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Par Carenews INFO - Publié le 8 juin 2026 - 16:45 - Mise à jour le 8 juin 2026 - 16:53 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Face à une nouvelle coupe budgétaire, l’ESS pointe du « mépris » vis-à-vis des acteurs de la solidarité

ESS France dénonce une réduction de crédits accordés par les pouvoirs publics au développement de l’économie sociale et solidaire de 4 millions d’euros. En conséquence, la chambre représentative des acteurs de l’ESS a annoncé la suspension de sa participation aux travaux d’élaboration de la Stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire.

Les associations sont les principales employeuses de l'ESS, qui représente plus de 13 % des emplois privés en France. Crédit : iStock.
Les associations sont les principales employeuses de l'ESS, qui représente plus de 13 % des emplois privés en France. Crédit : iStock.

 

Il se produit une « rupture majeure de la confiance entre l’État et les représentants des organisations et entreprises de l’ESS », déplorent ESS France, la chambre représentative de ces acteurs, et l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), respectivement dans un communiqué publié le 5 juin et une lettre ouverte publiée le 8 juin.  

ESS France a appris « l’annonce imminente d’une réduction des crédits [budgétaires] dédiés à l’ESS de plus de 30 % ». « L’État n’honorera pas son engagement et annule 4 des 7 millions de crédits promis » pour le budget consacré au développement de l’ESS, a précisé un peu plus tôt Benoît Hamon, le président d’ESS France, sur son compte Linkedin.  

« Ces crédits sont surtout destinés à venir en appui à des associations qui accompagnent les personnes âgées ou en situation de handicap, des structures qui favorisent l’insertion professionnelle, des acteurs qui maintiennent des services de proximité, des initiatives qui renforcent la cohésion sociale et la vitalité de nos territoires », explique  David Cluzeau, le président de l’Udes, dans sa lettre ouverte adressée au ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat, Serge Papin, en charge de l’ESS. 

 

Boycott des travaux d’élaboration de la stratégie nationale de l’ESS 

 

Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2026, en octobre 2025, une coupe de 7 millions d’euros par rapport à l’année précédente été prévue, sur un total de près de 20 millions prévus pour financer le développement de l’ESS, notamment via le financement de ses têtes de réseau, des chambres régionales de l’ESS et du dispositif local d’accompagnement (DLA). Mais le gouvernement avait finalement décidé de ne pas supprimer ces crédits lorsqu’il a utilisé l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote. Avant de revenir sur ses engagements la semaine dernière, d’après ESS France. 

Face à ce revirement, l’organisation a choisi suspendre sa participation aux travaux d’élaboration de la Stratégie nationale de l’ESS, une feuille de route prévoyant son développement pour les dix ans à venir. Celle-ci doit être présentée en juillet au Conseil supérieur de l’ESS, avec plus de six mois de retard et après plusieurs reports. L’Udes, en soutien, suspend également sa participation aux discussions en cours. 

 


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Des financements déjà engagés 

 

Une réduction du budget « se traduira par la fragilisation des réseaux qui accompagnent les entreprises et organisations de l’ESS déjà en difficulté », détaille ESS France dans son communiqué, mentionnant la perte de 10 447 emplois au second semestre 2025 par rapport à 2024. Les associations, principales employeuses de l’ESS, alertent les pouvoirs publics sur leur difficultés économiques depuis de longs mois.  

Les structures bénéficiant des crédits concernés les ont engagés dans « une large partie », pointe ESS France. « En apprenant que l’État ne sera pas en mesure de rembourser ces avances, l’interruption des actions sera immédiate, des suppressions de postes aujourd’hui difficiles à chiffrer sont inévitables, des cessations de paiement sont à craindre », ajoute l’organisation.  

« Derrière ces coupes budgétaires, il y a un choix politique : celui de fragiliser un peu plus des acteurs déjà sous tension et de considérer que les bénévoles continueront, quoi qu’il arrive, à combler les manques », a commenté Mickael Huet, le délégué général du Mouvement associatif, qui représente environ la moitié des associations françaises. « Ce mépris devient difficilement supportable. Les millions de bénévoles qui donnent de leur temps pour faire vivre le sport, la culture, la solidarité, l’éducation populaire ou l’environnement ne sont pas une variable d’ajustement des finances publiques », a-t-il pointé.  

 


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Célia Szymczak 

 

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