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Par Carenews INFO - Publié le 2 février 2022 - 14:12 - Mise à jour le 2 février 2022 - 14:34 - Ecrit par : Théo Nepipvoda
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Mal-logement : la Fondation Abbé Pierre étrille le quinquennat Macron

La Fondation Abbé Pierre a publié le 27e rapport annuel sur l’état du mal-logement. Il pointe du doigt le quinquennat d’Emmanuel Macron, et notamment les mesures concernant les APL.

300 000 personnes seraient actuellement sans domicile. Source : Carenews.
300 000 personnes seraient actuellement sans domicile. Source : Carenews.

 

La Fondation Abbé Pierre a publié, ce mercredi 2 février, le 27e rapport annuel sur l’état du mal-logement en France. Ce rapport estime que le logement a été le « parent pauvre » du quinquennat d’Emmanuel Macron. 

Le rapport dresse un état des lieux particulièrement alarmant du mal-logement. Au moins 300 000 personnes seraient actuellement sans logement, un chiffre qui a doublé depuis 2012. Depuis décembre 2021, 4 000 personnes appellent chaque soir le 115, en vain « faute de place d’hébergement » malgré la hausse continue du nombre de places disponibles. Le rapport pointe également du doigt les limites de l’hébergement d’urgence, inadapté et parfois insalubre, qui se sont révélées encore plus prégnantes pendant la crise sanitaire.

Une hausse des expulsions 

Autre chiffre inquiétant, celui des expulsions de lieux de vie informels comme les bidonvilles. Le triste record de 1 330 expulsions a été enregistré entre le 1er novembre 2020 et le 31 octobre 2021. Près de neuf fois sur dix, ces expulsions sont effectuées sans solutions de relogement.

Au-delà des chiffres, le rapport formule des critiques à l'encontre du quinquennat d’Emmanuel Macron et d'un certain nombre de mesures. Il estime que les directions de début de mandat en termes de logement « ont été percutées, dès les premiers mois, par des arbitrages profondément inégalitaires ».

Lors de la campagne présidentielle, le candidat Macron avait peu évoqué cette thématique. Il avait mis en avant sa volonté d’un « choc de l’offre ». Au contraire, on a constaté pendant le quinquennat une baisse de la production de logements de manière générale. D’ailleurs, dans un entretien réalisé avec Christophe Robert, délégué général de la fondation, à l’occasion de la remise du rapport. Emmanuel Macron a assumé : « Il n'y a pas eu d’envolée comme on l’aurait souhaité ».

La hausse de la pauvreté induit la hausse du mal-logement

Mais la question du logement n’est pas détachable de celle de la pauvreté. Les chiffres de l’Insee en dessinent le développement. Elle est passée de 14,1 à 14,6 % entre 2017 et 2020, soit 300 000 personnes supplémentaires.

Malgré quelques mesures en faveur des personnes les plus précaires, comme le chèque énergie ou l’augmentation de la prime d’activité, le rapport estime que les classes populaires n’ont pas profité du quinquennat Macron. Résultat, la précarité a pu être à l’origine d’un développement du mal-logement.

Quels changements pour les APL pendant le quinquennat ?

D’autres mesures ont directement visé le logement. La plus médiatisée a été la coupe dans les APL (Aides Personnelles au Logement) de cinq euros par mois et par ménage. Le rapport estime qu’il s’agit d’une « coupe aveugle, sans autre logique que budgétaire ». Ensuite, le quasi-gel des APL entre 2017 et 2019 et le nouveau mode de calcul depuis le 1er janvier 2021, ont permis à l'État de faire des économies mais ont pesé sur les ménages. 

Lors de l’entretien mené avec Christophe Robert, Emmanuel Macron a estimé que la structure des APL ne fonctionnait pas et qu’elle pouvait même être contre-redistributive.

Le rapport étrille également la construction et l’attribution de logements sociaux. Il note que la production de logements sociaux est en baisse constante depuis le début du quinquennat. Seulement 87 000 HLM ont été construits en 2020 contre 125 000 en 2017. Cette baisse est le résultat de la crise sanitaire et des élections municipales. Cette baisse est également appuyée par le fait que l’État a mis la pression sur les organismes HLM notamment en « imposant une Réduction de Loyer de Solidarité qui a atteint 1,3 milliard d’euros en 2020 ».

L’encadrement des loyers trop « timide »

La Fondation Abbé Pierre s’arrête également sur la politique d’encadrement des loyers qu’elle qualifie de « timide ». La loi ELAN adoptée en 2018, a permis sa mise en œuvre mais de manière expérimentale. La récente loi 3DS va permettre une prolongation de l’expérimentation.

Parmi les points forts du quinquennat, le rapport parle du lancement du plan Logement d’abord dans un certain nombre de territoires. Il permet de trouver une solution de logements durables à des personnes sans logement et ainsi de réduire la pression sur l’hébergement d’urgence. La fondation souhaite que ce plan aille encore plus loin.

 

Théo Nepipvoda

 

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