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Par Carenews INFO - Publié le 21 avril 2026 - 10:47 - Mise à jour le 21 avril 2026 - 10:54 - Ecrit par : Célia Szymczak
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L’épargne salariale finance des entreprises développant de nouveaux projets d’énergie fossile, selon Reclaim finance

Sept fonds d’épargne salariale sur dix investissent dans au moins une entreprise développant de nouveaux projets fossiles, d’après une note de l’ONG. Certains affichent pourtant des allégations de durabilité. Mais des différences existent selon les gestionnaires.

Reclaim finance est une ONG spécialisée sur les liens entre finance et climat. Crédit : iStock.
Reclaim finance est une ONG spécialisée sur les liens entre finance et climat. Crédit : iStock.

 

Vous bénéficiez peut-être, dans votre entreprise, d’un système d’épargne salariale, qui vous permet de recevoir une prime liée à la performance de l’entreprise. De quoi « mettre de l’argent de côté facilement » et « se préparer à certains événements futurs », écrit Reclaim finance dans une note publiée le 21 avril. « Mais investir pour l’avenir peut paradoxalement le mettre en péril. En effet, certains gestionnaires d’épargne salariale soutiennent des entreprises qui, par leurs pratiques, pavent la route vers un monde à +3 °C » de réchauffement climatique, poursuit l’ONG spécialisée. 

Elle a analysé les investissements réalisés par les trois principaux acteurs en France : Amundi (Crédit agricole), Vega Investment solutions (Banque populaire Caisse d’épargne) et BNP Paribas Asset management. Cela représente près de « 80 % des 230 milliards d’euros d’encours de l’épargne salariale en France ». « Sept  fonds sur dix investissent encore dans au moins une entreprise développant de nouveaux projets fossiles », déplore l’ONG. TotalEnergies, par exemple, « se retrouve dans 34 % des fonds d’épargne salariale analysés ». 

En 2021, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a élaboré un scénario permettant d’atteindre zéro émission nette en 2050, selon lequel « aucun nouveau champ pétrolier et gazier n’est approuvé (...) et aucune nouvelle mine de charbon ou extension minière n’est requise ». « Pourtant, depuis cette date, 2 300 projets fossiles ont été approuvés. Une fois en production, leurs émissions dépasseraient près de 11 fois » notre budget carbone, soit ce que nous pouvons encore émettre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, soutient Reclaim Finance. 

 


Lire également : Les projets d’extraction de combustibles fossiles dans le monde compromettent largement nos objectifs climatiques 


 

Des différences selon les gestionnaires 

 

Les auteurs de la note constatent « des écarts notables pour les gestionnaires d’actifs ». En effet, 8 fonds sur 10 sont exposés à au moins une entreprise développant de nouveaux projets fossiles dans les cas d’Amundi (75 % des 52 fonds analysés) et de Vega IS (79 % des 33 fonds analysés), contre 4 fonds sur 10 pour BNP Paribas AM (22 fonds analysés).  

L’exposition moyenne aux entreprises développant de nouveaux projets fossiles est plus faible qu’en 2024, année d’un précédent rapport de Reclaim finance sur le sujet, passant de 84 à 69 %. Cependant, l’évolution diffère selon les acteurs. BNP Paribas AM a réduit de 46 points la part de fonds exposés, passant de 87 % en 2024 à 41 % cette année. Cela s’explique par sa décision de cesser ses investissements dans de nouvelles obligations pour les entreprises actives dans l’extraction et la production de pétrole et de gaz, explique Reclaim finance. Dans le cas d’Amundi, la part baisse de 94 à 75 %. Pour Vega IS, elle augmente de 78 % à 79 %.  

 


Lire également : Comment notre épargne pourrait financer la transition écologique 


 

Des fonds avec des allégations environnementales 

 

« Notre analyse révèle également qu’une part significative (58 %, 18 sur 31) des fonds d’épargne salariale affichant une allégation de durabilité dans leur nom investit dans au moins une entreprise qui développe de nouveaux projets fossiles », indiquent les auteurs de la note. Il s’agit de fonds ayant « climat », « responsable » ou « durable » dans leur nom, par exemple. Là encore, Vega IS se distingue : c’est « l’acteur avec le plus de fonds durables exposés à ces entreprises (86 %, 12 sur 14) ». 

« La proportion des fonds affichant une allégation de durabilité dans leur nom et exposés aux développeurs fossiles » diminue toutefois de 20 % par rapport à 2024.  

 

Célia Szymczak 

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