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Par Carenews INFO - Publié le 8 avril 2026 - 10:27 - Mise à jour le 8 avril 2026 - 10:30 - Ecrit par : Camille Dorival
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« Les jeunes cherchent des formes d’engagement », selon Alban Gonord (Macif, Parlement des jeunes)

La troisième édition du Parlement des jeunes a eu lieu les 2 et 3 avril à Paris. 200 jeunes âgés de 16 à 24 ans ont pu, à cette occasion, présenter 100 propositions sur des enjeux de société. Alban Gonord, directeur de l’engagement de la Macif, partenaire majeur de l’événement, explique à Carenews les enseignements et objectifs de ce dispositif.

Comme en 2023, l'édition 2026 du Parlement des jeunes s'est tenue dans l'enceinte du Conseil économique, social et environnemental, dont le bâtiment a été conçu par l'architecte Auguste Perret. Crédit : DR.
Comme en 2023, l'édition 2026 du Parlement des jeunes s'est tenue dans l'enceinte du Conseil économique, social et environnemental, dont le bâtiment a été conçu par l'architecte Auguste Perret. Crédit : DR.

 

 

Après 2021 et 2023, le « Parlement des jeunes » s’est réuni pour sa troisième édition, les 2 et 3 avril derniers au Conseil économique, social et environnemental (Cese), à Paris. L’occasion de réunir 200 jeunes de 16 à 24 ans, venus de toutes les régions françaises, pour débattre, témoigner des réalités de leurs territoires, et faire des propositions sur les grands enjeux de société.

L’événement, créé dans le contexte de la crise du Covid-19 et organisé par La Fabrique d’avenir, est notamment soutenu par la Macif. Alban Gonord, directeur de l’engagement de la mutuelle d’assurances, explique à Carenews les objectifs et les effets de cette démarche.

 

  • Carenews : Qu’est-ce que le Parlement des jeunes et comment fonctionne-t-il ?

 

Alban Gonord : Cet événement consiste à donner la parole aux jeunes sur les grands sujets de société, comme l’éducation, la santé, la citoyenneté ou l’écologie. Le fait qu’il ait lieu au Cese, la troisième instance de la République, vise à donner du poids à la démarche.

Les 200 jeunes qui y ont participé ont été sélectionnés pour être représentatifs de la diversité de leur classe d’âge. Ils se sont réunis à partir du mois de février 2026 par commissions thématiques. Les 2 et 3 avril, au Cese, chaque commission a restitué le résultat de ses réflexions. Les jeunes ont formulé 100 propositions, face à des personnalités comme Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, Pierre Schill, le chef d'état-major de l'armée de Terre, ou Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France.

Il s’agit donc d’une démarche citoyenne et démocratique, qui vise à écouter la jeunesse et lui permettre de réfléchir à comment nous pouvons continuer à faire société.

 

  • Dans quelle mesure ces propositions sont-elles prises en compte, au-delà de la tenue de l’événement ?

 

D’abord, les propositions sont faites devant des élus, des décideurs, des médias, des influenceurs, qui les relaient et contribuent à les faire connaître.

Ensuite, la nouveauté de cette édition 2026, c’est que nous avons constitué un « parlement permanent », qui regroupera les jeunes pendant un an, pour poursuivre les discussions entamées. Ce parlement permanent servira notamment à effectuer le suivi des propositions faites par les jeunes, et nous permettra de continuer à appuyer leur plaidoyer dans la durée.

 

France télévisions a réuni les jeunes "parlementaires" pour réfléchir avec eux à un dispositif et des nouveaux formats qui permettront d’associer les jeunes aux débats autour de l’élection présidentielle. »

 

Enfin, plusieurs actions concrètes sont nées à la suite de ces rencontres. Par exemple, France télévisions a réuni les jeunes « parlementaires » pour réfléchir avec eux à un dispositif et des nouveaux formats qui permettront d’associer les jeunes aux débats autour de l’élection présidentielle. Du côté de la Macif, nous veillons à leur donner des espaces d’expression réguliers, notamment dans le cadre de l’Université de la Terre, dont nous sommes également partenaires et dont la prochaine édition aura lieu en mars 2027.

 


Lire également : Parlement des jeunes : huit propositions pour un monde idéal en 2033 


 

  • En novembre 2025, en préparation de cette édition 2026, vous avez publié, avec Viavoice, une étude sur les perceptions et imaginaires du politique chez les jeunes. Quels en sont les principaux enseignements ?

 

Nous avons mené cette étude auprès de 2 500 jeunes âgés de 12 à 30 ans. Il en ressort plusieurs données très intéressantes, même s’il faut souligner en préalable que, comme le disait le sociologue Pierre Bourdieu, « La jeunesse n’est qu’un mot » : il n’existe pas qu’une seule jeunesse, mais des réalités multiples.

Néanmoins, l’étude note, chez une majorité des jeunes, une hostilité vis-à-vis des responsables politiques. 70 % des jeunes disent se méfier d’eux : ils utilisent pour les qualifier des termes tels que « menteurs », « voleurs » ou « incapables ».

 

40 % des 12-15 ans disent avoir souvent des discussions politiques ; 62 % d’entre eux se disent intéressés par l’élection présidentielle. »

 

Cela n’empêche pas les jeunes d’être politisés : 40 % des 12-15 ans, notamment, disent avoir souvent des discussions politiques ; 62 % d’entre eux se disent intéressés par l’élection présidentielle. Toutefois, la moitié des jeunes pensent que cette élection n’aura pas d’impact sur leur quotidien.

Troisième enseignement, les jeunes entrent souvent en politique par une forme d’indignation ou de contestation, contre les inégalités, les violences, les discriminations ou la dégradation de l’environnement, notamment. Ils forment souvent leur opinion dans l’intimité de leur sphère familiale ou amicale. Néanmoins, et cela est potentiellement inquiétant, 40 % disent que les réseaux sociaux jouent un rôle important dans leur construction politique. Ils estiment d’ailleurs que les médias (selon 67 % d’entre eux), les marques (64 %) et les influenceurs (60 %) ont aujourd’hui plus de pouvoir de transformation que les responsables politiques (59 %). 

Enfin, les jeunes expriment un grand désir de se réapproprier le politique. 64 % des jeunes interrogés se disent en capacité de changer la politique. Ils veulent porter des transformations concrètes et expriment un puissant désir d’engagement, notamment sur les questions de justice sociale et d’équité économique. Cela se vérifie d’ailleurs à travers les données sur l’engagement associatif : en 2025, 23 % des jeunes de 15 à 34 ans se disent engagés dans une association, contre 16 % en 2010, selon le baromètre de France bénévolat.

 

  • Qu’en déduisez-vous en tant que responsable de l’engagement d’une des grandes organisations de l’économie sociale et solidaire ?

 

Pour nous, c’est un signal clair : les jeunes ne se désintéressent pas de la vie publique, mais ils cherchent d’autres formes d’engagement.

Cela confirme que les organisations de l’ESS, caractérisés par une gouvernance démocratique, sont à leur place. À la Macif, cela passe notamment par la création d’espaces de dialogue avec nos sociétaires, jeunes ou moins jeunes, mais aussi par la valorisation d’initiatives portées par des citoyens.

 

Propos recueillis par Camille Dorival 

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