ESS : le gouvernement renonce à la réduction budgétaire annoncée début juin
Au début du mois de juin, le gouvernement avait annoncé une réduction de crédits de 4 millions d’euros alloués au développement l’économie sociale et solidaire . Le ministre Serge Papin a finalement annoncé un retour en arrière sur cette décision lors du bureau du Conseil supérieur de l’ESS, selon des personnes présentes.
La mobilisation des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) a payé. Les 4 millions d’euros supplémentaires de coupes budgétaires annoncées sont finalement annulées, a déclaré Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat, en charge de l’ESS, le lundi 22 juin dans le cadre du bureau du Conseil supérieur de l’ESS. Cette instance a pour rôle d’assurer le dialogue entre les acteurs de l’économie sociale et solidaire et les pouvoirs publics.
Au début du mois, ESS France avait appris « l’annonce imminente d’une réduction des crédits [budgétaires] dédiés à l’ESS de plus de 30 % », soit 4 millions d’euros. Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2026, en octobre 2025, une coupe de 7 millions d’euros par rapport à l’année précédente était prévue, sur un total de près de 20 millions consacrés au développement de l’ESS, notamment via le financement de ses têtes de réseau, des chambres régionales de l’ESS et du dispositif local d’accompagnement (DLA). Mais le gouvernement avait finalement décidé de ne pas supprimer ces crédits lorsqu’il a utilisé l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote. Avant de revenir sur ses engagements début juin.
Face à cette décision, ESS France et l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) avaient suspendu dans la foulée leur participation aux travaux d’élaboration de la Stratégie nationale de l’ESS, qui doit être présentée en juillet, avec plus de six mois de retard. Une lettre ouverte au Premier ministre réclamant le retour des crédits avait été signée par plus de 4 000 personnes, dont les représentants des principales organisations du secteur.
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Un « soulagement » mais une mobilisation qui continue
« C’est un soulagement pour l’ESS », réagit ESS France sur le réseau social Linkedin. « Dans une période où de trop nombreuses entreprises et organisations de l'ESS sont menacées de fermer un certain nombre de programmes, et donc de diminuer leur contribution à l'intérêt général, il était indispensable que les crédits qui financent l'écosystème d'accompagnement de l'ESS soient maintenus », argumente la chambre représentative de l’économie sociale et solidaire.
En s’exprimant contre l’annulation des crédits début juin, ESS France avait notamment souligné que les crédits en question étaient déjà engagés en « large partie » par les structures en bénéficiant. Leur annulation menaçait donc certaines organisations de cessations de paiement, de suppressions de postes et rupture d’activités
« C’est une victoire pour l’ensemble du monde ESS », s’est également réjoui David Cluzeau, président de l’Udes. « Nous avions impulsé avec ESS France une mobilisation générale fortement relayée et portée massivement aussi par des élus. Désormais, nous espérons que la stratégie nationale qui verra le jour sera soutenue à la hauteur de l’engagement des acteurs de l’ESS », partage-il sur son compte LinkedIn. « Restons très mobilisés pour demain. Les conditions d'action sur le terrain restent très difficiles, notamment dans le secteur associatif », abonde Bastien Sibille, secrétaire général de Coop FR, l’organisation représentative des coopératives françaises.
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Élisabeth Crépin-Leblond et Célia Szymczak 