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Par Carenews INFO - Publié le 19 septembre 2023 - 12:11 - Mise à jour le 19 septembre 2023 - 15:01 - Ecrit par : Théo Nepipvoda
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Plan pauvreté du gouvernement : « Il manque des mesures structurelles ambitieuses »

La Première ministre a présenté le 18 septembre le pacte des solidarités. Il comprend un certain nombre de mesures pour faire face à la pauvreté.

La France compte 9,2 millions de pauvres selon l'INSEE. Crédit : iStock.
La France compte 9,2 millions de pauvres selon l'INSEE. Crédit : iStock.

 

« Nous sommes déçus, le gouvernement n’a pas pris la mesure de l’enjeu actuel. Le plan est dans la continuité des logiques gestionnaires de la pauvreté », s’alarme Geoffrey Renimel, délégué général France de l’association ATD Quart Monde qui lutte contre la pauvreté. « Il manque de mesures structurelles et ambitieuses », continue-t-il, alors que 15 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté selon l’INSEE.

 

Elisabeth Borne présente le pacte des solidarités

Il réagit à la présentation du pacte des solidarités, le plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement pour la période 2023-2027. Attendue depuis 18 mois, sa présentation a été maintes fois repoussée. La Première ministre, Elisabeth Borne, a finalement dévoilé les contours du plan ce 18 septembre. Il comporte 85 mesures articulées en quatre axes : la prévention de la pauvreté de l’enfance, le retour à l’emploi, la lutte contre la grande exclusion et la transition écologique et solidaire.

La directrice générale de Label Emmaüs, la boutique en ligne du Mouvement Emmaüs, a fait part de son énervement sur LinkedIn. Pour Maud Sarda, il s’agit d’une « charité méprisante. Une charité aveugle sur la réalité de la précarité. Une charité qui écope un bateau avec une petite cuillère. Sans jamais se poser la question de la redistribution. De la solidarité nationale, ou chacun contribue à sa mesure. »

 

Quelques points salués par les associations

Les associations ont salué « une augmentation de 50 % des crédits dédiés à la lutte contre la pauvreté par rapport à la stratégie précédente » annoncée par la Première ministre. Le précédent plan pour 2018-2022 était chiffré à 8,5 milliards d’euros.

Autre mesure saluée par les associations, celle pour soutenir les associations d’aide alimentaire après le cri d’alarme du patron des Restos du Cœur sur les difficultés de venir en aide à toutes les personnes dans le besoin. « Une aide exceptionnelle sera intégrée au projet de loi de finances 2024 pour couvrir les besoins des associations d’aide alimentaire », a dévoilé la Première ministre.

 

Une prime de reprise d’activité

Sur la question du travail, Elisabeth Borne a annoncé la création d’une prime de reprise d’activité considérant que « c’est le travail qui permet de sortir de la pauvreté, d’avoir la pleine maîtrise de son destin ». 

« Le gouvernement nous parle de travail, d’emploi, mais il ne faut pas négliger d’autres leviers de sortie de la pauvreté comme l’éducation et le logement », réagit Geoffrey Renimel aux propos de la Première ministre.

Sur le volet éducation et petite enfance, le plan contient la mise en place d’un Pass colo, pour aider certaines familles d’élèves de CM2 à financer des séjours, et le renforcement du dispositif cantine à 1 euro qui permet aux communes de faire manger les enfants de familles précaires à ce tarif. Rien de nouveau puisque toutes ces mesures avaient déjà été égrainées ces derniers mois par le gouvernement.

Autre mesure déjà annoncée, la création de 200 000 places de crèches d’ici 2030. Geoffrey Renimel se montre sceptique puisque lors de son précédent quinquennat, Emmanuel Macron avait promis l’ouverture de 30 000 places de crèches. Seules 10 000 ont été ouvertes jusqu’ici.

 

L’expérimentation des Territoires Zéro Non-Recours

Le plan comporte également une mesure pour lutter contre le non-recours aux prestations sociales. En France, le taux de non recours dépasse 30 % pour certaines prestations selon les études de la Drees, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. Le gouvernement va expérimenter 39 Territoires Zéro Non-Recours financés par le plan. Ces territoires devront détecter les usagers ne demandant pas les prestations sociales alors qu’ils pourraient les toucher pour ensuite les aider à faire valoir leurs droits. « L’ambition sur le non recours est plutôt positive », juge le délégué général France d’ATD Quart Monde.

En revanche, la grande partie des associations présentes lors de la présentation du plan se désole de la non-revalorisation du Revenu de solidarité active (RSA) aujourd’hui à 607,76 euros. Lors de sa création en 1988, l’ancêtre du RSA, le RMI, représentait 49 % du SMIC. En 2019, il ne s'élevait plus qu’à seulement 39 % du salaire minimum.

 

Théo Nepipvoda

 

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