Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 6 janvier 2026 - 11:31 - Mise à jour le 7 janvier 2026 - 19:29 - Ecrit par : Célia Szymczak
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

Les Jeux olympiques et paralympiques 2030 dans les Alpes contestés par des ONG

L’Assemblée nationale doit se prononcer le 13 janvier sur le projet de loi d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en 2030, dans les Alpes françaises. Plusieurs ONG contestent l’organisation de l’événement en l’état.

Des épreuves se situeront à proximité de Briançon, dans les Hautes-Alpes. Crédit : iStock.
Des épreuves se situeront à proximité de Briançon, dans les Hautes-Alpes. Crédit : iStock.

 

Les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de 2030 doivent être « les plus sobres de l’histoire », avec une « exemplarité » sur le plan environnemental, a déclaré Marina Ferrari, la ministre des sports. Mais à ce jour, pour l’association de protection des montagnes Mountain Wilderness France, ces jeux sont au contraire en « contradiction avec les engagements climatiques de la France, la loi Climat et résilience et l’objectif de Zéro artificialisation nette », a-t-elle estimé dans un communiqué, diffusé le 15 décembre dernier.  

À ce moment-là, l’Assemblée nationale débattait sur le projet de loi relatif à l’organisation des jeux. Elle doit se prononcer sur le texte, au moyen d’un vote solennel, le 13 janvier 2026.  

Quatre zones pour les compétitions ont été désignés : en Haute-Savoie, en Savoie, à Nice et autour de Briançon. Une autre devrait être annoncé prochainement, et pourrait se situer à l’étranger.  

 

Des Jeux « anachroniques » 

 

Dénonçant l’impact sur les finances publiques, la destruction de l’environnement naturel par la construction ou la réhabilitation des sites, les émissions de gaz à effet de serre associées à ces travaux et aux déplacements ou encore l’utilisation d’eau pour produire de la neige artificielle, France nature environnement Auvergne-Rhône-Alpes (FNE Aura) a publié une pétition en décembre. « Organiser des Jeux sous cette forme, au moment où le réchauffement climatique frappe les Alpes de plein fouet, paraît un peu anachronique », considère Éric Feraille, pilote du réseau montagne de FNE Aura.  

À ses yeux, les JOP encouragent un « modèle basé sur le ski » qui n’est plus tenable, ni sur le plan écologique, ni sur le plan économique, notamment parce qu’il n’assure pas un revenu suffisant aux travailleurs saisonniers et ne permet pas la vie à l’année dans les stations. « Tout l'argent public engagé ne sera plus disponible pour faire une transition économique sérieuse », regrette-t-il encore. Le budget des JOP est fixé à 2,132 milliards d'euros, dont un quart d'argent public. 

 


Lire également : Stations de ski et changement climatique : un modèle de transition difficile à trouver 


 

Une demande de débat public 

 

« On sait que maintenant que la machine est lancée, la suspension du projet est compliquée, l’État va devoir payer », reconnait Éric Feraille. Ainsi, comme Moutain Wilderness, FNE Aura propose d’organiser une consultation du public sur l’intégralité du projet. Les associations, avec d’autres, ont saisi le comité chargé de vérifier le respect de la convention d’Aarhus, un traité international qui organise l’information et la participation du public sur les questions ayant une incidence sur l’environnement. Les ONG contestent l’absence de consultation des citoyens avant le lancement du projet.  

FNE Aura exige aussi d’abandonner la construction ou réhabilitation des sites « les plus impactants », comme la patinoire qui doit être construite à Nice ou le village olympique imaginé à Briançon, sur le site historique du Fort des Têtes. Éric Feraille ne mâche pas ses mots, en les qualifiant « d’idées idiotes », pointant notamment le coût financier et environnemental. 

 

Des dérogations prévues par le projet de loi  

 

Le projet de loi que l’Assemblée doit voter le 13 janvier « multiplie les dérogations au droit commun en matière d’urbanisme, d’environnement », s’alarme par ailleurs Mountain Wilderness. Le texte prévoit en effet de dispenser des interdictions liées à la publicités prévues par le code de l’environnement, dans certaines conditions, les emblèmes olympiques et paralympiques ainsi que les logos des « partenaires de marketing olympiques ». Des dérogations sont également prévues pour les installations temporaires en matière d’urbanisme.  

« On ne peut pas faire croire aux gens que l’on va déroger à des principes fondamentaux en matière de protection de la biodiversité et des équilibres naturels, auxquels nous sommes très attachés », a toutefois certifié Marina Ferrari, la ministre des sports, auditionnée par une commission parlementaire en décembre.  

À noter cependant, en raison d'un amendement du Sénat, les constructions, installations et aménagement liés aux JOP pourraient ne pas être comptabilisées dans l’atteinte des objectifs nationaux de réduction de l’artificialisation.  

 

Des interrogations sur l'héritage

 

« Alors que les JOP sont présentés comme devant renforcer l’attractivité des Alpes, notamment en période hivernale, force est de constater que les Alpes françaises sont déjà trop attractives et souffrent de surfréquentation, causant emballement immobilier (...) et surfréquentation des domaines skiables », pointe Moutain wilderness dans une note de position sur le texte de loi.  

« On ne voit pas quel pourrait être [l’héritage des JOP] sinon des dettes, des équipements inutiles, des atteintes aux milieux naturels, une empreinte carbone démesurée qui accentue le changement climatique (...), une gentrification des sites hôtes », liste-t-elle.  

 

Célia Szymczak 

 

 

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer