En France, la rémunération des PDG a augmenté près de 4 fois plus vite que les salaires
Oxfam et la Confédération syndicale internationale ont publié une analyse de la fortune des milliardaires et des rémunérations des PDG de grandes entreprises mondiales, liées à leurs salaires et à leurs primes, mais aussi aux dividendes qu’ils perçoivent.
Oxfam et la Confédération syndicale internationale ont publié le 1er mai une note « montrant l’augmentation de la fortune des milliardaires et des rémunérations des PDG de grandes entreprises mondiales, malgré une baisse persistante des salaires ».
En France, la rémunération des PDG a augmenté 3,6 fois plus vite que les salaires en 2025. 107 milliards de dividendes ont par ailleurs été versés à des actionnaires.
Des dividendes très rémunérateurs
Dans le monde, « les milliardaires ont atteint un nouveau record de richesse en 2026 : ils sont riches de quatre mille milliards de dollars de plus qu’il y a douze mois ». La grande majorité (quatre sur cinq) sont plus riches maintenant qu’il y a un an. Et on compte 400 milliardaires de plus que l'année dernière.
Les entreprises ont payé 79 milliards d’euros de dividendes à des milliardaires en 2025. En moyenne, ces derniers gagnent plus grâce à leurs dividendes en moins de deux heures que ce qu’un travailleur moyen gagne en un an.
Davantage de taxation
La rémunération des 1 500 PDG les mieux payés a augmenté 20 fois de plus que celle des salariés : elle s’élève à 8,4 millions de dollars en moyenne en 2025, contre 7,6 millions en 2024 et 5,5 millions en 2019. En parallèle, les ONG constatent la baisse de 12 % des salaires réels – corrigés de l’inflation – depuis 2019. Mais aussi une « diminution de la part de la prospérité économique revenant aux travailleurs, malgré le fait qu’ils soient plus productifs ».
Oxfam et la Confédération syndicale internationale demandent notamment « des plans de réduction des inégalités nationaux » et une « imposition efficace des super-riches », mais aussi des « pares-feux plus robustes entre la richesse et la politique », avec des « réglementations plus strictes sur le lobbying et le financement de campagnes politiques par les riches » et davantage d’indépendance médiatique.
Célia Szymczak 