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Par Carenews INFO - Publié le 26 octobre 2026 - 15:06 - Mise à jour le 26 octobre 2026 - 15:13 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Mobilisations populaires : « nous comprenons la colère qui s’exprime aujourd’hui », déclare Emmaüs France

Dans un texte mis en ligne le 23 octobre, le mouvement affirme comprendre « la colère qui s’exprime aujourd’hui comme ses causes profondes », dénonçant les politiques publiques actuelles.

Des associations de défense des libertés sont également mobilisées contre la réponse du gouvernement aux mobilisations. Crédit : iStock.
Des associations de défense des libertés sont également mobilisées contre la réponse du gouvernement aux mobilisations. Crédit : iStock.

 

« Qui peut décemment s’étonner de la vague de colère qui s’exprime aujourd’hui dans notre pays ? », écrit Emmaüs France dans un texte publié le 23 octobre en ligne, la veille d’un samedi de manifestations, alors qu’une vague de mobilisations traverse le pays, contre la vie chère, la dégradation des services publics et pour une évolution des conditions d'enseignement dans les lycées. « Nous comprenons la colère qui s’exprime aujourd’hui comme ses causes profondes, et soutenons les aspirations à la justice sociale, à la dignité et à un meilleur partage des richesses », affirme le mouvement. 

« 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, contraintes parfois d’arbitrer entre se chauffer, se nourrir ou se soigner » et « certaines ne peuvent même plus se déplacer faute de pouvoir assumer le coût des transports », met-il en avant, s’appuyant sur les derniers chiffres publié par l’Insee sur la pauvreté. D’après ces données, 15,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit 9,8 millions de personnes en 2024. Atteint en 2023, ce taux n’a jamais été aussi haut depuis que l’Insee a débuté sa série, en 1996.  

« Les politiques fiscales et économiques permettent aux plus riches d’accumuler des richesses sans précédent », argumente encore Emmaüs France, qui rassemble environ 38 000 bénévoles, « compagnons » - un statut spécifique pour des personnes accueillies dans les communautés Emmaüs - et salariés en insertion. « “Qui aurait pu prédire” qu’à force de creuser les inégalités, la colère finirait par s’organiser ? », questionne le mouvement, reprenant une formulation utilisée par Emmanuel Macron fin 2022 à propos de la « crise climatique et ses effets ». 

 

« Mépris à l’égard des corps intermédiaires » 

 

Au sein des 294 groupes Emmaüs, qui agissent dans l’économie sociale, l’action sociale, le logement et l’insertion, « nous accueillons celles et ceux que les politiques publiques délaissent ou fragilisent davantage », témoigne l’organisation.  

« Avec d’autres associations, des syndicats, collectifs citoyens, universitaires et acteurs de terrain, nous n’avons eu de cesse de documenter l’aggravation de la précarité, le sentiment de déclassement qui en résulte, et de tirer la sonnette d’alarme. Depuis des années, ces alertes restent sans réponse », peut-on lire dans le texte. Les pouvoirs publics « ne prêtent (…) pas attention » aux propositions de ces organisations et font preuve d’un « mépris à l’égard des corps intermédiaires, des mouvements sociaux, du dialogue démocratique et de la construction des politiques publiques ».  

« Les associations sont fragilisées, les budgets du social et des solidarités sous tension, tandis que se multiplient les discours qui désignent les plus précaires comme responsables de leur situation plutôt que de s’attaquer aux causes de la pauvreté », dénonce encore le mouvement. Les acteurs du social, de la solidarité et de l’inclusion se mobilisent contre le projet de budget proposé par le gouvernement pour 2027 et actuellement discuté au Parlement, qu’ils jugent inadapté face aux besoins. Les associations de solidarité, elles, alertent sur leurs difficultés économiques depuis plusieurs mois, face à la baisse des financements publics et à la hausse des charges.  

 


Lire également : Les acteurs de l’ESS se mobilisent contre un budget de l'État jugé insuffisant face aux besoins


 

Des associations de défense des libertés mobilisées 

 

« Là où des manifestations sont interdites, des jeunes lourdement condamnés et des personnes blessées, la démocratie ne s’exerce plus, elle s’abîme », ajoute Emmaüs France. « La recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestations dans les jours à venir », a déclaré le 22 octobre Emmanuel Macron, affirmant que les demandes émises par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela », c’est-à-dire, selon le président de la République, les autres acteurs que les organisations syndicales, allaient être refusées. 

Une prise de parole dénoncée par l'association de défense des libertés Amnesty international le 23 octobre. Celle-ci pointe une « surenchère sécuritaire et de graves entraves au droit de manifester » ainsi qu’un « glissement inquiétant vers des pratiques autoritaires », citant les interdictions de manifester mais aussi « le maintien de couvre-feux » et le « déploiement de l'armée en "renfort" des forces de l'ordre ».  

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a pour sa part « entrepris de contester plusieurs arrêtés d'interdiction de rassemblement » et saisi le Comité des droits de l'enfant de l’ONU, la semaine dernière, face au déploiement de militaires prévu le 24 octobre. L’association appelle le gouvernement à « apporter des réponses de nature politique ». Elle « assure les mouvements lycéens et étudiants de son soutien à leur mobilisation pacifique pour un service public de l’éducation d’égale qualité pour toutes et tous, ainsi que les organisations syndicales appelant à la grève pour le 5 novembre 2026 », dans un communiqué du 22 octobre.

 

Célia Szymczak

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