialoguer la société civile afin de résoudre les grandes crises démocratiques, écologiques, économiques et sociales de notre pays. 

Le Cese s’empare de sujets qui font la vie quotidienne des Françaises et des Français, comme l’accès aux transports, aux soins, la crise du logement, la protection de l’enfance ou l’économie servicielle, pour essayer de construire des propositions, acceptées et acceptables parce que démocratiquement débattues. 

  

  • Est-il bien connu des citoyens ?  

 

Il ne l'est pas assez, et il faut qu'il soit plus visible évidemment, vis-à-vis des citoyens mais aussi des pouvoirs publics. Il faut donc pousser des propositions, être dans le débat public, embarquer encore plus les organisations membres. Grâce à la participation citoyenne, 60 000 citoyens sont passés au CESE ces cinq dernières années (ils ont été associés aux travaux de l'institution), et cela contribue au fait qu'il soit de plus en plus connu et reconnu. 

 

Il y a une lecture trumpiste du monde qui consiste à réduire la démocratie à la majorité. La démocratie est conditionnée par la majorité, mais ce n’est pas suffisant.

 

  • Seuls 33 % des Français font « plutôt » ou « très » confiance au Cese, selon le baromètre Opinionway pour le Cevipof publié en 2026. 62 % ne lui font « plutôt pas » ou « pas du tout » confiance, tandis que 5 % ne se prononcent pas. Que vous inspirent ces chiffres ?  

 

Combien font confiance aux politiques ? Ce que ça m’inspire, c’est : quelle est notre conception de la démocratie ? Nous faisons face à des dérives illibérales extrêmement préoccupantes. La première chose attaquée, ce sont les contre-pouvoirs, la liberté de presse, mais aussi la place des corps intermédiaires.  

Par ailleurs, les organisations qui composent le Cese en défendent une conception plus exigeante. Cette conception, ce n’est pas seulement dire « j’ai la majorité, donc j’ai raison ». Elle laisse sa place à la pensée contradictoire, elle nous impose de penser contre nous même en tant qu’individus et en tant que collectif. Selon cette conception, nous ne pouvons pas vivre de façon sereine sans institutions stables, sans État de droit fort, sans corps intermédiaires qui contribuent au débat public.  

 

  • La Cour des comptes pointait en juillet dernier dans un rapport des saisines limitées du Cese par le gouvernement et le Parlement. Comment faire mieux ?  

 

C’est une faute des pouvoirs politiques de ne pas s’appuyer davantage sur la société civile organisée dans un moment avec un tel niveau de défiance vis-à-vis de nos représentants et de nos institutions.

 

Il tient aussi à nos représentants politiques de faire davantage appel à nous. Si je suis élue, j’irai les voir de façon officielle pour les y appeler.  

  

  • Le Cese peut également s’auto-saisir et il organise par ailleurs des conventions citoyennes. Son travail, en général, est-il suffisamment utilisé ? 

 

Le Cese contribue à l’élaboration des décisions publiques. Sur la fin de vie et le travail en période de canicule, par exemple, il a fait des propositions suivies d’effets, même si cela prend parfois du temps. 

Il tient aussi à nos représentants politiques de faire davantage appel à nous. Si je suis élue, j’irai les voir de façon officielle pour les y appeler.  

  

  • Vous avez obtenu le soutien d’associations et de fédérations associatives, mais aussi de quasiment tous les syndicats de salariés, à l’exception de la CFTC et de Solidaires. Êtes-vous optimiste pour l’élection de la semaine prochaine ?  

 

Je suis concentrée. Une élection n’est pas faite tant qu’elle n’a pas eu lieu. Je suis très heureuse de cette campagne sur le fond et sur la forme. Elle a rassemblé et mobilisé largement. Je suis très fière de compter autant d’organisations, aussi diverses, parmi mes soutiens. Et si je suis élue, nous sommes prêts à nous mettre au travail. 

 

Propos recueillis par Célia Szymczak 

 

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