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Par Carenews PRO - Publié le 16 février 2016 - 15:51 - Mise à jour le 18 février 2016 - 14:20
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[ Dis Flavie ] C’est quoi une fondation territoriale ?

En vogue depuis quelques années, et portée par l’attention accrue concentrée sur le mécénat local et sur son impact, la fondation territoriale connaît de beaux jours en France.  Les fondations territoriales sont des fondations composées pour beaucoup d’entre elles d’entreprises, mais aussi désormais d’institutions associatives ou non lucratives ou encore de partenaires publics ; associant parfois également des corps de métiers liés à l’application du mécénat (les notaires ou les experts comptables par exemple).  Leur cœur d’action et leur identité : leur territoire (ville, région, département…).

[ Dis Flavie ] C’est quoi une fondation territoriale ?

La fondation territoriale n’a presque qu’une caractéristique, que l’on devine aisément grâce à son appellation, qui est d’agir sur un territoire. Sa forme spécifique lui permet de rassembler tous les acteurs locaux (porteurs de projets, public, entreprises et fondations) et leurs implications territoriales. Selon le Centre Français des Fondations, « la fondation territoriale encourage la philanthropie locale, elle transforme aussi les donateurs en acteurs de leur propre territoire. À travers ses relations solides avec les collectivités locales et les associations, la fondation territoriale a vocation à occuper naturellement une place de leadership au sein du territoire ». 

Ce qui les rend difficilement saisissables – comme beaucoup de structures non lucratives – c’est leur diversité. Elles peuvent en effet être axées sur un champ d’intervention (Pour la cité de la gastronomie à Lyon), porter le nom d’une entreprise mécène (Fonds Caisse d’Epargne Normandie pour l’initiative solidaire) ou d’une structure (Fonds de Dotation pour l'Hôpital d'Aix-les-Bains). La multiplicité des causes, membres, noms ou objectifs peut parfois voler la vedette à ce qu’elles ont en commun, c'est à dire la mise en valeur de leur territoire.

Parmi les premières, on peut citer la Fondation de Lille ou encore la fondation Passions Alsace qui dès 2013 ont lancé le courant des community foundations à la française. Les community foundations sont légion en Amérique du Nord, mais sont assez peu connues en France, du moins du grand public. La fondation de Lille a été créée en 1997 comme « outil au service au service de la solidarité dans la région Nord-Pas-de-Calais », d’autant plus qu’elle est multicause et abritante. Récemment les fondations territoriales se sont essaimées. Un exemple représentatif de fondation territoriale est Bordeaux Mécènes Solidaires, anciennement Fonds Bordeaux Solidaires. La fondation lutte contre les précarités et favorise le vivre-ensemble en soutenant l’innovation. Elle regroupe la Ville, le Centre Communal d’Action Sociale et le Crédit Municipal de Bordeaux ainsi que les entreprises (Nexity, AG2R La Mondiale, Arom, Mésolia…) et les citoyens. Béatrice de Durfort liait en 2014, dans une tribune sur Youphil, leur essor au « contexte exceptionnel de disette budgétaire et d’économies volontaires de la sphère publique ». Cette baisse des financements publics face aux besoins de la société civile est plus d’actualité que jamais. Au-delà des questions financières cruciales, on n’a jamais tant parlé de vivre ensemble, de lien social. Peut-être les fondations territoriales sont elles aussi un rempart au jacobinisme français, qui touche aussi bien la politique que le mécénat. En effet, dans cette tribune, la déléguée générale du Centre Français des Fondations évoque le territoire comme « lieu de construction identitaire fondé sur des rapports historiques, affectifs, économiques, professionnels ». La Fondation de Lille, par exemple « se présente comme un trait d’union entre les donateurs, les mécènes, les collectivités locales et les acteurs de terrain », définition au cœur de besoin de lien.

Le territoire enthousiasme et les fondations territoriales devraient prendre une place centrale dans les années à venir car elles ont des bases solides, une force d’impact et de mobilisation importante et pourraient surtout pallier certains désengagements publics. Il faut cependant rester prudent sur plusieurs points (lire l’article What’s next for community philanthropy? qui soulève certains points à surveiller en Amérique). Le premier, éternelle question en philanthropie, est celui du contrôle et du rapport avec les prérogatives publiques. Ensuite, la plupart des fondations étant généralistes, il ne faudrait pas qu’elles dispersent les expertises. Et dans cette même idée, les fondations territoriales devront enfin relever le difficile pari de la co-construction sans annihiler les personnalités de chaque structure ; en étant performantes au nom de tous leurs membres sans que se créent des doublons avec les actions existantes.

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